Droits des enfants : l’affaire des enfants et des entreprises

“Ce n'est que lorsque j’ai été confronté à la réalité que j'ai pris conscience de l'impact que les entreprises peuvent avoir sur les droits de l'enfant.” C'est en ces termes que la première conférence de la Children’s Rights and Business Principles Commission (CRBP) a été introduite par Chris Van Doorslaer (CEO Cartamundi et co-président de ladite commission). Un événement organisé conjointement par UNICEF Belgique, UN Global Compact, Save The Children et la FEB, en présence de Sa Majesté la Reine Mathilde.

26 novembre 2014

Que la Reine ait également participé à la conférence n’est pas vraiment une surprise. En sa qualité de présidente d’honneur d’UNICEF Belgique, elle est très impliquée dans ce combat. En 2013, elle déclarait d’ailleurs lors de la conférence des Nations Unies sur les droits des enfants à New York : “I feel strongly about the importance of children in our societies. I am also convinced that the private sector in general, and the corporate sector in particular, can play a crucial role in promoting respect for the rights of every child in its daily life.”

La présence à la conférence de quelque 135 chefs d’entreprises et représentants des fédérations sectorielles atteste de la grande attention qu’accordent les entreprises à cette problématique. Une attention justifiée, a expliqué Bo Viktor Nylund d’UNICEF Genève qui a souligné de façon explicite le rôle crucial que les entreprises peuvent jouer dans le respect des droits de l’enfant, leur protection et leur promotion. Il a ensuite brièvement retracé l'élaboration des dix Directives pour les droits de l’enfant dans les entreprises.

Responsabilité sociétale
“Qui sait que près de 17% des jeunes jusqu'à 15 ans présentent un risque de pauvreté en Belgique ?” ont demandé Bruno Vanobbergen et Bernard Devos, les commissaires belges aux droits de l'enfant. Notre pays connaît quatre problèmes qui renforcent le risque : des structures d'accueil insuffisantes, la discrimination et l'exclusion, l'accès aux soins de santé et l'accès aux loisirs. La crise économique et la politique d'économies qui y est liée rendent la situation encore plus fragile, en particulier pour les enfants.

Le respect des enfants et de leurs droits fait dès lors intégralement partie de la responsabilité sociétale des chefs d’entreprise. Le respect des droits de l'enfant est non seulement une obligation morale, mais également une condition préalable au progrès économique, car partout où les droits des enfants sont bafoués, les progrès sociaux et la croissance ne sont pas au rendez-vous.

Des principes aux bonnes pratiques
Les principes sont une chose, mais il en est une autre de les traduire dans la pratique. Lors du débat, des chefs d’entreprise et représentants du monde économique, dont Chris Van Doorslaer (Cartamundi), Hans Bourlon (Studio 100), Christiane Malcorps (Solvay), Olivier Baraille (IKEA), François Fornieri (Mithra Pharmaceutials) et Bart Buysse (FEB), ont témoigné que c'était faisable. Et sans qu'il soit nécessaire de toujours chercher loin. Les entreprises peuvent soutenir le bien-être des enfants, le respect de leurs droits et la politique menée à leur égard :
• sur le lieu de travail par exemple. En aidant à lutter contre le travail interdit des enfants, en étroite collaboration ou non avec les contractants/fournisseurs. Ou en veillant à la protection des enfants et des jeunes travailleurs au sein de l’entreprise. Ou encore : en soutenant leurs propres travailleurs dans leur rôle de parents ;
• sur les marchés par exemple. En adaptant mieux les produits et services aux besoins des enfants – il peut même s’agir d’une source d’innovation ou de nouveaux marchés. Ou en respectant les besoins, les intérêts et les droits des enfants dans leur marketing et leur publicité, dans l’achat ou la vente de produits et services ;
• enfin, les entreprises peuvent jouer un rôle dans la société dans laquelle elles opèrent. Par exemple, en promouvant l’emploi des jeunes ; en développant les jeunes talents et en offrant une chance à ceux-ci ; en prêtant leur concours à une société forte et bien formée ainsi qu’à un environnement sain et sûr et à une éducation correcte des enfants.

“Cette conférence a montré clairement que les entrepreneurs peuvent avancer de nombreux exemples concrets et bonnes pratiques, susceptibles d’inspirer et d’encourager d’autres entreprises”, a affirmé Pieter Timmermans, administrateur délégué de la FEB, pour conclure la conférence. Les droits de l’enfant ne sont pas une problématique étrangère aux entreprises. Toutes les entreprises sont concernées tôt ou tard, d’une manière ou d’une autre, par les enfants et leurs droits. Chaque entreprise – quels que soient son échelle, son terrain d’action ou son activité – doit prêter attention aux droits des enfants et peut y œuvrer effectivement, localement ou à un niveau plus large… Chaque entreprise, à sa mesure, en fonction de ses possibilités, peut faire la différence quelque part. Le message de cette conférence restera dès lors principalement le suivant : Business as usual is not good enough, children’s rights are everybody’s business!

Les récits d’entreprises s’investissant en faveur des droits de l’enfant sont rassemblés sur un nouveau site web : http://www.childrenandbusiness.be/. Une excellente source d'inspiration !


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