Étude sur l’impact du taxshift sur la création d’emplois : quelques observations

L’étude publiée récemment par le professeur Decoster de la KULeuven met en évidence les impacts du taxshift sur la création d’emploi et sur la distribution des revenus. Précisons d’emblée qu’il s’agit d’UN taxshift THÉORIQUE défini par le professeur Decoster pour pouvoir l’insérer plus facilement dans son modèle existant, et NON du taxshift effectivement mis en œuvre par le gouvernement.

Carole Dembour, CENTRE DE COMPÉTENCE ÉCONOMIE & CONJONCTURE
Edward Roosens, CENTRE DE COMPÉTENCE ÉCONOMIE & CONJONCTURE
17 septembre 2018

Dans la simulation du professeur Decoster, les réductions de charges sur le travail (cotisations patronales et impôt des personnes physiques) sont linéaires et leur financement se fait entièrement par une hausse de la fiscalité indirecte de 4 points de % (taux TVA de 21 à 25%, de 12 à 16% et de 6 à 10%).

En réalité, par contre, le gouvernement a ciblé une partie importante des baisses de cotisations patronales et de l’IPP sur les bas salaires et n’a pas du tout augmenté le taux général de la TVA (seulement celui sur l’électricité) et a mis les revenus mobiliers fortement à contribution : précompte mobilier de 25 à 27% (puis même à 30%), impôts plus élevés pour le secteur financier, augmentation de la taxe boursière, un impôt de transparence…

L’étude montre pourtant que MÊME ce taxshift théorique étudié par le professeur Decoster ferait progresser le nombre d’emplois de 44.000 à 92.000 unités à l’horizon 2020, ce qui est comparable aux estimations de la Banque nationale de Belgique pour le vrai taxshift.

De plus, l’étude du professeur Decoster montre que les actifs touchant les plus bas salaires enregistreraient la plus forte progression : ils verront leur revenu progresser de 3,1% en moyenne, contre une baisse de -1,4% pour les 5 déciles les plus élevés. Attention : cet effet négatif provient du fait que, dans le modèle du professeur Decoster, les personnes ayant un plus haut revenu décideraient suite à l’imposition plus favorable de travailler moins.

On peut donc s’attendre à ce que le taxshift effectif, avec des diminutions de charges plus ciblées et un financement plus large, ait des effets encore plus favorables sur la création d’emploi et sur la distribution des revenus.

Nous pouvons à tout le moins considérer que le taxshift a contribué dans une large mesure aux 200.000 emplois créés jusqu’à présent. Reste maintenant à faire en sorte que les 145.760 offres d’emplois vacantes aujourd’hui soient également pourvues.


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