Tous entrepreneurs

Les déclarations de Fernand Huts sur l’entrepreneuriat, parues dans Trends, sont pour le moins surprenantes. Il a le mérite de créer de la valeur ajoutée, mais je ne partage pas son opinion selon laquelle cette aptitude serait surtout l’apanage des hommes. En 2016, il est inconcevable que le seul droit de la femme soit le ménage.

Pieter Timmermans, ADMINISTRATEUR DÉLÉGUÉ
17 juin 2016

Différentes études montrent que les femmes travaillent davantage à temps partiel, gagnent moins, consacrent plus de temps au ménage, entreprennent moins facilement et, lorsqu'elles le font, abandonnent plus vite. Ce dernier point est précisément dû au fait qu'elles consacrent plus de temps aux tâches ménagères. La FEB préconise toujours une répartition équilibrée des tâches misant sur le travail faisable et l'agilité dans l'emploi tant pour les hommes que pour les femmes. Si nous voulons continuer à bénéficier d'une sécurité sociale abordable, nous devons tous y contribuer.

Notre organisation patronale trouve la création d'emploi extrêmement importante. Une politique qui mise sur l'abaissement des charges sur le travail et stimule l'entrepreneuriat crée plus d'emploi dans le privé et de pouvoir d'achat pour les hommes et les femmes. Il est donc étrange de considérer l'entrepreneuriat comme une prérogative masculine. Il est vrai par contre que certains facteurs constituent un frein pour les femmes. Citons-en quelques-uns.

Il y a d’abord l’organisation au sein de la famille. Les femmes assument davantage les tâches ménagères et les soins des enfants que les hommes. C’est même le cas dans les ménages où les deux partenaires gagnent un salaire comparable. Par ailleurs, les femmes redouteraient plus les risques que les hommes, de sorte qu’elles seraient moins enclines à ‘entreprendre’.

Pour ces raisons et bien d’autres encore, les modèles de femmes entrepreneurs sont rares. À cela s’ajoutent les facteurs physiologiques. À ce jour, les hommes ne doivent pas interrompre leur carrière pour éventuelle grossesse et cela ne devrait pas changer de sitôt !

La présidente de la FEB, Michèle Sioen, est malheureusement un des rares exemples auxquels les femmes peuvent s’identifier. De nombreuses femmes arrêtent leur activité après quelques années, souvent lorsqu’arrivent les enfants. Elles optent ensuite pour une carrière à temps partiel ou l’une ou l’autre forme de crédit-temps qui hypothèque leurs possibilités de promotion et affecte leur pension. Si la personne est consciente des conséquences de ce choix, il faut le respecter. Mais la situation peut changer.

Un changement de mentalité doit s’opérer de manière organique. Nous devons encourager les femmes à saisir leurs chances. Il doit être possible de travailler intensément dans les entreprises, tout en facilitant l'équilibre entre travail et famille. Les pouvoirs publics peuvent aussi y contribuer dans des domaines comme l'accueil des enfants et les titres-services. Les entreprises peuvent aussi apporter leur contribution en misant sur le télétravail et en encourageant le congé de paternité sans l'imposer.

Le seul point sur lequel Fernand Huts a raison, c'est celui du manque d'entrepreneuriat. Il est inconcevable que le seul droit de la femme soit le ménage. Au contraire, les entrepreneurs sont là pour tous et chacun doit pouvoir être entrepreneur. Nous avons besoin de tous les hommes et de toutes les femmes entrepreneurs pour pérenniser notre prospérité.


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