L’absence de vision énergétique interfédérale, une négligence coupable

Les quatre ministres de l’Énergie se sont enfin concertés la semaine dernière sur une approche commune pour l’élaboration d’un pacte énergétique. Il était temps ! La FEB plaide depuis longtemps pour une vision énergétique interfédérale qui aborde les principaux défis d’aujourd’hui. Celle-ci doit être attentive à la sécurité d’approvisionnement, aux obligations environnementales et aux coûts de l’énergie, tout en soutenant l’activité économique. Enfin, cette vision doit être soucieuse des mesures sociales et sociétales.

Pieter Timmermans, ADMINISTRATEUR DÉLÉGUÉ
07 février 2017

Nos gouvernements régionaux et fédéral œuvrent depuis des années à un pacte énergétique. Celui-ci n’a toutefois pas encore abouti. Après de longues tergiversations, les travaux viennent de débuter au sein de quatre groupes de travail : la Flandre élaborera une stratégie pour la production d’énergie ; la Wallonie se chargera du fonctionnement du marché ; Bruxelles, de la gouvernance, et le niveau fédéral entend étudier l’interconnexion avec l’étranger. Notre appel est enfin entendu. En effet, une approche coordonnée à long terme est cruciale pour nos entreprises : plus l’insécurité est grande, plus les investissements diminuent. De plus, une approche interfédérale coordonnée permet d’éviter que des mesures prises par une autorité n’annulent celles adoptées à un autre niveau.

Aujourd’hui en effet, l’énergie est un facteur d’incertitude dans notre pays. Pour garantir la durabilité et la stabilité, tous les gouvernements de notre pays et toutes les parties prenantes doivent soutenir cette vision. Qui sont ces parties prenantes ? Chacun d’entre nous ! Si nous voulons que la Belgique réussisse la conversion vers plus d’énergie renouvelable et devienne un pays qui dispose toujours et partout d’électricité à des coûts raisonnables, tout en exigeant que les éoliennes soient invisibles et ne perturbent pas notre vue, j’affirme : ‘On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre’. Chacun va devoir mettre de l’eau dans son vin si nous voulons aboutir à un véritable pacte énergétique.

De plus nous devons tenir compte du contexte européen. Si notre politique énergétique ne s’inscrit pas dans un cadre européen, il sera impossible d’harmoniser les options politiques et d’intégrer les marchés énergétiques. On en est encore loin. Il est donc vital de renforcer l’intégration dans la politique énergétique européenne. Une approche plus européenne est d’ailleurs plus optimale en termes de coûts et d’investissements et offre de meilleures garanties pour la sécurité d’approvisionnement. Si l’on n’y parvient pas au niveau de l’Europe, le Benelux doit prendre l’initiative, seul ou avec quelques autres pays.

Si nous voulons réussir la conversion énergétique, toutes les options doivent être mises sur la table. Plus on multiplie les tabous, moins il y a d’options. Nos ministres compétents ont donc une grande responsabilité. Il n’y a pas de temps à perdre si nous voulons conclure cette année encore un pacte énergétique qui produira ses effets d’ici à la fin de 2025. Ne leurrons donc pas les citoyens et les entreprises qui veulent de la clarté et souvenons-nous que l’absence de vision énergétique interfédérale constitue ni plus ni moins qu’une négligence coupable à l’égard des générations futures.

Pieter Timmermans, administrateur délégué


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