Économie collaborative – Ange ou démon?

‘Économie collaborative’, ‘participative’, ‘de partage’ ou encore ‘de pair-à-pair’. Les uns voient dans cette économie d’un genre nouveau un modèle disruptif. D’autres la décrient, en jetant – trop vite ? – le bébé avec l’eau du bain : elle ne serait synonyme que de dangers et dérives. Comme lors de chaque innovation, qu’elle soit technologique ou non, les débats font rage. Mais en quoi cette économie est-elle innovante ? Et, avant tout, qu’entend-on par ‘économie collaborative’ ?

Pieter Timmermans, ADMINISTRATEUR DÉLÉGUÉ
11 mai 2016

En gros, on peut dire qu’elle est, le plus souvent, caractérisée par une plateforme d’échange électronique, où des ‘pairs’ (individus ou personnes morales) échangent des biens ou des services, de manière temporaire et sans transfert de droits de propriété. Uber, AirBnB, BlablaCar figurent parmi les plus connues de ces plateformes. Il en existe de plus modestes et belges : Peerby, List Minut, Tapaaz, Menu Next Door, etc. C’est grâce à la digitalisation et à la gestion du ‘big data’ que ces plateformes se sont récemment fortement développées. Aucun secteur n’y échappe : elles touchent le transport, le tourisme, l’horeca, la grande distribution, les finances, les assurances, les médias, les savoirs, les services... Si la proportion de cette économie est encore relativement limitée à ce stade, elle affiche d’ores et déjà certains chiffres qui donnent le tournis : BlablaCar (plateforme de covoiturage) rassemble 25 millions d’utilisateurs et Uber est devenue la start-up à la croissance la plus rapide jamais enregistrée !

Au vu des nombreux articles de presse sur le sujet, la FEB a pris le temps et le recul nécessaire pour se poser les bonnes questions. D’abord de définition, car divers modèles coexistent. Comment les entreprises peuvent-elles tirer parti de l’économie de partage ? Quels sont les risques ou les difficultés émergeant de cette nouvelle tendance ? L’analyse réalisée par la FEB dresse un état des lieux de cette économie. Et esquisse, de manière non exhaustive, quelques-uns des impacts économiques, environnementaux, fiscaux, juridiques et sociaux, des nouveaux business modèles qui en découlent.

Que l’on soit enthousiaste ou prudent, on ne peut plus nier la rapidité avec laquelle se développe l’économie collaborative. Il y a clairement un potentiel pour les innovateurs, mais un risque pour le marché traditionnel.

Nous devons concourir à un objectif : la ‘compétition équitable’ entre les différents acteurs. Ces nouveaux business modèles sont très variés et il n’existe pas de solution ‘one size fits all’. Nous devons laisser ces initiatives se développer, pour autant que les règles sociales, fiscales et juridiques soient équivalentes. Le rôle des autorités européennes est particulièrement important, pour éviter des approches divergentes entre États membres.

Nous sommes persuadés que l’économie collaborative peut offrir de nouvelles opportunités via des modèles économiques innovants. Si on opte pour une approche régulatoire complémentaire, celle-ci devra veiller à ne pas freiner l’innovation. Tout le défi est là : il consiste à ne pas réfréner l’économie collaborative tout en lui offrant un cadre adapté !

> Voici une première analyse sur l’économie collaborative ou de partage, par les experts de la FEB

Pieter Timmermans, administrateur délégué


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