La COP26 peut-elle être qualifiée de succès ou non ?

La COP26 a eu lieu à Glasgow du 31 octobre au 12 novembre. Avec un jour de retard, les 197 pays participant à la 26e conférence des Nations unies sur le climat sont finalement parvenus à un accord sur la politique climatique mondiale. Il y a deux ans, nous avions jugé l’accord de la COP25 décevant, principalement parce que toutes les décisions importantes avaient été reportées à la COP26. Ces décisions ont-elles été prises cette fois-ci ? Et comment devons-nous évaluer l’accord conclu ?


Sebastiaan Marien, CENTRE DE COMPÉTENCE ÉNERGIE, CLIMAT & MOBILITÉ
17 novembre 2021

Dans la perspective de la COP26, la FEB avait mis en avant deux priorités importantes, à savoir un relèvement des ambitions climatiques des différents pays et un accord sur l’article 6 (qui doit permettre un marché mondial du carbone). Ces deux points sont repris dans l’accord qui a été conclu.

Relèvement des ambitions climatiques

Les 197 pays réaffirment leur engagement à limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C, reconnaissent que l’impact du changement climatique sera moindre s’ils limitent le réchauffement de la planète à 1,5 °C plutôt qu’à 2 °C et reconnaissent également que limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C nécessite des réductions rapides, profondes et durables des émissions de gaz à effet de serre.

C’est la première fois que la limitation du réchauffement de la planète à 1,5 °C est présentée aussi clairement comme un objectif de la politique climatique mondiale. Cela semble indiquer une plus grande prise de conscience du problème climatique. Toutefois, le seul fait de formuler cet objectif n’apporte rien. Il ne pourra être atteint que si les pays relèvent clairement leurs ambitions climatiques, comme l’a déjà fait l’UE. Dans les mois à venir, les pays devront donc soumettre de nouvelles NDC (= efforts climatiques qu’un pays s’engage à faire). Par la suite, il faudra voir si l’ensemble de ces efforts promis permet d’atteindre l’objectif de 1,5 °C. 

Article 6

L’article 6 de l’Accord de Paris décrit le principe d’un marché international des émissions de gaz à effet de serre. Grâce à ce marché, une réduction prévue qui n’est pas réalisée peut être compensée par une réduction supplémentaire dans d’autres pays afin d’atteindre quand même la neutralité climatique au niveau mondial. L’élaboration de l’article 6 impliquait qu’il fallait encore créer un cadre sur la manière dont les pays peuvent conclure des accords à ce sujet entre eux, dont ils doivent être enregistrés et dont les réductions doivent être calculées. Le fait qu’un accord ait été trouvé à ce sujet est certainement un premier pas dans la bonne direction. Dans ce cadre, nous constatons  que le principe de base de la COP précédente, à savoir « mieux vaut pas d’accord qu’un mauvais accord », n’a pas été oublié. 

D’autres éléments positifs de l’accord sont l’intention de réduire les émissions de méthane et de mettre fin à la déforestation d’ici à 2030. En revanche, l’accord de la COP26 ne prévoit pas la suppression définitive du charbon, mais uniquement une réduction de son utilisation. Et la promesse de l’accord de Paris de fournir 100 milliards de dollars par an aux pays en développement d’ici à 2020 n’a toujours pas été tenue. Sans parler de l’absence d’accords clairs sur l’augmentation convenue du budget à partir de 2025. 

FEB – En résumé, on peut dire que contrairement à l’accord de la conférence climatique précédente, celui-ci contient quelques accords clairs et prometteurs. Cependant, il reste un certain nombre de décisions urgentes et nécessaires sur la table pour la COP27. Dans l’intervalle, les pays devront montrer qu’ils prennent la situation au sérieux en renforçant leurs ambitions climatiques. Dans l’ensemble, nous osons quand même formuler une évaluation positive prudente de cette conférence climatique et de l’accord qui y a été conclu.

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