La reprise économique plie mais ne rompt pas

Fin octobre, la FEB a réalisé son enquête conjoncturelle semestrielle auprès des fédérations sectorielles. Il en ressort que l'économie belge a relativement bien presté au cours des six derniers mois. En revanche, l'incertitude règne au sujet des six mois à venir.

Pieter Timmermans, ADMINISTRATEUR DÉLÉGUÉ
02 décembre 2015

Ainsi, un quart des secteurs déclare que le creux économique des pays BRIC a déjà un impact négatif sur l'activité économique et près de la moitié estime que cette influence négative se poursuivra dans un avenir proche. Les attentats terroristes à Paris et la menace à Bruxelles peuvent, eux aussi, à court terme, avoir un impact défavorable sur la confiance des consommateurs et des entreprises, certainement dans les secteurs du tourisme, des événements, de l'horeca, du commerce et de l'aviation.

Par contre, la reprise économique aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans la zone euro s'est consolidée ces derniers mois et se traduit de plus en plus par des créations d'emplois qui, à leur tour, stimulent la demande intérieure. Les prix pétroliers bas, l'euro faible et la politique monétaire souple de la BCE constituent en outre un soutien permanent pour l'économie belge et européenne.

Dans ce contexte, 72% des secteurs dans notre pays escomptent, pour les six prochains mois, une situation économique quasiment inchangée, alors que 22% s'attendent encore à une amélioration. Le nombre de fédérations sectorielles confiantes a donc quelque peu diminué par rapport à l'enquête précédente (37,5%). La reprise économique plie donc légèrement, mais pas au point de rompre. Sur la base de ces éléments, la FEB estime toujours la croissance à 1,3% pour 2015 et à 1,5% pour 2016, à condition que la situation économique se stabilise en Chine et en Asie et que la confiance ne soit pas affectée durablement en Europe par les attentats terroristes de Paris.

Malgré ces chiffres de croissance relativement faibles, on note déjà des signaux positifs clairs sur le marché de l'emploi. Ainsi, plus de 10.000 emplois ont été créés dans le secteur marchand depuis le début de l'année. Par ailleurs, l’enquête révèle que le nombre de secteurs qui prévoient une croissance de l'emploi a légèrement augmenté, alors que le nombre de ceux qui tablent sur une baisse a quant à lui faiblement diminué. De plus, ces derniers estiment que cette baisse serait moins importante qu'il y a quelques années : moins de grandes restructurations, moins de délocalisations. Il semblerait donc que le repli de l’emploi industriel soit de moins en moins prononcé, tandis que le secteur des services conserve son rôle de moteur de l'emploi. Le fait qu'une telle reprise du marché de l'emploi soit possible en dépit des chiffres de croissance relativement faibles s'explique par la maîtrise des coûts salariaux amorcée prudemment par le gouvernement précédent et fortement renforcée par le gouvernement actuel par le biais du saut d'index, de l'IPA modéré et du tax shift.

Le gouvernement a donc déjà pris un certain nombre de mesures louables pour consolider notre assise économique, mais il y a encore du pain sur la planche. D'ici à la fin de 2016, le handicap salarial par rapport aux trois pays voisins aura certes sensiblement baissé si l'on compare à 1996, mais le handicap effectif sera toujours de 12,5% (39,5 EUR vs 35 EUR). Ce désavantage constitue un frein permanent à la croissance de nos exportations, à notre attractivité pour les investisseurs étrangers (encore détériorée par l'image altérée de notre pays ces dernières semaines), à la rentabilité des entreprises belges et à leur volonté d'investir en Belgique et, partant, à la création d'emplois.

Pour offrir une assise plus large à la reprise économique, des efforts additionnels s'imposent donc. Ainsi, la loi sur la norme salariale doit être fondamentalement revue afin de pouvoir véritablement résorber le handicap salarial à long terme, le fonctionnement du marché du travail doit être considérablement amélioré et les charges administratives qui pèsent sur les entreprises doivent être drastiquement réduites car, dans ces domaines, on va à nouveau dans la mauvaise direction depuis quelques années. C'est la seule manière d'accroître structurellement le potentiel de croissance et d'atteindre l'objectif européen en termes d'emploi. C'est ainsi qu’après le tax shift, nous pourrons réaliser un job lift, et soutenir ainsi le pouvoir d’achat.
Pieter Timmermans, administrateur délégué

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