« Houston, nous avons un problème » : la poussée inflationniste entraîne une perte de compétitivité

La Commission de l’indice a approuvé aujourd’hui l’indice des prix à la consommation pour novembre 2021. Selon la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), les résultats sont pour le moins très inquiétants.

Le taux d’inflation le plus élevé depuis juillet 2008

En raison de l’augmentation des prix du gaz et de l’électricité principalement, l’inflation atteint déjà 5,6 %, le niveau le plus élevé depuis plus de 13 ans (5,9 % en juillet 2008).

En un mois, l’augmentation annuelle de l’indice santé est passée de 3,5 % en octobre à 4,8 % en novembre. La moyenne mobile de l’indice santé sur quatre mois, appelée indice lissé, est déjà supérieure de 3,22 % à celle d’il y a un an et ce taux va encore s’accroître dans les prochains mois (même sans dynamique inflationniste supplémentaire) pour atteindre 4,5 à 5 %.

 « L’indice santé lissé constitue la base des clauses d’indexation des CCT sectorielles ou d’entreprise. Les entreprises belges devront donc augmenter les salaires de 4,5 à 5 % en quelques mois, alors qu’un pourcentage de 2,8 % seulement était prévu dans le cadre de la loi salariale de 1996 pour l’ensemble de la période 2021-2022. En d’autres termes, cela signifie deux indexations en six mois », déclare Edward Roosens,Chief Economist de la FEB.

La marge de sécurité prévue dans la loi de 1996 (0,5 %) s’avérera donc largement insuffisante pour compenser la sous-estimation de l’indexation (d’environ 2 %). Nous nous dirigeons vers une détérioration immédiate de la compétitivité-coût de plusieurs points de pour cent pour les entreprises belges, avec toutes les conséquences que cela comporte pour les parts de marché à l’exportation et l’emploi.

Spirale salaires prix

Par ailleurs, cette évolution rend notre pays extrêmement vulnérable à l’apparition d’une spirale salaires prix. Pour l’instant, ce sont encore principalement les prix de l’électricité, du gaz naturel et du mazout qui sont à l’origine de la hausse de l’indice des prix à la consommation. Les augmentations de prix des autres produits y restent très limitées pour le moment. Cependant, avec la très forte augmentation des prix payés par les entreprises pour les matières premières intermédiaires depuis mai 2020 (+26 %), ces indexations salariales importantes vont également entraîner une augmentation des prix de nombreux autres biens. Si cela se traduit par de nouvelles indexations salariales, nous serons englués dans une spirale salaires prix qui, comme l’a montré le passé, a des conséquences désastreuses pour la compétitivité des entreprises et la création d’emplois.

Houston, nous avons un problème

Les dernières décennies ont clairement montré que la combinaison de taux d’inflation élevés et d’un système d’indexation automatique des salaires forme un cocktail particulièrement dangereux. La FEB demande donc aux partenaires sociaux et au gouvernement de réfléchir d’urgence aux mesures possibles pour briser cette spirale infernale salaires prix et d’examiner quels mécanismes de correction intermédiaires  peuvent être utilisés, comme le prévoit la loi de 1996.

L’évolution de l’inflation au cours des derniers mois montre aussi, une fois de plus, que, dans un contexte d’indexation automatique des salaires, cette loi est le minimum absolu pour contribuer à sauvegarder la compétitivité des entreprises et l’emploi dans le secteur privé. En fait, dans les circonstances actuelles, elle est même largement insuffisante.

« Le 6 décembre, les syndicats vont manifester, notamment pour l’abolition de la loi de 1996 sur la norme salariale. Au lieu de plaider pour la suppression de cette loi, il serait préférable de se demander sérieusement si notre pays — une petite économie ouverte — peut encore se permettre, en tant que seul et dernier pays européen (hormis le Luxembourg et Malte) de maintenir un système généralisé d’indexation automatique des salaires. Et ainsi d’être chaque fois vulnérable aux spirales salaires prix, à une détérioration rapide de la compétitivité des entreprises et à une perte massive de parts de marché et d’emplois dans le secteur privé. Allons-nous trébucher pour la énième fois sur la même pierre, ou les partenaires sociaux et le gouvernement sont-ils en mesure d’intervenir de manière proactive pour éviter une crise de la compétitivité ? », conclut l’administrateur délégué de la FEB, Pieter Timmermans.

Nos partenaires

Domaines d'action

Un environnement entrepreneurial optimal est essentiel à une économie saine et à une croissance durable. La FEB entend contribuer à la création et au maintien d'un tel environnement, notamment en suivant attentivement tous les dossiers qui touchent de près la vie des entreprises. Voici, regroupés sous 18 thèmes, les dossiers sur lesquels elle concentre ses réflexions et initiatives.


Newsletters FEB et communiqués de presse

Inscrivez-vous et recevez chaque semaine, dans votre boîte mail, les derniers articles parus.