Gouverner, gouverner et encore gouverner !

Dans sa déclaration State of the Union, le Premier ministre Michel a plaidé en faveur d'une poursuite des réformes durant la demi-année précédant les élections. C’est une nécessité. Il y a encore beaucoup de dossiers sur la table qui doivent être finalisés, mais cela doit se faire. La mise en œuvre du deal pour l'emploi mérite une attention particulière et doit être un tremplin vers une flexibilisation plus poussée du marché du travail en 2019.

Pieter Timmermans, DIRECTION GÉNÉRALE
10 octobre 2018

Ce serait témoigner d'une bien grande naïveté que d'espérer encore de nouveaux chantiers, mais la FEB ne retient nullement les responsables politiques ambitieux. En matière de mobilité et d'énergie, les orientations des prochaines années sont encore floues. Le trafic sur les rings d’Anvers et de Bruxelles est plus rapide que la tentative d’élaboration d’une politique interfédérale de mobilité et l’insécurité de l’approvisionnement énergétique risque de compromettre certains investissements.

La maîtrise des coûts du travail (via le saut d'index, le taxshift et une modération soutenue des salaires bruts grâce notamment à la nouvelle loi sur la norme salariale) et la réforme de l'impôt des sociétés ont, ces dernières années, rendu notre pays nettement plus attractif pour l'entrepreneuriat, les investissements et partant l'emploi privé. Et les résultats sont là :

- Cette année, le handicap salarial absolu devrait baisser à 10-11%, alors qu'il se montait encore à 17% en 2013 ;

- D’après le Bureau du plan, 163.500 emplois ont été créés au cours des trois dernières années et il y en aura 100.800 autres sur la période 2018-2019. Ces emplois ont en outre presque exclusivement été créés dans le secteur privé, ce qui est positif ;

- Il ne s'agit pas non plus d'emplois précaires. En effet, la Belgique enregistre seulement 7,8% de temps partiels involontaires (le pourcentage le plus faible d'Europe) et 9 travailleurs sur 10 y ont un contrat à durée indéterminée.

Le travail n’est toutefois pas fini. La FEB espère donc encore la réalisation ambitieuse des dossiers suivants.

L’été dernier, le gouvernement a adopté un deal pour l’emploi. C’était nécessaire. On dénombre actuellement plus de 145.000 emplois vacants et les entreprises réclament de la main-d’œuvre qualifiée et non qualifiée. Les partenaires sociaux joueront en tout cas leur rôle en rendant des avis communs sur une série de points. Il serait souhaitable que ces mesures soient mises en œuvre en tenant compte de ces avis. Par ailleurs, la réforme des allocations de chômage et une adaptation du concept de rémunération à l'ancienneté sont des conditions sine qua non pour augmenter le taux d'emploi.

La politique de mobilité est et reste hélas un exemple du fait que nos gouvernements fédéral et régionaux utilisent leurs compétences pour leurs besoins propres au lieu d'élaborer une solution interfédérale cohérente et globale pour chaque citoyen de ce pays. Dans ce cadre, il est regrettable que l'exécution du budget mobilité prenne du retard. La FEB demande avec insistance que ce régime soit adopté cette année encore.

Enfin, étant donné l’état déplorable de notre réseau routier et ferroviaire et les besoins importants au niveau de notre infrastructure énergétique et numérique, d'importants investissements s'imposent en tous cas dans ces domaines. Il s’agit à présent de veiller à une mise en œuvre réfléchie et rapide du pacte d’investissement.

La FEB est bien consciente que les élections locales et la négociation des accords politiques qui suivra peuvent avoir un impact important sur la politique fédérale. Toutefois, le potentiel de croissance est freiné parce que trop d'entreprises ne parviennent pas à pourvoir leurs emplois vacants. Cela freine le potentiel de croissance de notre économie, parce que les entreprises ne sont pas à même de saisir certaines opportunités du marché et que le nombre de demandeurs d'emploi ne baisse pas autant que possible.

Trois missions doivent encore être remplies durant les six mois de législature qui restent : gouverner, gouverner et encore gouverner !

Pieter Timmermans, administrateur délégué


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