Un plan de crise pour le secteur de la logistique ?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que nous n’étions pas bien préparés aux conséquences du COVID-19. Cela doit nous inciter à ne pas nous laisser surprendre une seconde fois. Lorsque l’épidémie a amorcé son déclin dans notre pays, les scientifiques ont à plusieurs reprises mis en garde contre la possibilité d’une deuxième vague. En Chine, en Allemagne et en Belgique également, de nouveaux foyers ont déjà été signalés. Quelles dispositions ont été prises pour éviter un potentiel nouveau chaos dans la logistique ?

 


Sofie Brutsaert, CENTRE DE COMPÉTENCE ÉNERGIE, CLIMAT & MOBILITÉ
01 juillet 2020

Les mesures de début mars ont été prises en catastrophe, à une époque où les connaissances sur la nature exacte du virus étaient limitées. Une évaluation des décisions adoptées semble donc opportune, ainsi que quelques recommandations formulées sur la base des expériences vécues.

Le secteur logistique, largement transfrontalier, a été victime de la fermeture soudaine des frontières et d’une profusion de règles nationales. L’UE n’est pas parvenue à assumer un rôle de coordination clair et la Belgique n’a pas été en mesure de communiquer de façon univoque sur le terrain ni de mener une politique allant dans le même sens que celle menée par les pays voisins.

La crise sanitaire a pourtant montré, plus que jamais, à quel point notre société dépend du transport de marchandises. Même si toute l’économie était à l’arrêt, l’approvisionnement de denrées alimentaires, de médicaments et de bien d’autres produits s’est révélé tout simplement indispensable. Il est dès lors essentiel de conclure des accords clairs permettant aux entreprises logistiques de mener à bien cette tâche sociétale fondamentale, tout en garantissant la sécurité nécessaire pour les travailleurs actifs dans ce secteur.

Le secteur – notamment à travers la Logistics Resilience Task Force mise en place par le VIL (plate-forme d’innovation pour la logistique en Flandre) et à laquelle la FEB participe – espère ainsi qu’une concertation sera menée en vue de l’élaboration d’un plan de crise clair et échelonné dans le cas où une telle situation viendrait à se reproduire. Celui-ci devra reprendre des ensembles de mesures coordonnées aux différents niveaux de pouvoir.

De nombreux problèmes rencontrés dans le secteur de la logistique étaient notamment liés aux incertitudes concernant la durée de validité des attestations, certificats, inspections et autres. En effet, les organismes d’inspection et les centres de formation, par exemple, ont fermé leurs portes assez rapidement. Depuis le 4 juin, le règlement UE 2020/698 vise à apporter une certaine structure et harmonie à ce niveau au sein de l’Union. En règle générale, les dates de validité sont prolongées de 7 mois pour les documents devant être renouvelés entre les mois de février et d’août de cette année. Les autorités fédérales sont en train d’adapter toutes les mesures prises au niveau national à ce règlement. Il semble dès lors que la machine de la concertation soit enfin lancée au niveau européen.

Ce règlement pourra peut-être également servir de point d’appui en cas de recrudescence de l’épidémie. Néanmoins, il est important pour le secteur que la Belgique ne se contente pas seulement de suivre les règles européennes. Le secteur demande notamment une concertation active, en priorité avec les pays voisins directs, entre les Régions et entre les différents niveaux de pouvoir. En outre, l’appel à pouvoir travailler sans contact est plus fort que jamais. Cela nécessite l’introduction accélérée de documents de transport numériques et d’une approche multimodale à ce niveau.

Par conséquent, ce n’est certainement pas parce que la situation semble maîtrisée pour le moment qu’il faut rester les bras croisés !

Vous trouverez de plus amples informations concernant les travaux de la Logistics Resilience Task Force sur le site web du VIL : www.vil.be.

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