Plan pour la reprise et la résilience – Une opportunité que la Belgique ne peut manquer

Ce 30 avril 2021 au plus tard, la Belgique devra déposer son Plan national pour la reprise et la résilience (PRR) auprès de la Commission européenne. Face aux conséquences du COVID-19, ce sont 5,9 milliards EUR qui seront injectés dans l’économie belge via le PRR. Ce budget exceptionnel a été mobilisé par la Commission dans le cadre du financement ‘Next Generation EU’, mis en place pour relancer l’économie européenne. Budget qu’elle devra emprunter sur les marchés afin de le financer. Une première.


Pieter Timmermans, ADMINISTRATEUR DÉLÉGUÉ
03 mars 2021

Le Plan pour la reprise et la résilience doit aider à relancer l’économie en investissant massivement, tout en levant les freins structurels à la croissance. Les premières ébauches du plan sont actuellement discutées au sein d’un comité consultatif où les partenaires sociaux, dont la FEB, et la société civile sont représentés.

Investissements publics et privés, deux faces d’une même médaille

Le plan liste des investissements dans cinq grands domaines : 1. Climat, durabilité et innovation ; 2. Transformation numérique ; 3. Mobilité et travaux publics ; 4. Social et vivre ensemble ; 5. Economie du futur et productivité. Ces investissements doivent contribuer aux objectifs du Green Deal. Un montant équivalent à minimum 37% de l’enveloppe du plan est destiné à soutenir la transition écologique et un montant équivalent à minimum 20% à accélérer la transition numérique. Un critère essentiel pour tous les investissements est celui de ‘do not significant harm(1)’, c’est-à-dire qu’ils ne doivent pas se faire au détriment des objectifs climatiques et environnementaux.

Parallèlement au volet « investissements », des réformes structurelles sont également intégrées dans le plan. Elles sont de deux types : celles liées aux fiches d’investissements et celles qui doivent répondre aux CSR (Country Specific Recommandations(2)) 2019-2020 de la Commission européenne faites à la Belgique dans le cadre du Semestre européen. 

Le PRR est une opportunité de soutenir l'économie par le biais d'investissements publics, mais il fournit également un point d'ancrage pour les investissements privés (par exemple, le soutien à l'innovation). Globalement cependant, le PRR alloue peu de ressources directement à l’industrie, et ce, malgré les grandes attentes de cette dernière au niveau du Green Deal et de la lutte contre les changements climatiques.

Le PRR doit s’inscrire dans une vision à long terme

Dans le cadre des investissements au niveau fédéral, le PRR se doit d’être ambitieux et le gouvernement fédéral devrait définir une vision dans une série de domaines critiques (par exemple, l’énergie) ainsi qu’une stratégie d’investissements à court, moyen et long terme. En effet, un plan de relance est plus large et doit s’accompagner d’une stratégie d’investissements globale et transparente (montant, origine, financement…) qui engage le gouvernement fédéral au-delà des investissements du PRR.

Outre le financement des projets privilégiés par les autorités en soi, le PRR vise surtout à assurer une relance de l’économie et donc des entreprises privées. C’est pourquoi il devrait aller au-delà du simple fait de « remplir un cahier de commandes ». Il aurait tout intérêt à maximiser l’effet multiplicateur (en termes de nombre de projets, de création d’emplois…) et à permettre à nos industries et entreprises de se positionner sur les marchés de demain. L’intégration de nouveaux concepts et technologies (et donc une ouverture des autorités en la matière) dans les projets du PRR devrait être systématiquement envisagée en vue notamment de permettre aux entreprises d’innover, de développer et d’acquérir un know-how.

Au cours des prochaines semaines, la FEB et ses secteurs continueront de défendre les projets (émanant souvent du secteur privé) qui soutiennent le plus le potentiel de croissance à long terme de notre économie. Car, au-delà de ses actions visant à enrayer l’épidémie de COVID-19, le Plan pour la reprise et la résilience est une incroyable opportunité pour relancer l’économie et rendre notre pays plus prospère, plus résilient et plus vert sur le long terme.

Technical guidance on the application of “do no significant harm” under the Recovery and Resilience Facility Regulation

Council recommendation on the 2019 National Reform Programme of Belgium and delivering a Council opinion on the 2019 Stability Programme of Belgium

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