Carburants «bas carbone» – L’électricité, mais pas seulement

Aujourd’hui, pour des raisons climatiques, l’attention dans le domaine des transports se focalise sur le déploiement des véhicules électriques – du moins pour les véhicules légers comme les voitures, les motos et utilitaires légers – et, dans une moindre mesure, sur les véhicules au gaz. Mais d’autres alternatives verront le jour. 


Olivier Van der Maren, CENTRE DE COMPÉTENCE ÉNERGIE, CLIMAT & MOBILITÉ
07 septembre 2020

À moyen terme, on parle d’hydrogène et de piles à combustible ainsi que de carburants liquides bas carbone (les « low-carbon liquid fuels ou LCLF »). Sans entrer dans les détails, les LCLF sont en cours de développement. Ils sont neutres ou presque neutres en CO2, ont une haute densité énergétique, sont fongibles dans les carburants actuels et leur distribution ne demande pas d’adaptation particulière du circuit de distribution. Ils sont produits à partir de biomasse ou d’électricité verte converties en carburant liquide ou gazeux climatiquement neutre.

Si le véhicule électrique a des avantages évidents, notamment en termes d’émissions, son déploiement à court ou moyen terme à grande échelle présente des nombreux défis encore à relever en termes de réseaux électriques, de bornes de recharge publiques, d’autonomie et de temps de charge. Sans parler de la dépendance stratégique de l’Europe pour ce qui est des terres rares. Le gaz, de son côté, ne soulève pas ces inquiétudes, à fortiori dans un pays très bien connecté et interconnecté comme la Belgique.

Quant à l’hydrogène ou aux carburants liquides bas carbone, ils sont en cours de développement et auront à terme un rôle à jouer, probablement pour des types de transport plus lourds (poids lourds, bateaux ou avion). In fine, ce sont les caractéristiques de chaque carburant (densité énergétique, coût, canal de distribution, stockage …) qui – en plus de leur faible impact ou absence d’impact sur le climat – devraient déterminer leur place dans le mix des carburants de demain … MAIS cela si et seulement si on laisse à chacun d’eux sa chance. Ne pas le faire impliquerait de se priver d’une solution efficace tant du point de vue technologie qu’en termes de coûts.

Complémentarité des solutions
En effet, de l’avis de nombreux experts, ce n’est pas « un carburant » ou « une technologie » qui permettra de relever à lui seul ou à elle seule le défi des changements climatiques liés aux divers types de transport mais bien une diversité et une complémentarité de solutions : électricité, gaz vert, hydrogène (vert ou bleu) et LCLF.

Dans ce cadre, une approche neutre technologiquement – défendue par la FEB – consiste à laisser à chaque carburant ou technologie sa chance, sur la base de ses mérites (peu ou pas de CO2, d’émissions de polluants atmosphériques, moindre coût …). Ceci implique que les pouvoirs publics, dans leurs politiques, imposent des résultats, des normes à respecter en vue d’atteindre l’objectif environnemental recherché et non des exclusives, sous forme d’interdiction par exemple.  

Il convient donc de concevoir des législations et réglementations en ce sens. Aux industriels, d’explorer différentes pistes et de proposer au marché une manière efficace de répondre aux normes environnementales et climatiques fixées. En agissant de la sorte, les meilleures solutions technologiques devraient avoir la possibilité de se développer.

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