Un salaire minimum interprofessionnel de 14 EUR équivaut à du chômage organisé

La proposition de loi prioritaire de députés PS visant à relever le salaire minimum à 14 EUR de l’heure (soit 2.300 EUR par mois) figure aujourd’hui à l’ordre du jour de la Commission des Affaires sociales de la Chambre. Cela représente une hausse de 40% par rapport aux salaires minimums actuels. Pour les organisations patronales FEB, UNIZO, Boerenbond et UCM, cette proposition est inacceptable et économiquement destructrice. Elle équivaut à du chômage organisé.


Presse, COMMUNICATION & EVENTS
27 novembre 2019

Une étude de l’économiste américain David Neumark révèle par exemple que pas moins de 85% de toutes les études sur le salaire minimum pointent un effet négatif sur l’emploi privé.

La proposition est inacceptable, dans la mesure où la concertation sociale bat actuellement son plein, en exécution de l’accord interprofessionnel. Il existe entre tous les partenaires sociaux, à l'exception de la FGTB, un accord pour augmenter le salaire minimum de 1,1%. Une étape supplémentaire est en outre en cours de discussion. Depuis plus de six mois, l’attitude d’un seul partenaire prive les revenus les plus faibles de l’augmentation salariale de 1,1% que le reste du secteur privé a reçue.

En outre, cette proposition est économiquement destructrice. Les emplois rémunérés à un salaire compris entre le salaire minimum et 2.300 EUR par mois sont généralement des emplois peu qualifiés, avec une productivité limitée. De plus, ces emplois sont relativement courants dans des secteurs qui luttent déjà pour leur survie. L’employeur ne dispose donc pas de beaucoup de marge pour accorder des augmentations salariales. Augmenter le coût de ces emplois de manière aussi spectaculaire – et sans compensation pour les employeurs concernés – entraînera inévitablement de lourdes pertes d’emplois. De nombreux travailleurs peu qualifiés et vulnérables perdront alors leur travail.

Le secteur privé subit en effet toujours un handicap salarial de 11%, ce qui n’est pas le cas pour le salaire minimum légal. La mise en œuvre de la mesure proposée reviendrait ni plus ni moins à introduire un handicap de plus de 10% pour les bas salaires sur le marché du travail. Contrairement à l’intention de la proposition de loi, il ne sera donc pas question d’une « relance économique et sociale » qui « aura pour effet aussi bien d’assurer une meilleure justice sociale que de stimuler l’économie ».

Enfin, le coût élevé de cette proposition pour la sécurité sociale n’est pas du tout pris en compte. Une augmentation du salaire minimum entraîne automatiquement une augmentation du bonus à l’emploi pour tous les travailleurs dont le salaire brut est inférieur ou égal à 2.560,57 EUR. Ces travailleurs bénéficient en effet d'une réduction de leurs cotisations sociales personnelles (bonus à l’emploi) qu'ils doivent payer à la sécurité sociale. Les paramètres de calcul de ce bonus à l’emploi sont liés au salaire minimum. Cela entraînera un coût de plusieurs centaines de millions EUR pour la sécurité sociale, dû au relèvement du salaire minimum. Il est totalement faux de prétendre, comme le fait l’exposé des motifs, que grâce au relèvement du salaire minimum, « l’État verra ses finances s’assainir ».

Une augmentation du salaire minimum de 40% implique une destruction certaine de nombreux emplois, mettra un coup de frein aux embauches futures et chassera les travailleurs peu qualifiés hors du marché du travail. Au final, cette proposition équivaut à du chômage organisé, mettant notre sécurité sociale encore plus à mal. La FEB, UNIZO, le Boerenbond et UCM appellent donc le Parlement à renvoyer le dossier du salaire minimum aux partenaires sociaux en vue de son traitement ultérieur.

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