La Belgique peut réduire ses émissions de CO2, mais cela ne sera pas facile à réaliser

La poursuite des réductions des émissions de gaz à effet de serre belges d'ici à 2030 est possible à condition de réaliser des investissements considérables et de surmonter plusieurs obstacles. C'est ce qui ressort d'une étude du Boston Consulting Group (BCG) réalisée à la demande de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB). L’objectif poursuivi par l’étude, dont le rapport est présenté aujourd’hui à la FEB en présence de nombreux chefs d’entreprise, consiste à analyser les options dont dispose notre pays pour diminuer ses émissions de CO2.

Bernard Gilliot, PRÉSIDENT
19 juin 2019

Par le biais de l'étude réalisée par le BCG, la FEB entend dresser un état de la situation clair des différentes options dont dispose la Belgique pour réduire ses émissions de CO2 à l'horizon 2030, des recettes ou coûts de chacune d'entre elles et des principaux obstacles à leur réalisation.

Il n'est pas exagéré de dire que la Belgique est confrontée à un défi énorme. Les secteurs non ETS, soumis à un objectif national, n'ont réalisé que très peu de progrès au cours des dernières années. L'étude BCG montre pourtant qu'il existe des pistes, comme la rénovation en profondeur des bâtiments et le déploiement d'une mobilité électrique. L'étude révèle clairement aussi que d'importantes mesures complémentaires seront nécessaires pour atteindre l'objectif fixé pour 2030. Dès lors, il est essentiel de relever le niveau de la politique climatique belge, en commençant par l'amélioration du projet de Plan National Energie-Climat (PNEC), à ce jour insuffisamment cohérent, étayé et concret.

Pour ce qui est des secteurs industriels soumis à l'ETS, diverses mesures peuvent encore être prises pour améliorer l'efficience énergétique, même s’il est évident que leur potentiel diminue progressivement et que pour éviter de grandes quantités d'émissions, il faudra se tourner vers d'autres solutions telles que l'utilisation de la biomasse comme source énergétique ou le stockage et le recyclage du CO2. Or, ces mesures ne sont pas évidentes. Elles représentent un coût substantiel que les entreprises ne peuvent pas toujours répercuter, car les entreprises étrangères non européennes concurrentes ne doivent pas atteindre les mêmes ambitions climatiques. Il faudra en outre effectuer des travaux d'infrastructure coordonnés intenses en capital et des problèmes pourraient survenir au niveau de leur acceptation publique. Un débat ouvert s'impose dès lors à ce sujet.

L'étude conclut sur un constat très pertinent dans le contexte belge, à savoir la nécessité d'une politique stable à long terme, opérant des choix mûrement réfléchis. La FEB est convaincue que le dossier énergétique sera l'une des principales priorités des prochains gouvernements fédéral et régionaux, parallèlement au marché du travail et à la problématique de la mobilité. Un taux d'emploi plus élevé, une réduction des embouteillages et une politique énergétique cohérente constituent en effet de sérieux atouts pour relever les défis du futur.

La FEB et ses fédérations sectorielles sont donc favorables à une vision énergétique à long terme et facilitant les investissements nécessaires. Cela requiert avant tout une bonne collaboration intrabelge, mais aussi une coopération avec les pays voisins et au niveau européen. En effet, certains défis peuvent difficilement être relevés à l'échelle nationale, comme la réduction des émissions des poids lourds.


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