Qui va garantir notre approvisionnement électrique ?

Il y a quelques jours, la Cour constitutionnelle a décidé que les réacteurs nucléaires Doel 1 et 2 devraient potentiellement fermer plus vite que prévu. En effet, si l’on ne dispose pas d’une étude d’incidences environnementales pour la prolongation de ces deux réacteurs d’ici à décembre 2022, ils devront être arrêtés. La question qui nous préoccupe aujourd’hui est de savoir qui agira à temps pour éviter des pénuries d’électricité.

 


Pieter Timmermans, DIRECTION GÉNÉRALE
11 mars 2020

Permettez-moi tout d’abord de remonter dans le temps. J’imagine que, pour la plupart des gens, la saga de la sortie du nucléaire n’est plus très claire. En 2003, le gouvernement arc-en-ciel de l’époque avait décidé de fermer les réacteurs nucléaires en 2015, après 40 années de service, et de ne plus produire d’électricité d’origine nucléaire. Fin 2015, le gouvernement précédent a décidé de prolonger de dix ans la durée de vie des réacteurs Doel 1 et 2, fixant ainsi à 2025 la sortie du nucléaire. 

L’insécurité règne
La semaine dernière, la Cour constitutionnelle est toutefois parvenue à la conclusion qu’il aurait fallu un rapport d’incidences environnementales (RIE) pour décider, en 2015, de prolonger la durée de vie des deux réacteurs. Par conséquent, ils seront mis à l’arrêt en 2022 (au lieu de 2025), sauf décision contraire prise dans l’intervalle sur la base d’une étude d’incidences environnementales. 

Dans sa stratégie énergétique, le gouvernement fédéral a décidé à la fin de l’année dernière d’instaurer un mécanisme de rémunération de la capacité. Pour celui-ci, cette rémunération devrait permettre de développer de nouvelles capacités de production, afin de garantir notre sécurité d’approvisionnement après la fermeture des réacteurs nucléaires. Mais... ce dossier relatif à la rémunération de la capacité n’a-t-il pas été qualifié d’incomplet et d’imprécis par la Commission européenne ? Comment la capacité requise sera-t-elle calculée ? Et qui payera ? Des questions importantes restent sans réponse. De plus, la Commission européenne envisage une analyse approfondie de notre mécanisme de rémunération de la capacité, ce qui peut prendre environ 18 mois. Dès lors, la mise en place en temps opportun d’un tel mécanisme pour garantir notre approvisionnement en électricité est très incertaine. En attendant, le temps passe inexorablement et personne ne semble être conscient de la gravité de la situation.

Une preuve significative de plus que notre pays a besoin d’une vision énergétique claire à long terme. Comment allons-nous nous approvisionner en énergie ? Comment garantir des prix compétitifs ? Et comment concilier le tout avec nos objectifs climatiques ? Cette vision énergétique claire, cela fait des années que la FEB l’appelle de ses vœux. Mieux encore... En 2017, la FEB avait déjà élaboré une proposition de vision énergétique avec de nombreux acteurs concernés. Nos décideurs politiques ne semblent toutefois pas mesurer l’importance de définir une vision énergétique. Ils attendent toujours la dernière minute pour prendre une décision. Et il n’est pas rare qu’ils changent d’avis. En agissant de la sorte, ils font largement fi des conséquences économiques liées à une potentielle pénurie d'électricité.

Besoin d’action
À cette vision énergétique inadéquate (ou inexistante) viennent s’ajouter un plan national en matière de climat qui n’indique pas clairement comment nous allons atteindre l’objectif de réduction des émissions de 35% d’ici à 2030 ainsi qu’une stratégie climatique à long terme qui soulève encore bien des questions. 

Si nous voulons éviter que nos familles et nos entreprises soient privées d’électricité, nous avons d’urgence besoin d’un gouvernement de plein exercice qui traite les dossiers énergétique et climatique avec le sérieux nécessaire. D’où mon appel urgent : définissons, en concertation avec toutes les parties prenantes (entreprises, familles, etc.), une vision énergétique et climatique bien étayée et largement soutenue pour notre pays, de sorte qu’un système énergétique compétitif, durable et sûr puisse être garanti. Mais la priorité des priorités, c’est d’avoir un gouvernement fédéral qui puisse prendre des décisions rapidement.

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