Le nombre d’entreprises en danger croît de manière préoccupante

Environ 10 mois après le début de la crise du coronavirus, de nombreuses entreprises sont toujours en grande difficulté. La deuxième vague accroît même leur nombre, comme l’indiquent de nouveaux calculs de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) et de Graydon, spécialiste des informations d’entreprises, qui montrent que malgré les mesures de soutien, près de 30% des entreprises se trouvent dans une situation critique. Sans un plan de solvabilité mûrement réfléchi, nous connaîtrons dans les mois et les années à venir une vague inéluctable de faillites qui risquent de compromettre notre reconstruction économique.


Presse, COMMUNICATION & EVENTS
25 janvier 2021

Malgré les mesures de soutien, 1 entreprise sur 5 est au bord de la faillite

Après une reprise timide durant l’été, la deuxième vague du coronavirus au début du mois de novembre a à nouveau gravement touché l’économie belge. En l’absence des mesures gouvernementales prises depuis le début de la crise, près de la moitié (49,6%) des entreprises éprouveraient aujourd’hui d’importantes difficultés financières. Grâce à ces mesures, le pourcentage a pu être ramené à 29,8%. Si l’on fait abstraction des entreprises déjà en difficulté avant la crise, on obtient un pourcentage de 20,1% d’entreprises en situation précaire. Cela signifie donc qu’une entreprise sur cinq parmi celles qui étaient parfaitement saines avant la crise est aujourd’hui confrontée à d’importants problèmes de liquidités. À titre de comparaison, dans notre analyse commune du mois de septembre après la première vague, cela concernait 16,2%, soit une entreprise sur six. Le nombre d’entreprises au bord de la faillite augmente donc considérablement.

Cash drain – les réserves des entreprises se vident

De plus, il ne fait aucun doute que les entreprises qui étaient saines avant la crise et qui disposent aujourd’hui encore de réserves importantes sont tout aussi susceptibles de subir les effets négatifs de la crise du coronavirus. Elles doivent puiser pleinement dans leurs réserves, ce qui réduit leur assise et conduit inexorablement à moins de nouveaux investissements à long terme.

Ce sont les petites et jeunes entreprises qui souffrent le plus

Il apparaît également que les entreprises plus jeunes et de plus petite taille souffrent proportionnellement plus de la crise que les entreprises plus anciennes et plus grandes.

C’est parmi les entreprises occupant jusqu’à 50 personnes (et plus particulièrement de 10 à 19 travailleurs) qu’on dénombre le plus d’entreprises en difficulté. Cette population affiche des besoins d’injection de liquidités pour un total de 43,6 milliards EUR. De manière générale, plus l’entreprise en difficulté compte de travailleurs, plus le besoin d’injection de liquidités est élevé.

Proportionnellement, les entreprises plus anciennes sont mieux armées que les jeunes. Parmi ces dernières (de moins de 4 ans), seule la moitié est capable de résister à la crise. Ce constat est alarmant dans la mesure où de nombreuses startups et scale-ups, représentant les entreprises de demain et commercialisant de nouvelles technologies expérimentales, pourraient disparaître et affecter ainsi notre potentiel de croissance à moyen et long terme.

Tous les secteurs sont en difficulté

Les problèmes au sein de l’horeca et du secteur événementiel sont, à juste titre et en permanence, au centre de l’attention. Ainsi, 42,6% des établissements horeca et 32% des entreprises du secteur événementiel ont été touchés à un point tel qu’ils se trouveront dans une situation critique au 31 janvier.

Toutefois, l’attention portée à ces secteurs fait oublier que presque chaque secteur d’activité compte une multitude d’entreprises qui se retrouvent aujourd’hui en difficulté suite à l’impact de la crise sanitaire. Dans des secteurs comme la métallurgie, les transports, l’industrie alimentaire et l’industrie automobile, un quart environ des entreprises se trouvent dans une situation particulièrement délicate. Un cinquième des entreprises appartenant aux secteurs du commerce, de l’industrie textile et de la construction se trouvent dans la même situation. Même au sein des secteurs traditionnellement solides, un groupe important d’entreprises est aujourd’hui en difficulté. Au sein de l’industrie chimique par exemple, plus de 13% des entreprises sont actuellement en grande difficulté suite à la crise.

Besoin d’un plan de solvabilité efficace

L’étude conjointe de la FEB et de Graydon est très alarmante. Outre les problèmes de liquidités qui se posent à nouveau, de nombreuses entreprises risquent également d’être confrontées à de graves problèmes de solvabilité.

« Malgré les mesures prises, un pourcentage important de nos entreprises ne parviendra pas à garder la tête hors de l’eau. Nous tablons sur environ 50.000 faillites ou liquidations spécifiquement liées au COVID, à savoir en plus des volumes habituels. Un tsunami prolongé s’étalant sur les mois et les années à venir, qui augmentera considérablement les chiffres annuels normaux (environ 10.000 faillites par an) », déclare Eric Van den Broele, directeur Research & Development de Graydon Belgium SA.

Pour éviter une vague de faillites, la FEB et Graydon préconisent un plan de solvabilité mûrement réfléchi et une série de mesures financières et fiscales pour soutenir la solvabilité sur le long terme. Ils pensent notamment à la réforme de la déduction des intérêts notionnels pour les petites entreprises, au renforcement des tax shelters, à la mobilisation du capital à risque et de l’épargne par le biais d’incitants appropriés tels qu’une nouvelle version de la loi ‘Cooreman-De Clercq’, à une exonération du précompte mobilier sur les prêts subordonnés et à la création d’un fonds de transition – comme prévu dans l’accord de gouvernement, mais étendu à l’épargne publique et aux investisseurs privés.

« Il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle, c’est que les mesures de soutien élaborées aux différents niveaux politiques pour consolider les liquidités ont porté leurs fruits. Mais la mauvaise, c’est que les entreprises sont en train d’épuiser leurs réserves et risquent de plus en plus de manquer d’oxygène. Nous nous dirigeons donc vers une grave crise de solvabilité, avec un risque élevé de faillite pour des milliers de petites, moyennes et même grandes entreprises. Un plan de solvabilité contenant des mesures financières et fiscales fortes, coordonnées à tous les niveaux de pouvoir, est la seule option pour éviter ce scénario », souligne Pieter Timmermans, CEO de la FEB.

Lien vers la note détaillée et vers les slides.

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