Electricité – Quels besoins pour la sécurité d’approvisionnement jusqu’en 2027 ?

À la demande de la ministre de l’Énergie, Elia a réalisé une ‘Étude de l’adéquation et estimation du besoin de flexibilité du système électrique’ (*) pour la période 2017-2027 (2027, soit 2 ans après la fin de tous les permis d’exploiter des centrales nucléaires belges). En gros, l’étude identifie nos besoins pour assurer la sécurité d’approvisionnement durant la période en question.

Olivier Van der Maren, CENTRE DE COMPÉTENCE DÉVELOPPEMENT DURABLE & MOBILITÉ
28 avril 2016

Pour ce faire, Elia a utilisé un modèle probabiliste et une série d’hypothèses concernant notamment le futur parc de production d’électricité (croissance des renouvelables, sortie du nucléaire, gestion de la demande existante, possibilité d’importation …). Les centrales au gaz et les turbojets (fioul) qui assurent aujourd’hui principalement la puissance réglable ne sont pas prises en compte, l’objectif de l’étude étant justement d’identifier ce besoin de puissance réglable.

Les conclusions de l’étude sont qu’en 2017, la Belgique aura besoin de 2.500 MW de puissance réglable, soit une capacité largement déjà assurée sur le territoire (3.350 MW pour les centrales au gaz et 130 MW pour les turbojets). Ce besoin tend même vers zéro à l’horizon 2021, et ce principalement du fait de l’arrivée de centrales ‘biomasse’, de plus fortes capacités d’importation et de capacités additionnelles d’éoliennes offshore en mer du Nord. Par contre, dès 2023, lorsque le premier réacteur nucléaire ne sera plus actif, le besoin de capacité ira croissant, pour atteindre 4.000 MW lorsque tous les réacteurs seront éteints. En outre, si la Belgique investit seulement pour couvrir sa sécurité d’approvisionnement, 50% de la consommation du pays sera importée.

Elia reconnaît que les résultats de ces simulations probabilistes dépendent des hypothèses prises, qui se veulent les plus justes possible dans l’état des connaissances actuelles. Elia propose également une série d’analyses de sensibilité ou de scénarios. Parmi ceux-ci, le scénario qui envisage des fermetures de centrales plus importantes que prévues dans les pays voisins (auprès desquels nous importons) fait grimper les besoins en puissance réglable à 8.000 MW.

Si, pour des raisons d’adéquation offre-demande, les besoins évoluent de 2.500 MW à zéro pour ensuite revenir à 4.000 MW, deux à quatre centrales au gaz devraient rester en permanence dans le marché belge afin de répondre au besoin en réserve d’Elia (pour le ‘balancing’ du réseau).

Notons que la puissance réglable dont nous avons besoin peut être offerte de différentes façons : par les capacités de production existantes ou des capacités à construire, par la gestion de la demande, par du stockage ou, dans une certaine mesure, par le renforcement des interconnexions au-delà de ce qui est prévu.

Dans la dernière partie de son rapport, Elia propose des ‘mesures éventuelles pour répondre à la problématique de l’adéquation’.

FEB – La FEB estime cette étude fort intéressante et très bien construite. Elle l’analysera plus en profondeur dans les semaines qui viennent. Cette étude contribue certes au débat sur une vision énergétique (pacte énergétique). Mais une telle vision se doit de dépasser les aspects abordés dans cette étude.

> (*) Cliquez ici pour télécharger l’étude ‘Étude de l’adéquation et estimation du besoin de flexibilité du système électrique


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