Faut-il craindre une tempête économique ?

Le lundi 28 mars 2022, la BNB a publié exceptionnellement, en raison de la guerre en Ukraine, une mise à jour intermédiaire de ses prévisions économiques et budgétaires. Selon l’analyse de la BNB, l’exposition directe de l’économie belge à la Russie et à l’Ukraine via les relations commerciales est relativement limitée. Toutefois, le conflit russo-ukrainien impacte indirectement l’économie belge via les importantes répercussions sur les prix internationaux de l’énergie et des matières premières, la baisse de la confiance des consommateurs et la situation budgétaire des administrations publiques belges.


Pieter Timmermans, ADMINISTRATEUR DÉLÉGUÉ
30 mars 2022

Ce contexte pousse donc la BNB à revoir ses prévisions de croissance à la baisse à 2,4% pour 2022, à 1,5% pour 2023 et à 1,9% pour 2024 (contre respectivement 2,6%, 2,4% et 1,6% dans les prévisions d’automne 2021).

En ce qui concerne l’inflation, la prévision de la BNB est fortement revue à la hausse à 7,4% en moyenne pour 2022 (contre 4,9% selon les prévisions d’automne 2021), en raison de la hausse des prix de l’énergie et des matières premières qui contribueraient à maintenir le taux d’inflation à plus de 5% jusqu’à la fin de l’année 2022. Pour 2023 et 2024, la BNB table momentanément toujours sur une baisse des prix de l’énergie qui devrait se traduire par une normalisation du taux d’inflation à 2,2% en moyenne en 2023 et à 1,1% en 2024.

La BNB souligne toutefois que l’accélération de l’inflation induira au travers des indexations salariales une nouvelle perte de compétitivité pour les entreprises belges. Pour la période 2022-2023, les coûts salariaux horaires du secteur privé en Belgique devraient augmenter de plus de 10% et de près de 13% si on inclut l’année 2024 ! Dans les pays voisins, l’augmentation sera quant à elle plus lente et progressive puisque ces pays n’appliquent pas de mécanisme d’indexation automatique. La compétitivité-coût des entreprises belges sera donc de facto défavorablement impactée relativement à celle des pays voisins.

Des prévisions entourées d’une plus grande incertitude

La BNB le reconnaît, les incertitudes qui entourent son exercice de projection sont plus importantes que d’habitude (incertitude quant au contexte géopolitique, grande volatilité des prix de l’énergie et des matières premières  et forte réactivité des marchés financiers). Elle a toutefois opté pour adapter son scénario de prévisions établi à l’automne 2021 tout en le qualifiant de « plausible, mais qui ne reflète en aucun cas l’incidence du pire scénario ». Dans ce scénario, elle écarte momentanément la possibilité d’une lourde récession ou d’une stagflation économique (situation de croissance économique faible ou nulle avec une forte inflation), elle table sur une normalisation des prix de l’énergie à l’horizon 2024 et n’envisage pas de spirale prix-salaires à long terme.

L’importance de préserver la compétitivité des entreprises

Pour la FEB, il est crucial de préserver la compétitivité des entreprises dans ce contexte de grande incertitude. La Belgique est une petite économie ouverte très dépendante des relations commerciales avec ses pays voisins (les exportations représentent près de 80% de la valeur ajoutée produite en Belgique). La Belgique est également dans le top 3 des pays de l’Union européenne en termes de coûts salariaux horaires (cf. graphique). Les entreprises belges ne peuvent donc pas se permettre une nouvelle perte de compétitivité au risque de perdre des parts de marché voire de se retrouver en faillite avec, à la clé, de nombreuses pertes d’emplois.

Coûts salariaux horaires en 2021 (en euro, pour l’industrie, la construction et les services à l’exclusion des administrations publiques, entreprises de 10 travailleurs et plus)

Source : Eurostat.

Dans ce contexte, il est au minimum nécessaire que la Loi de 1996 sur la sauvegarde de la compétitivité et la promotion de l’emploi soit appliquée strictement. Toutefois, l’application de la Loi de 1996 risque de ne pas être suffisante pour préserver la compétitivité des entreprises. C’est pourquoi la FEB demande aux partenaires sociaux et au gouvernement de réfléchir d’urgence aux mesures complémentaires possibles à prendre pour contrer au mieux cette vague d’inflation mais également pour sauvegarder la compétitivité de nos entreprises.

Mieux vaut prévenir que guérir… 

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