Climat – Évitons d’être le dindon de la farce !

Fin 2014, l’Europe a décidé de réduire les émissions de gaz à effet de serre, à l’horizon 2030, de 40% par rapport à 1990. Cet effort de réduction est réparti entre les secteurs ‘ETS’ (c.-à-d. les grosses entreprises soumises à l’European Trading System, le marché européen des permis de CO2) et les secteurs non ETS (les PME, la construction, le logement, les transports...). Cette répartition s’est faite sur la base du ‘potentiel technico-économique’ (ou rapport coût/efficacité), ce qui signifie que, par rapport à 2005, les secteurs ETS doivent fournir un effort de -43% et les secteurs non ETS un effort de -30%.

Pieter Timmermans, ADMINISTRATEUR DÉLÉGUÉ
06 juillet 2016

Jusque-là, tout va bien. Les affaires se compliquent – et là la FEB tire la sonnette d’alarme ! – lorsqu’il est question de la répartition des efforts entre États membres de l’UE en vue de l’objectif pour les secteurs non ETS. Deux clés de répartition sont sur la table: une première, selon le PIB par habitant, aboutirait à un objectif de -36,7% pour la Belgique, et une seconde, selon le ‘potentiel technique et économique’ (on réduit les émissions là où le coût économique est le plus faible), aboutirait à un objectif de -24 %.

Nous demandons que la Belgique, c.-à-d. nos gouvernements, à qui il incombera de réaliser l’objectif belge retenu, n’acceptent pas un objectif de réduction de gaz à effet de serre (GES) beaucoup plus strict que celui qui découle d’une répartition de l’objectif européen sur la base du potentiel technico-économique (soit -24% pour la Belgique). 

Pas pour le principe, au mépris du sens de la solidarité envers les pays plus pauvres. À cet égard, la FEB soutient la mise en place de mécanismes de solidarité en matière climatique, via des financements spécifiques. Et, dans ce cadre, le critère du PIB par habitant peut être un critère de contribution. Pas pour le principe donc, mais par sens du réalisme et de l’équité en termes d’efforts. La Belgique est, certes, un pays plus riche que la moyenne européenne mais, par rapport aux autres pays européens, son potentiel technico-économique de réduction est bien plus faible.

Nos autorités doivent donc être fermes. Si on dévie des 24%, cela aura immanquablement un coût, car l’effort serait proportionnellement plus important que celui d'autres pays. Et il faudrait justifier ce coût devant les entreprises et devant la population.

Il serait absurde que la Belgique accepte un objectif trop lourd au niveau européen, d’autant plus qu’il reviendra aux Régions et au fédéral par la suite de s’entendre sur une juste répartition… interne ! Pour rappel, il a fallu plus de 7 ans pour aboutir à un premier accord sur la répartition des efforts pour 2020… Et il doit d’ailleurs encore être concrétisé.

Enfin – et indépendamment du niveau de l’objectif final belge retenu –, le recours aux technologies (nouvelles et existantes) est indispensable et doit être encouragé. Ce sont elles qui nous permettront, avec des changements de comportements, d’atteindre nos objectifs de réduction. Leur déploiement et les nombreux investissements qui les sous-tendent nécessitent des politiques ‘Énergie-Climat’ s’appuyant sur une vision stable, mobilisatrice et intégrée (Europe, fédéral et Régions) qu’il est urgent de mettre en place.

Pieter Timmermans, administrateur délégué


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