La crise du coronavirus ébranle notre prospérité. Vite, un plan de relance

1er juillet. L'été commence. Grâce à l'assouplissement des mesures visant à lutter contre le coronavirus, les terrasses reprennent vie. Peu à peu, la vie normale reprend son cours. Mais des nuages menaçants planent sur l'économie. Même si le coronavirus semble relativement sous contrôle, la pression sur le monde des entreprises reste énorme, à un point tel que la Belgique ferait face, en 2020, à sa plus grande contraction économique depuis la Seconde Guerre mondiale.


Pieter Timmermans, DIRECTION GÉNÉRALE
01 juillet 2020

Une perte de prospérité de 50 milliards EUR
Sur la base d'indicateurs nationaux et internationaux et d'une enquête semestrielle à grande échelle réalisée auprès de nos fédérations sectorielles juste après la levée du confinement, la FEB a publié la semaine dernière son Focus Conjoncture. Cette enquête indique que la Belgique connaîtrait, cette année, sa plus grande contraction économique depuis l’après-guerre (8,3%). La crise du coronavirus nous fait passer à côté de quelque 50 milliards EUR de prospérité, ébranlant sérieusement notre prospérité.

Cette détérioration inédite engendre une baisse préoccupante des investissements des entreprises (-10% à -15%) et un doublement du nombre de faillites. L'emploi pâtit également de la pandémie. Dans la plupart des secteurs, il est nettement plus bas qu'avant la crise et l'enquête révèle que les entreprises prévoient encore, pour les six prochains mois, une baisse située entre 4,7% et 8,2%.

Même si la réouverture progressive permet une reprise prudente et que la confiance des entreprises s'est fortement améliorée en juin dans la zone euro, on s'interroge sur le genre de reprise qui nous attend. Selon les prévisions de la FEB, cela pourrait prendre 2,5 ans avant que l'activité économique retrouve son niveau de 2019.

Un gouvernement de relance s'impose
Les chiffres de notre baromètre sont très sombres, mais la situation devrait s'améliorer. L'an prochain, une reprise soutenue d'au moins 6% est en effet envisageable. Mais cela à une condition fondamentale : avoir un gouvernement stable qui met en place un plan de relance ambitieux et mûrement réfléchi.

Plus d'un an après les élections et de nombreuses discussions stériles sur les combinaisons de couleurs, nous sommes toujours au point de départ. Néanmoins, la crise du coronavirus a fondamentalement changé la donne. Il n'est plus question de gauche ou de droite, mais de relance. Les chiffres sont éloquents. Qu'il s'agisse des couleurs politiques vertes, bleues, rouges, orange ou jaunes, d’une coalition ou d’une autre, tout responsable politique soucieux de la prospérité de notre pays met de côté ses veto et opte dès aujourd'hui pour le projet commun, à savoir la relance. Chaque jour supplémentaire d'atermoiements ou de chamailleries est un acte de non-assistance à personne en danger.

Plan de relance 4x4 turbo
Sans un gouvernement de plein exercice et une unité de commandement, nous ne dépasserons pas le stade des cartes train 10 voyages ou du chèque consommation unique. Mais ce n'est pas cela qui sortira notre économie de sa profonde récession. Des mesures plus fondamentales s'imposent. D’une part, il est primordial de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter une deuxième vague de contaminations par le COVID-19. Parmi elles, le développement d’une application pour le contact tracing, la disponibilité d’une capacité de tests massive et rapide, la disponibilité de matériel de protection adéquat ... D’autre part, il faut miser sur des mesures pour soutenir notre économie à moyen terme et garantir un retour à une croissance saine pour les prochaines années. Pour ce faire, la FEB a lancé un plan de relance 4x4 turbo qui se focalise sur 4 grands piliers pour renforcer la compétitivité de nos entreprises, faciliter la transition environnementale et digitale et accompagner les chômeurs de manière plus intensive vers un nouvel emploi. « Turbo » fait référence à la nécessité urgente de prendre des décisions; « 4 » fait référence aux 4 piliers que sont l'économique, le social, l'écologique et le numérique.

Nous espérons que le nouvel élan dans les débats en vue de la formation d'un gouvernement débouchera sur un véritable gouvernement de relance. Si toutefois cela devait échouer, nous nous dirigerions inévitablement vers de nouvelles élections et il faudrait encore attendre au minimum six mois avant d'avoir une politique de relance réfléchie. On risquerait alors de devenir à nouveau le canard boiteux de l'Europe, avec une explosion de la dette et un taux de chômage élevé comme à la fin des années '70 et au début des années '80. Les conséquences économiques s'en feraient ressentir pendant plusieurs dizaines d'années...

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