Focus Conjoncture – La croissance et la création d’emploi tiennent bon

Il ressort d'une analyse de la conjoncture économique que la croissance se maintient et que les prévisions relatives aux investissements et à l’emploi s’améliorent, en dépit de tous les événements qui se sont produits ces six derniers mois.

Pieter Timmermans, ADMINISTRATEUR DÉLÉGUÉ
25 mai 2016

Stabilisation de la croissance économique autour de sa moyenne à long terme
En Belgique, la croissance économique a tenu bon ces derniers mois, malgré les attentats. Ceux-ci ont certes provoqué un léger creux dans la croissance (0,2%) au premier trimestre de 2016, des secteurs comme l’horeca, le tourisme, l’industrie aérienne et le commerce ayant été touchés de plein fouet, mais l’enquête révèle que 9 secteurs sur 10 estiment que leur activité économique est restée stable (47%) ou a augmenté (41%) durant le semestre écoulé.

Même si près d’un tiers des secteurs interrogés estime que les attentats du 22 mars auront encore un impact négatif sur leurs activités dans les prochains moins, ils restent dans l’ensemble assez confiants pour l’avenir. Près de 65% des secteurs interrogés envisagent un niveau d’activité semblable au niveau actuel lors des six prochains mois et 24% s’attendent à une augmentation de leurs activités.

Investissements en hausse
Pour le futur proche, la majorité des secteurs table sur une rentabilité stable. D’après notre enquête, 59% des secteurs interrogés s’attendent également à ce que leurs investissements restent à un niveau semblable au niveau actuel, tandis que 23% envisagent une hausse et 18% une baisse. C’est mieux qu’il y a six mois. La nature des investissements change aussi : les entreprises misent sur l’avenir en investissant davantage dans l’innovation et dans le remplacement de biens d’équipement obsolètes, tandis que les investissements de rationalisation, permettant de faire des économies sur le facteur travail, deviennent moins importants.

Augmentation de la création d’emploi dans le privé
Ces deux dernières années, nous avons déjà noté une nette amélioration de l’emploi. Près de 29.000 emplois nets ont ainsi été créés entre le quatrième trimestre de 2014 et le quatrième trimestre de 2015. Il ressort aussi de notre enquête auprès de nos fédérations sectorielles que les prévisions sont devenues plus favorables.

Le recul de l’emploi dans le secteur industriel semble avoir pris fin. Lors de notre précédente enquête, 50% des secteurs interrogés s’attendaient encore à une baisse, alors qu’aujourd’hui, ils ne sont plus que 18% à prévoir pareille évolution. Les secteurs des services et celui de l’intérim demeurent optimistes. Ceci est non seulement lié à la reprise économique prudente, mais aussi et surtout à la politique de modération salariale (saut d’index, tax shift, AIP prudent) menée ces dernières années.

Et maintenant ?
Le handicap des coûts salariaux accumulé depuis 1996 sera complètement éliminé à la fin de cette année. Combinée à la faiblesse de l’euro, cette évolution a déjà amélioré sensiblement la position concurrentielle des entreprises belges. C’est bien, mais pas suffisant. En effet, il subsiste encore le handicap salarial historique, accumulé avant 1996, lequel s’élèvera toujours à environ 10% à la fin de cette année. Nous plaidons dès lors en faveur d’une loi de rétablissement structurel de la compétitivité, qui ferait progressivement disparaître ce handicap historique au cours des prochaines années.

Nous insistons également sur la nécessité d’augmenter les investissements publics. Toutefois, chez nous, une plus grande prudence budgétaire est de mise, étant donné que notre dette publique élevée représente plus de 100% du PIB. Il serait cependant souhaitable d’effectuer un mouvement de rattrapage en opérant des choix judicieux au niveau des investissements publics, notamment dans la mobilité.

Trois facteurs de risque menacent la poursuite de la reprise économique : un coup d’arrêt donné au programme de réformes, un éventuel Brexit et des actions sociales irréfléchies. Mettre un terme aux réformes impliquerait en effet un statu quo. La sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne pourrait occasionner un impact pour nos entreprises exportatrices. Enfin, un climat social serein contribue indéniablement à la création d’emploi. Il peut en outre rendre notre pays plus attractif pour les investissements étrangers directs, qui jouent un rôle déterminant pour le potentiel de croissance futur de notre pays. La confiance se rétablit peu à peu. Ne la sapons pas !

Pieter Timmermans, administrateur délégué

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