Pour l'ambition et contre l’immobilisme politique !

Ce lundi 4 février, #LessisMore2019 était bien plus qu'un trending topic sur les réseaux sociaux. Notre débat électoral a très largement retenu l'attention du monde politique, social et économique belge. À juste titre, car nos thèmes sont au cœur des préoccupations actuelles de la population, des entreprises et des hommes et femmes politiques. Environ 1.200 décideurs, candidats politiques, chefs d'entreprise, jeunes… sont venus écouter le débat entre dix ténors politiques ou exprimer leur voix dans notre Café politique. L’événement était par ailleurs diffusé en live streaming par RTL, VRT, Le Soir, Canal Z et sur notre site web.

Bernard Gilliot et Pieter Timmermans, LE PRÉSIDENT ET L'ADMINISTRATEUR DÉLÉGUÉ
06 février 2019

Au cours du débat, nous avons approfondi quatre des douze travaux du mémorandum de la FEB : Mobilité, Climat et énergie, Marché du travail du futur et Compétitivité. Plus que jamais, ces thèmes sont justifiés par de vastes évolutions et changements sociétaux. Songeons à la globalisation, à l'insécurité géopolitique et à l'économie circulaire, qui va transformer radicalement notre économie classique et ses cycles de production linéaires dans les décennies à venir. Nous connaissons tous ces changements, mais nous les sous-estimons encore trop souvent. Surtout la vitesse à laquelle ils impactent notre société et notre façon de vivre, de travailler et d’entreprendre.

Congestion routière ?
Notre mobilité se trouve actuellement à un moment charnière, à deux doigts de la paralysie complète. Le but est-il vraiment que nous perdions notre force et notre réputation en tant que plaque tournante logistique en Europe ? Il s’agit là de l'un des rares atouts que nous pouvons encore faire valoir à l'échelle internationale. Or, notre pays souffre d’un retard chronique au niveau de l’entretien et des investissements.

Nous devons investir. Dans l’infrastructure existante, mais avant tout dans une infrastructure durable et intelligente. Est-on disposé à accélérer les travaux du réseau RER autour de Bruxelles ? À créer des centaines de kilomètres d’autoroutes cyclables ? À encourager de nouveaux concepts de véhicules ? Sommes-nous prêts à fluidifier le trafic dans les grandes villes en faisant, par exemple, livrer les marchandises par des véhicules électriques durant la nuit ? Une partie des investissements pourrait être financée par les revenus d'une taxe kilométrique intelligente et variable, basée sur l'utilisation plutôt que sur la possession d'un véhicule. À condition bien sûr de supprimer d'autres taxes, comme la taxe de mise en circulation et la taxe de circulation, et de tenir compte des secteurs intensifs en transport. Une telle politique d'avenir requiert une approche interfédérale cohérente.

Partie de la solution
Nous n’enfonçons aucune porte en disant que notre système énergétique et notre politique climatique se trouvent plus que jamais sous pression. C’est le cas au niveau mondial. Mais notre pays doit évoluer fortement et rapidement au vu des multiples défis à relever et du manque de vision structurée et commune des diverses entités du pays. Nous soulignons une nouvelle fois que le monde des entreprises ne veut ni être une partie du problème ni être perçu comme tel. Nous voulons être une partie de la solution grâce à des mesures concrètes. Pensons à notre ambitieux plan en matière d’efficacité énergétique, à notre programme d’investissements en faveur de l’amélioration de l’isolation et des consommations énergétiques. Pensons aux solutions technologiques qui permettent de réduire la consommation à des moments cruciaux, ou encore aux technologies avancées liées aux batteries et au stockage de l’énergie.

Cela ne se limite d’ailleurs pas à l’innovation intelligente. Sommes-nous également prêts à adapter notre comportement, motivés par des incitants tels que l’introduction progressive d’une taxe CO2 intelligente ? Allons-nous, grâce aux actions menées en Belgique, réduire le réchauffement global ? Non. Pouvons-nous apporter une contribution significative à son ralentissement en exportant les innovations intelligentes de nos entreprises ? Certainement !

150.000…
Près de 150.000 postes vacants ? Ce n'est pas normal ! Un marché du travail axé sur l'avenir doit générer une main-d’œuvre suffisante, compétente et capable de s’adapter au monde en constante évolution. Une main-d’œuvre qui joue activement son rôle. Un levier important à cet effet consiste à limiter les allocations de chômage dans le temps, en combinaison avec une politique régionale d'activation et de formation forte et ambitieuse. Nous pourrions encore améliorer considérablement l’embauche, la mobilité et l’emploi en éliminant ce qu’on appelle la ‘cage dorée’ (les gens restent dans leur emploi, car il est moins avantageux d’en changer). Sommes-nous prêts à remplacer progressivement la rémunération à l’ancienneté par des processus de rémunération davantage axés sur les prestations ?

Nous recommandons en outre de miser fortement sur la culture d'apprentissage individuelle, afin que l’individu soit lui aussi responsable de son employabilité tout au long de la carrière. C'est également l'un des messages clés de Young Talent in Action. Par le biais de cette plate-forme et ce programme, la FEB entend stimuler les opportunités d'emploi des jeunes, notamment en les aidant à s'orienter et à faire des choix d'études conscients. Sur un marché du travail moderne et tourné vers l'avenir, l'enseignement joue un rôle essentiel ! Nous devons, bien plus qu'aujourd'hui, promouvoir les filières STIM et considérer l’enseignement secondaire technique et professionnel comme une formation de qualité à part entière.

Charges sur le travail
Sommes-nous prêts à renforcer la compétitivité de nos entreprises ? La maîtrise des charges sur le travail reste une priorité pour les employeurs. Le handicap salarial absolu par rapport aux pays voisins tourne aujourd'hui autour de 11 à 12%. Les faits ne mentent pas : 1 heure de travail coûte chez nous 35,5 EUR, contre une moyenne de 31,6 EUR dans les pays voisins. L'écart a déjà été réduit de 6% par rapport à ce qu'il était il y a cinq ans, mais il demeure très important. La FEB propose que la prochaine législature consente un effort similaire. Comment ? À l'époque, nous avions préconisé une réduction des charges sociales sur les salaires et de l'impôt des sociétés de 33 à 25%. Aujourd'hui, l'ambition doit être de passer de 25 à 20%. Emplois supplémentaires, exportations et investissements assurés !

À l’impôt des personnes physiques, l’écart entre le salaire brut et le salaire net doit être réduit. Il n’est pas normal que la différence entre un revenu brut de 1.600 EUR et un brut de 2.600 EUR ne s’élève qu’à 284 EUR nets. L’impôt des personnes physiques doit être réformé pour rendre le travail plus rémunérateur que l’inactivité, et pour éviter les pièges à l’emploi.

Enfin, la compétitivité n’est pas seulement une affaire de coûts, mais également d’innovation. Les entreprises doivent pouvoir continuer à se réinventer et à réinventer leurs produits. Sur ce point, un cadre stimulant est le bienvenu. Moins de règles par exemple, moins d’impôts ou plus d’aides à l’innovation. Mais aussi des aides pour la formation de talents appropriés, l’acquisition des bonnes compétences via l’enseignement, la formation permanente...

Opposer l’ambition à l’immobilisme politique
Notre pays a besoin d'une politique qui consiste d'abord à cuire le gâteau et ensuite seulement à le partager. Pas l'inverse. La stratégie 'business > sustainable growth > prosperity' est la seule logique fructueuse.  L’entrepreneuriat génère de la croissance durable et la croissance crée des emplois. Le travail, quant à lui, offre du pouvoir d’achat et est donc source de prospérité. Notre rôle en tant que première organisation patronale du pays est d’être et de rester constructifs avec les chefs d’entreprise, même lorsque les temps sont difficiles, de jeter des ponts entre les acteurs économiques, sociaux, académiques et politiques de notre pays, d’harmoniser les visions et les positions, dans l’intérêt de la prospérité de chacun, aujourd’hui et demain.

Nous attendons que nos hommes et femmes politiques fassent preuve d’ambition et d’efficacité. Des réponses doivent être apportées aux problèmes sociétaux qui secouent notre pays. Des réponses qui vont plus loin qu’un simple colmatage et auront sur le long terme un impact structurel. Tout immobilisme est à rejeter, car notre pays ne peut se le permettre. Nous espérons qu’un maximum de partis politiques adhéreront à nos douze travaux.

> www.lessismore2019.be
> Lisez le Mémorandum de la FEB et ses 12 travaux porteurs de la prospérité future
> Vous pouvez revivre cet événement via le reportage sur Canal Z, la galerie photos ou encore l’aftermovie


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