99 Luftballons

La chanson ‘99 Luftballons’ de la chanteuse allemande Nena est restée ancrée dans la mémoire collective. Ces dernières semaines, de nombreux ballons contenant des propositions pour les conseils des ministres thématiques de juillet sont venus colorer l’horizon. Par ailleurs, le budget continue de focaliser toutes les attentions. Selon le Comité de monitoring, il faut trouver 7,7 milliards EUR d’ici à 2019 pour atteindre un budget qui soit structurellement en équilibre.

Pieter Timmermans, ADMINISTRATEUR DÉLÉGUÉ
18 juillet 2017

Les prochaines semaines promettent d’être tendues. Selon les médias, le Premier ministre voudrait finaliser le tout en présentant un paquet global. Selon d’autres, une solution globale ne serait proposée qu’à l’occasion de la déclaration de politique générale début octobre. Quoi qu’il en soit, la FEB continue de demander de ne pas arrêter le train des réformes, bien au contraire. Où en sommes-nous ? Que demandons-nous ? Qu’attendons-nous ?

Où en sommes-nous ?
Les récentes nouvelles socio-économiques sont encourageantes. Les employeurs tiennent parole et créent de l’emploi. Le problème se situe de plus en plus au niveau de l’occupation de ces emplois, ce qui se traduit par l’augmentation du pourcentage de postes vacants. La croissance économique augmente progressivement vers les 2%. Le taux d’investissement se renforce également. Le budget de la S.A. Belgique, soit la somme de l’Entité I (gouvernement fédéral et sécurité sociale) et de l’Entité II (autorités régionales, provinciales et locales), évolue dans la bonne direction en 2017 (déficit de 1,5% du PIB par rapport à 2,6% du PIB en 2016), mais l’équilibre structurel prévu pour 2018-2019 n’est pas encore à portée de main.

Que demandons-nous ?
Cela n’a aucun sens d’évaluer chaque ballon lancé pour la bonne et simple raison que pour le moment, nous ne savons absolument pas si toutes ces propositions seront retenues. Par contre, il est judicieux de confronter les propositions à un certain nombre de principes de base. Premièrement. Les mesures qui viendraient saper ou brider la relance économique en cours sont à proscrire. À l’inverse, les mesures venant soutenir l’esprit d’entreprise et les investissements méritent toute notre attention. Deuxièmement. Les mesures permettant au marché du travail de mieux fonctionner et contribuant à l’élimination de l’inadéquation de l’offre par rapport à la demande sont absolument nécessaires. Troisièmement. Les mesures rendant la sécurité sociale plus solide et plus efficace peuvent être prises le plus rapidement possible.

Qu’attendons-nous ?
Il va sans dire qu’un train de nouvelles taxes, une taxation des plus-values ou un impôt minimum pour les grandes entreprises s’avèrent particulièrement problématiques si l'on veut stimuler l’esprit d’entreprise et/ou convaincre des investisseurs (internationaux). Il existe cependant d’autres recettes. D’abord, cuire le gâteau et le partager ensuite. Plus d’emplois, plus de personnes au travail permettent de réduire les problèmes sociaux, tout en soutenant le budget (plus de recettes, moins de dépenses). L’exécution intégrale du tax shift est une condition absolue pour les employeurs afin de pouvoir continuer de croître, d’investir et d’embaucher. Y toucher serait créer une insécurité juridique et considéré comme une promesse non tenue. Un signal fort et positif concernant l’impôt des sociétés, fondé sur trois piliers, renforcerait la confiance des entrepreneurs. Concrètement, cela implique un taux facial inférieur à 30% à partir de 2018 (comme premier pas vers un taux de 24% ou moins), le maintien de la déduction des intérêts notionnels et l’introduction du concept de consolidation fiscale. Des mesures permettant d’appliquer la participation aux bénéfices des travailleurs de manière plus souple ne peuvent plus faire défaut dans une politique salariale moderne. Le récent projet d’accord du Groupe des 10 sur les périodes d’essai et de préavis réduites et les salaires des jeunes, en application de l’AIP, est également bénéfique à un fonctionnement plus flexible du marché du travail. L’objectif était d’abaisser le seuil d’embauche et de favoriser ainsi les recrutements, ce qui constitue à l’heure actuelle un problème structurel. Cela fait déjà longtemps que la FEB est favorable à une augmentation des investissements productifs dans la mobilité, la digitalisation et l’énergie par exemple, pour renforcer le potentiel de croissance belge. Après des années de sous-investissement, il est grand temps de miser sur des investissements productifs ciblés, sans perdre la situation budgétaire de vue et sans accroître le taux d’endettement déjà élevé. Les entreprises sont prêtes à mettre leur expertise et leur savoir-faire à disposition pour contribuer à la modernisation de l’infrastructure belge.

De très nombreuses mesures ont des incidences budgétaires. Le gouvernement fédéral a reporté le retour à l’équilibre budgétaire à 2018 ou 2019 au motif que nous ne pouvons pas saper la croissance économique. Nous l’avons déjà dit précédemment : que l’équilibre soit atteint en 2018 ou plus tard n’est d’aucune importance du point de vue économique. Il suffit que la trajectoire soit concrétisée de manière crédible sur la base de réformes structurelles, notamment dans le domaine des pensions. Toutefois, nous n’entendons plus beaucoup parler de la refonte de l’appareil public, ou autrement dit, d’économies axées sur un fonctionnement plus efficace des services publics. Ainsi la Banque nationale indique-t-elle dans une étude récente que les pouvoirs publics belges sont très coûteux, alors qu’ils n’offrent qu’une qualité médiocre. Il doit être possible d’offrir un même niveau de qualité avec moins de moyens. En outre, les économies dans les processus de fonctionnement de la sécurité sociale ne doivent plus être un tabou. Des gains d’efficacité de 1 à 2% sur un budget de 80 milliards EUR sont-ils à ce point inconcevables ? Une économie structurelle de 0,8 à 1,5 milliard EUR serait ainsi rapidement réalisée.

Le Premier ministre ne dévoile pas ses cartes. Lorsqu’il les aura abattues sur la table, nous les analyserons en profondeur avec la FEB sur la base des critères précités. Mais nous espérons d’ores et déjà que sur les ‘99 Luftballons’, seuls les bons seront lâchés. Dès que nous aurons une vision claire des mesures gouvernementales, nous ne manquerons pas de faire le point à leur sujet pour vous.

Enfin, j’aimerais profiter de cette newsletter pour souhaiter à vous tous, entrepreneurs, de bonnes vacances bien méritées. Au cours de l’année écoulée, vous avez contribué à offrir un emploi à des dizaines de milliers de personnes et à transformer ainsi la force de travail en pouvoir d’achat. Après les congés, vous allez certainement poursuivre sur cette lancée. Cela mérite le respect de tous.

Pieter Timmermans, administrateur délégué


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