social academy : votre modèle d’organisation du travail est-il disruptif ?

Le monde du travail actuel – c’est-à-dire nouveau – est flexible et agile. Votre entreprise et vos travailleurs le sont aussi, n’est-ce pas ? La flexibilité est-elle une question d’offre et de demande ou de droits et d’obligations ? Que dit le droit du travail du ‘temps de travail et du temps libre’ ? La social academy a approfondi, sans tabous, les possibilités offertes par l'actuelle réglementation pour travailler autrement qu'ailleurs.

17 octobre 2017

Pour la neuvième année consécutive – et cette saison une nouvelle fois en partenariat avec SD Worx –, la FEB organise la social academy, à savoir une série de séances académiques au cours desquelles les responsables et décideurs (managers, CEO, responsables RH, négociateurs…) peuvent compléter leurs connaissances et aptitudes en matière de concertation sociale au sein de l'entreprise. La sixième session intitulée ‘Votre modèle d’organisation du travail est-il disruptif ?’ a plus particulièrement porté sur les possibilités offertes par la réglementation pour organiser le travail de manière flexible. Et elles sont plus nombreuses qu’on ne pourrait le croire de prime abord. 

En finir avec la machine à remonter le temps
Chez lui, le travailleur contemporain vit au 21e siècle. Il est connecté à tout et à tout le monde. Pourtant, chaque matin, il doit prendre la machine à remonter le temps pour retourner travailler au 20e siècle. Il est grand temps de réinventer notre manière de travailler, prêche Thierry Geerts (Country Director Google Belgium). Il faut en finir avec les pointeuses, Windows 95, les systèmes SAP... Oser le changement, tel est son credo. Google a eu la chance de pouvoir bâtir de toutes pièces une organisation du travail qui repose sur neuf principes fondamentaux :

1. Fondez votre organisation sur des valeurs et du sens. Google n’attire pas ses collaborateurs avec des voitures de société, des bonus, etc. mais avec la promesse de tout mettre en œuvre pour que chacun puisse accéder aux informations partout dans le monde.

2. Semez la bonne culture d’entreprise. Aussi belle soit-elle, la stratégie ne fonctionnera jamais, si la culture d’entreprise n’est pas en adéquation avec le but.

3. Confiez une mission à vos collaborateurs.Google n’établit pas de profils de fonction. C’est au collaborateur d’accomplir ‘sa’ mission à sa façon. Une plus grande autonomie donne de meilleurs résultats.

4. Utilisez la force du réseau. “Dans de nombreuses entreprises, il est très difficile de pouvoir être en contact avec d’autres départements ou services, sans devoir suivre la voie hiérarchique. Les vrais réseaux ne suivent pas de voie toute tracée.

5. Faites confiance à vos collaborateurs. Google n’investit pas dans des systèmes de contrôle. C’est le résultat qui compte. Peu importe où, quand et comment l’on travaille. Toute personne qui risque de perdre pied avec la ‘culture’ est coachée.

6. Éveillez l’enthousiasme chez vos collaborateurs. Mettez au défi leur créativité et osez les laisser échouer. “Les Belges sont trop conservateurs dans ce domaine. Faire aussi bien que l’année précédente ne génère pas de croissance.

7. Prenez le temps de recruter les bonnes personnes. Chez Google, il faut parfois attendre un an avant de pouvoir signer un contrat. Nous visons une correspondance à 100%. Quelqu’un qui s’épanouit pleinement dans son travail coûte beaucoup moins cher qu’une personne inefficace ou une importante rotation du personnel.

8. Créez un lieu de travail inspirant. Faites en sorte que vos collaborateurs se sentent vraiment à l’aise. Il ne faut pas nécessairement investir beaucoup d’argent pour rendre un lieu de travail agréable.

9. Soyez ouverts et transparents. “Chaque semaine, les fondateurs de Google consacrent une heure complète pour tous leurs collaborateurs dans le monde. Trente minutes d’exposé sur la stratégie de l’entreprise et une demi-heure de Q&A. Ils n’écartent aucune question.”

 L’ancien modèle n’est pas mauvais par définition
“La législation n’est pas figée. Si on connaît les exceptions, on peut organiser le temps de travail de manière très flexible”, explique Sarah De Groof (KU Leuven). C’est ce qu’elle prouve avec sa thèse intitulée 'Le temps de travail et le temps libre dans le droit du travail. Une étude juridique sur l'équilibre travail-vie privée'. L’employeur ne doit pas à tout prix introduire un modèle disruptif, son but doit être de réussir. L’ancien modèle n’est pas mauvais par définition. “Un employeur disruptif ose faire les meilleurs choix pour son entreprise et ses travailleurs. Sachant que des travailleurs différents ont des besoins différents, mais aussi de nombreuses caractéristiques communes qui influencent leur équilibre travail-vie privée.” Quel que soit le régime choisi par l’employeur, il doit être soutenu et faire partie de la culture d’entreprise pour avoir de l’effet. Pour traduire la théorie en pratique, Sarah De Groof a achevé sa présentation par sept recommandations concrètes en vue d’organiser le temps de travail de manière flexible. “Autorisez par exemple le télétravail occasionnel. Il permet aux travailleurs de travailler à la maison lorsqu'ils ont un rendez-vous chez le dentiste. Ils ont ainsi le sentiment de garder le contrôle.”

On constate d’ailleurs que dans un nombre croissant de jeunes entreprises, l’organisation du travail est disruptive. Ces entreprises donnent un nouveau poids à l’équilibre entre travail et vie privée. “Elles se fondent sur la motivation intrinsèque de leurs collaborateurs”, affirme Alexander Van Caeneghem (TriFinance) d’expérience. La flexibilité, c’est bien plus que l’intégration d’une organisation du travail souple, “c’est faciliter le développement des personnes. Chez TriFinance, nous partons de la motivation intrinsèque des collaborateurs et organisons nos processus de manière à ce que chacun se sente bien”. Autrement dit : il faut rompre avec le modèle classique de la carotte et du bâton, et chercher un modèle qui concilie le meilleur des modèles existants et soit adapté à la culture et à l’organisation de l’entreprise. Et cela fonctionne !

Osez être créatifs
Jusqu’à quel point pouvez-vous l’être ? Pour conclure la session, le professeur Willy Van Eeckhoutte (UGent) a évalué la faisabilité de plusieurs scénarios ‘idéaux’. Un travailleur peut-il travailler autant ou aussi peu qu'il veut ? Et quand il veut ? Par exemple : trois semaines à raison de 12 heures par jour, et la quatrième semaine libre ? Ou encore : peut-il prendre des vacances illimitées ou pas de vacances du tout ? Peut-il travailler n'importe où (chez lui, alternativement à la maison et au bureau) ? “On peut faire beaucoup plus qu'on ne pense. En effet, tout ce que la loi n'interdit pas est en principe autorisé. Il faut juste oser être créatif. Cela dépend beaucoup de ‘l’éducation’ ou du cadre de référence du CEO.”

Vous trouverez plus d’information sur les prochaines sessions de la Social Academy sur le site www.socialacademy.be . Vous souhaitez être informé de chaque nouvelle session ? Abonnez-vous gratuitement à notre newsletter.


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