106e Conférence internationale du travail – Building a Future with Decent Work

Du 5 au 16 juin s'est déroulée à Genève la 106e Conférence internationale du travail. Il s’agit de la réunion annuelle de l’Organisation internationale du travail (OIT), à laquelle prennent part plus de 6.000 représentants de gouvernements, d’employeurs et de syndicats émanant de 187 États membres.

Kris De Meester, CENTRE DE COMPÉTENCE EMPLOI & SÉCURITÉ SOCIALE
05 juillet 2017

Une grande attention a été consacrée à la discussion sur la migration de main-d’œuvre. Il s'agissait d'un exercice d'équilibre entre les opportunités et les risques de la migration, avec une attitude très défensive et même corporatiste des syndicats et de bon nombre de gouvernements. La commission n'est pas parvenue à construire, à l’encontre de l’opinion publique, une image positive montrant la valeur ajoutée d’une migration légale ciblée pour l’économie. Elle a néanmoins souligné l'urgence de renforcer la gestion de la migration de main-d’œuvre. Des modes de migration plus réglementés sont nécessaires pour contrer la ‘migration illégale’, qui fait pression sur les conditions de salaire et de travail. Elle a également reconnu le rôle crucial des employeurs, et plus particulièrement du secteur privé et des agences pour l'emploi, eu égard à l'identification des besoins et à l'adéquation des compétences sur le marché du travail.

La Commission des normes, le ‘tribunal’ de l’OIT, a traité 24 cas de non-respect ou d’infraction aux normes internationales. Dans 5 cas, il s'agit d'infractions fondamentales à 4 des 5 normes de travail fondamentales : l'interdiction du travail des enfants, du travail forcé, la discrimination et la liberté d'association.

Cette même commission s'est aussi penchée sur une étude d'une série d'instruments OIT relatifs à la sécurité et à la santé au travail. Elle a une fois de plus confirmé l'intérêt et le soutien pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles. Les efforts seront intensifiés sur la base du cadre promotionnel existant et grâce à une nouvelle campagne menée à grande échelle.

La Commission qui s’est penchée sur les principes et droits fondamentaux au travail (FPRW) a adopté une résolution où il est demandé à l'OIT d'élaborer un plan d'action pour leur promotion partout dans le monde, compte tenu des situations et des besoins divergents des États membres. Les FPRW sont contenus dans 8 conventions de base couvrant 4 thèmes :

  • Liberté d’association et de négociation collective
  • Éradication de toutes les formes de travail forcé
  • Élimination du travail des enfants
  • Non-discrimination sur le marché du travail


La Commission emploi et travail décent au service de la paix et de la résilience a révisé la recommandation OIT 71 de 1944 sur l’emploi dans le cadre de la transition de la guerre à la paix. Cet instrument avait été adopté à la fin de la Deuxième Guerre mondiale et une actualisation devenait urgente. Il comprend désormais d'autres conflits et situations d'urgence et s'intéresse à la prévention.

Certains pays aiment profiter de la Conférence pour ratifier de conventions de l'OIT. La Belgique en fait partie. Ainsi, en présence des partenaires sociaux belges, le ministre de l'emploi Peeters a déposé trois ratifications : la Convention 172 relative aux conditions de travail dans l'horeca, la Convention 170 relative aux substances chimiques et la Convention 128 relative aux allocations d'invalidité et de pension. Notre pays se hisse ainsi à la quatrième place au monde pour ce qui est du nombre de conventions ratifiées.

Lors du Conseil d’administration de clôture de l’OIT, Luc Cortebeeck a été élu à sa présidence. Durant l'année à venir, il veillera au bon déroulement des séances.

La délégation FEB qui a participé activement aux débats était composée de Kris De Meester, Annick Hellebuyck, Ivo Van Damme, Jan Denys (Randstad) et Yvan Fieremans (ABSU-UGBN). 

> Voir également ilo.org et internationalview.org  


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