Éco-chèques : le débat doit se fonder sur des faits

Ces derniers jours, les éco-chèques étaient au centre de toutes les attentions. Une proposition de la majorité souhaite en effet les supprimer au profit d'une rémunération nette sur la fiche de paie. Tous les partenaires sociaux conjointement – syndicats, UNIZO, UCM, Boerenbond et FEB – ont demandé par courrier à pouvoir rencontrer les ministres compétents, à savoir Kris Peeters, Maggie De Block et Willy Borsus, avant qu'une décision soit prise.

Bart Croes / Sophie Sine, COMMUNICATION & EVENTS
14 février 2017

Pieter Timmermans, administrateur délégué de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), propose d'en revenir à l'essentiel en travaillant sur quatre axes via la digitalisation :

  1. Opter pour des chèques entièrement dématérialisés avec une date à fixer ;
  2. Intégrer tous les systèmes sur une seule et même carte, ce qui doit contribuer à une simplification accrue, une plus grande facilité d'utilisation et une économie pour tous les employeurs ;
  3. Pour éviter que les chèques restent inutilisés, le consommateur doit être averti rapidement et régulièrement lorsque les chèques arrivent à échéance. Par ailleurs, il pourrait être mieux informé encore quant aux possibilités d'utilisation de ceux-ci ;
  4. Éviter l'utilisation abusive des éco-chèques en prenant des accords concrets avec les secteurs concernés.

La FEB formule ces suggestions car le débat n'est actuellement plus fondé sur des faits. Or, trois éléments importent dans cette discussion. Le premier est d'ordre procédural, les deux autres d'ordre économique.

Premièrement, les entreprises ont besoin de sécurité juridique. Ce dossier a déjà fait l'objet de nombreuses discussions par le passé dans le giron de la FEB – donc pas seulement avec quelques entreprises, mais avec une quarantaine de fédérations représentant, tous secteurs confondus, plus de 50.000 petites, moyennes et grandes entreprises. Il en est ressorti que le système des écochèques méritait d'être conservé, mais sous une forme simplifiée. S'en est suivie une digitalisation du système, à la grande satisfaction des employeurs et des consommateurs. Allons-nous à nouveau modifier cette législation, à l'heure où tout le monde plaide pour la sécurité juridique et la stabilité sociale et fiscale ?

Deuxièmement, la consommation intérieure (notre pouvoir d'achat) revêt une importance cruciale dans une économie. Des études ont notamment démontré que pour chaque centaine d'euros nets gagnés, le Belge moyen ne dépensait pas 35% dans son pays, mais épargnait 15% et consommait 20% à l'étranger. À titre comparatif : les détracteurs du système des éco-chèques parlent de 2% de chèques non utilisés et donc non consommés.

Si nous voulons opérer le meilleur choix pour notre économie, que vaut-il donc mieux choisir : ne pas consommer 35% ou 2% ? Poser la question, c'est y répondre. Si nous choisissions de supprimer les éco-chèques et de les remplacer par du net, cela signifierait que 70 millions d'euros de pouvoir d'achat ne seraient pas dépensés dans l'économie belge (70 millions = un tiers du nombre de chèques en circulation, pour une valeur totale de plus de 200 millions d'euros).

Finalement, les auteurs de la proposition veulent passer à une rémunération nette, ce qui peut certes paraître séduisant à première vue. Mais combien de temps le ‘net’ restera-t-il vraiment net ? À terme, l'une ou l'autre taxe risque à coup sûr de voir le jour sous la forme d'une cotisation patronale ou autre, et ce net sera traité comme de la rémunération ordinaire. Car une chose est sûre dans ce pays : tôt ou tard, les rémunérations nettes seront à nouveau taxées. Ce n'est en effet pas le consommateur-électeur qui paiera, mais bien l'entreprise qui ne vote pas.

“Il est incroyable de constater que les arguments économiques ou la stabilité de la législation sociale et fiscale ne comptent tout à coup plus. La FEB est une organisation qui entend apporter des solutions, en misant en l'occurrence pleinement sur la digitalisation via la concertation”, conclut Pieter Timmermans.


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