La reprise économique plie, mais ne rompt pas

Deux fois par an, la FEB interroge ses fédérations sectorielles pour mesurer la température économique. Sur la base de cette enquête et d'une analyse du contexte socio-économique national et mondial, elle dresse un bilan de la situation belge et des perspectives pour le semestre à venir. Il en ressort que la situation économique s'est sensiblement améliorée ces derniers mois.

Bart Croes / Sophie Sine, COMMUNICATION & EVENTS
01 décembre 2015

Il y a beaucoup d'incertitudes pour les prochains mois, mais la reprise économique ne semble pas être érodée fondamentalement.

La croissance résiste : 1,3% en 2015 et 1,5% en 2016
Pour le moment, plusieurs éléments importants – souvent contradictoires – influencent les perspectives économiques. Ainsi, un quart environ des secteurs déclare que le creux économique des pays BRIC a déjà un impact négatif sur l'activité économique et près de la moitié estime que cette influence négative se poursuivra dans un avenir proche. Les attentats terroristes à Paris et la menace à Bruxelles ont eux aussi, à court terme, un impact défavorable sur la confiance.

Par contre, la reprise économique aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans la zone euro s'est consolidée ces derniers mois et se traduit de plus en plus par des créations d'emplois qui, à leur tour, stimulent la demande intérieure. Les prix pétroliers bas, l'euro faible et la politique monétaire souple de la Banque centrale européenne constituent en outre un soutien permanent pour l'économie belge et européenne.

Dans ce contexte, 72% des secteurs interrogés dans notre pays escomptent, pour les six prochains mois, une situation économique quasiment inchangée, alors que 22% s'attendent encore à une amélioration. Le nombre de fédérations sectorielles confiantes a donc quelque peu diminué par rapport à l'enquête précédente (37,5%). La reprise économique plie légèrement, mais ne rompt certainement pas.

Sur la base de ces éléments, la FEB estime toujours la croissance à 1,3% pour 2015 et à 1,5% pour 2016, à condition que la situation économique se stabilise en Chine et en Asie et que la confiance ne soit pas affectée durablement en Europe par les attentats terroristes de Paris.

Emploi : des signaux positifs, même si le rythme de croissance est faible
Malgré ces chiffres de croissance relativement faibles, la FEB note déjà quelques signaux positifs pour l'emploi. Ainsi, plus de 10.000 emplois ont été créés dans le secteur marchand depuis le début de l'année. Par ailleurs, les secteurs sont un peu plus nombreux à prévoir une croissance de l'emploi au cours des six prochains mois (16% contre 12% lors de l'enquête précédente). Le pourcentage de secteurs tablant sur une baisse de l’emploi est retombé de 56% à 47%. Il semblerait que le repli de l’emploi industriel soit de moins en moins prononcé, tandis que les secteurs de services (e.a. le secteur du travail intérimaire, les services commerciaux et professionnels aux entreprises) conservent, voire renforcent, leur rôle de moteur de l'emploi.

Reprise économique encore fragile
Malgré les premiers signaux favorables sur le marché du travail, la reprise économique dans son ensemble est encore relativement fragile. La rentabilité des entreprises s’est légèrement améliorée ces 6 derniers mois, mais demeure largement inférieure à la moyenne à long terme et ne devrait pas connaître une nouvelle amélioration durant le semestre à venir.

Dans le prolongement de ce qui précède, les investissements des entreprises n’évoluent guère : 16% des entreprises s’attendent à une augmentation, 21% à une baisse et 63% à un statu quo. Pour une reprise durable des investissements, il faut attendre que la conjoncture mondiale se redresse, que le rétablissement de la demande intérieure dans la zone euro se confirme et que la rentabilité des entreprises regagne un niveau normal.

Charges administratives
Les entreprises belges sont toujours confrontées à de lourdes charges administratives qui semblent avoir encore augmenté ces dernières années. Celles-ci exercent, conjointement avec l’insécurité juridique et la fiscalité élevée, une influence négative selon 78% et 72% des secteurs interrogés.

« Ces derniers mois, les perspectives pour l’économie belge sont devenues un peu plus incertaines, mais la reprise économique ne semble pas fondamentalement érodée. Pour offrir une assise plus large à la croissance économique et créer davantage d’emplois, nous devons poursuivre l’élan actuel en continuant à réduire le handicap des coûts salariaux, en améliorant le fonctionnement du marché du travail et en continuant à miser sur la simplification administrative. C’est ainsi qu’après le tax shift, nous pourrons réaliser un job lift. Un emploi constitue en effet toujours la meilleure façon de soutenir le pouvoir d’achat », conclut Pieter Timmermans.

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