Innover ou stagner !

Malgré toutes les idées innovantes et les tonnes d’énergie déployée, notre pays ne parvient pas à se classer parmi les dix économies les plus innovantes du monde. À l’inverse des Pays-Bas et de l’Allemagne. Le catalyseur essentiel pour accélérer et optimaliser l’innovation dans notre petit pays est indubitablement la collaboration. La collaboration au-delà des murs de l’entreprise, du secteur, des régions et du pays. Et, à ce niveau, nous pouvons nous améliorer.

Michèle Sioen, PRÉSIDENTE
20 septembre 2016

D’où également le thème de notre Forum annuel qui vient de se dérouler : ‘Innovation across Borders’. Celui-ci a mis l’accent sur la nécessité de donner toutes ses chances à l’innovation en dépassant les frontières et en  collaborant. Dépasser les frontières de sa propre entreprise, de son secteur, les frontières régionales, nationales et culturelles. Ce sont les stratégies transfrontalières ouvertes qui engrangent les plus grands succès en matière d’innovation.

Le renouvellement et l’amélioration permanents des produits nous rendent la vie plus agréable, plus sûre et plus saine. Mais l’innovation des produits ne suffit pas en soi. Nous devons être innovants tout au long de la chaîne. Ainsi, les processus innovants nous permettent de produire plus tous ensemble en une journée de travail. Cette croissance de la productivité est le fondement d’une création de prospérité sans précédent au cours des deux siècles écoulés.

Coût salarial et entrepreneuriat
À plus court terme, l’innovation est évidemment cruciale pour préserver ou renforcer la compétitivité de nos entreprises. Les produits innovants de qualité supérieure justifient en effet un prix plus élevé. Dès lors, la production reste possible dans notre pays, même avec un handicap salarial d’environ 10% par rapport aux trois pays voisins.

Cela ne nous dispense évidemment pas de continuer à démanteler ce handicap structurel. Concurrencer nos voisins sur pied d’égalité peut en effet aussi stimuler l’innovation. Outre les coûts salariaux, le coût de nos chercheurs joue aussi un rôle non négligeable. C’est la raison pour laquelle nous plaidons pour le maintien du traitement fiscal favorable des chercheurs. Nous préconisons même de l’étendre à d’autres profils de travailleurs.

La troisième condition absolue pour pouvoir vendre au mieux nos idées et inventions innovantes est un entrepreneuriat dynamique. Notre pays est fort en matière de Recherche & Développement. L’effort financier a augmenté sensiblement ces dernières années (de 1,2% du PIB en 2005 à 1,8% en 2015) et, en Europe, seule l’Allemagne nous dépasse. En matière de brevetage de nouvelles idées et inventions, la Belgique affiche aussi un résultat honorable. Mais lorsqu’on parle de vraie innovation, de développement, de commercialisation et d’exportation des nouvelles idées et technologies, nous ne sommes plus dans le groupe de tête européen. La capacité à rattraper ce retard dépend la combativité et du dynamisme de nos entrepreneurs. Des entrepreneurs qui osent saisir les bonnes idées, qui veulent les optimaliser pour les clients potentiels et qui ne redoutent pas d’échouer pour se relever ensuite.

Un entrepreneuriat dynamique nécessite toutefois une réglementation qui se fonde davantage sur la confiance. Qui ne surcharge pas les entrepreneurs de règles complexes interminables inadaptées à la réalité. Je n’exagère pas. Au cours de la préparation du Forum, de nombreux exemples concrets ont été mis en évidence. Vous les découvrirez dans le FEB-magazine REFLECT ‘Innovation across Borders’.

Collaborer, collaborer, collaborer
Mais le principal catalyseur pour accélérer et optimaliser l’innovation dans notre petit pays est indubitablement la collaboration : entre petites et grandes entreprises, entre les différents secteurs, entre administrations et entreprises, entre universités, instituts de recherche et entreprises, etc.

Un rapide regard sur le riche paysage des institutions d’innovation de notre pays révèle qu’une plus grande collaboration est possible dans de nombreux domaines (des matériaux à la mobilité, de l’énergie à la biotechnologie). Les doublons gaspillent des moyens qui peuvent être affectés plus efficacement. Le partage des connaissances, de l’expertise et des ressources par-delà toutes les frontières ne nécessite pas de nouvelles structures lourdes. Il suffit d’améliorer les réseaux et d’échanger davantage l’information.

L’union de nos forces pour collaborer plus ne fera que renforcer nos entreprises et notre pays ! L’enjeu est de choisir entre innover ou stagner.

Michèle Sioen, présidente de la FEB

> Un FEB DIRECT, à paraître demain, reviendra plus largement sur cet événement.
> Voir aussi, à ce sujet, le communiqué de presse de la FEB


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