WANTED: orientation scolaire de qualité

Vendredi 1er septembre : la rentrée scolaire pour des centaines de milliers d'élèves du primaire et du secondaire. C'est également le moment où les acteurs concernés se focalisent sur l'importance d'un enseignement de qualité. La FEB est consciente de l'importance de jeter des ponts entre l'enseignement, le marché du travail et le monde des entreprises afin de renforcer l'employabilité des jeunes et de leur donner un maximum de chances pour l'avenir. Chacun a son idée sur la question. C'est aussi le cas de la FEB, le porte-parole des employeurs.

Pieter Timmermans, ADMINISTRATEUR DÉLÉGUÉ
30 août 2017

Un enseignement de qualité suppose avant tout des investissements. Il faut investir dans l’humain, dans des gens qui acquièrent des connaissances, deviennent des citoyens adultes et critiques et qui trouvent leur voie sur le marché du travail. Il faut aussi investir dans la société, qui ne peut se développer et évoluer que grâce à une multitude de profils professionnels et académiques variés. Et enfin, il importe d’investir dans l’avenir de nos entreprises : en 2017, plus personne ne conteste l’importance de la recherche et du développement, de l’innovation.

Dans ce contexte, une utilisation optimale des deniers publics est capitale. Or, ce n’est pas toujours le cas aujourd’hui. Combien d’étudiants ne sont pas à la bonne place, même s’ils ne s’en rendent pas toujours compte ? Un test d’orientation, sans vouloir me prononcer sur sa forme, peut aider les jeunes à se faire une idée correcte de leurs connaissances et aptitudes et de leurs chances de réussite dans l’enseignement supérieur.

Une évolution positive est l’attention croissante accordée dans l’enseignement secondaire aux orientations STIM (Science, Technology, Engineering and Mathematics), aux TIC (surtout pour les filles) et aux compétences numériques. On ne peut suffisamment insister sur leur importance pour notre société et notre économie, qui se numérisent à une vitesse effrénée. Sans les bonnes orientations et formations, nous ne pourrons pas soutenir ce rythme à terme. Sans les profils indispensables, nous serons irrémédiablement à la traîne. Aujourd’hui déjà, on peut parler d’économie de pénurie en raison du nombre croissant de postes vacants sur le marché du travail (de 83.000 en 2014 à 90.000 en 2015 et plus de 100.000 en 2016 (Eurostat), s’agissant essentiellement de profils numériques. Ces postes vacants ouvrent des perspectives, mais ils doivent être pourvus pour ne pas freiner la croissance future.

A l’heure actuelle, 17% des étudiants belges suivent une orientation STIM. Ce pourcentage est certes en progression, mais notre pays est toujours à la traîne. Nous perdons ainsi sur deux fronts : les postes restent vacants  - à défaut des qualifications requises - et l'innovation ne décolle pas. Il convient en outre de développer davantage les systèmes de formation en alternance combinant théorie et pratique, formation et expérience du travail.

Plus d’anglais, plus d’internationalisation

Faut-il encore rappeler que le plurilinguisme est un atout absolu ? Il faut y investir, et ce dans l’enseignement tant primaire que secondaire ou supérieur. Je préconise dès lors la multiplication des formations données (partiellement) en anglais. Les avantages en sont tellement évidents qu’il faut à tout le moins mener un débat à ce sujet, vous ne pensez pas ? J’en cite trois.

Primo, la Belgique est une économie ouverte axée sur les exportations. L’an dernier, celles-ci représentaient pas moins de 356 milliards EUR et nos marchés d’importation sont relativement importants. Or, dans le monde international des affaires, l’anglais est la langue véhiculaire. Secundo, notre capitale, Bruxelles, héberge diverses institutions internationales. Et tertio, une bonne partie de l’emploi dans le secteur privé est tributaire d’entreprises étrangères ou comptant beaucoup d’investisseurs étrangers. Dès lors, mieux nous maîtrisons l’anglais, mieux cela vaudra pour les affaires.

Par ailleurs, je suis convaincu que l’enseignement, surtout au niveau supérieur et universitaire, devrait être davantage internationalisé, et ce dans l’avantage de toutes les parties. On en trouve un exemple flagrant juste au-delà de nos frontières : aux Pays-Bas, le Bureau central du plan a calculé que les flux d’étudiants étrangers ont un impact positif sur les finances publiques. Certes, l’afflux net d’étudiants étrangers comporte un certain coût, mais il est compensé par les revenus ultérieurs de diplômés qui restent travailler aux Pays-Bas. Le fait que, dans ce pays (qui a une attitude moins chauviniste avec sa langue maternelle), les étudiants puissent évoluer avec l’anglais ne les incite pas à retourner (directement) dans leur pays d’origine. Ne serait-il pas temps d’assouplir un peu les règles en Belgique ?

Il faut savoir que notre sous-sol ne contient quasiment pas de matières précieuses. Le carburant de notre économie, ce sont nos cerveaux. Nous devons choyer ces cerveaux et talents et leur donner toutes les chances de se développer afin qu’ils puissent garantir la croissance de notre prospérité aujourd’hui et demain.

Pieter Timmermans, administrateur délégué

 


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