Le chaos du transport maritime affecte lourdement les entreprises belges

La crise du coronavirus a grippé sérieusement les rouages du transport maritime, entraînant des retards importants dans l’approvisionnement en matières premières, et ce à des prix sans précédent. Pour les entreprises belges, déjà aux prises avec des carnets de commandes très maigres, ces contretemps dans la chaîne d’approvisionnement sont le coup de grâce. Pas de matières premières, cela signifie pas de production et les produits finis ne sont plus compétitifs sur le marché en raison des coûts de transport très élevés. Les entreprises touchées ont besoin d’aide de toute urgence.

 


Sofie Brutsaert, CENTRE DE COMPÉTENCE ÉNERGIE, CLIMAT & MOBILITÉ
10 février 2021

Cela a commencé par l’arrêt de la production en Chine au début de l’année dernière, suivi par les lockdowns instaurés dans d’autres parties du monde. Le secteur maritime en fut la première victime. Tous les navires affrétés ont été retirés de la circulation. C’est alors que s’est produit un grand bouleversement. L’organisation précipitée de millions de bureaux à domicile, l’acheminement d’aide sanitaire et humanitaire, l’essor des ventes en ligne : tous ces éléments ont créé une demande sans précédent pour le transport maritime. Peu après, il y a eu le pic saisonnier qui amène des masses de décorations d’Asie en Europe à la période de Noël. La pénurie de capacité maritime – malgré le redéploiement de tous les navires affrétés possibles – est restée aiguë. Les prix ont augmenté, les chargements ont été et sont toujours reportés ou reprogrammés, les tarifs convenus antérieurement ne sont plus tenables. De plus, de nombreux conteneurs vides se trouvent dans les mauvais ports et il y a une pénurie d’équipements à d’autres endroits. Certains ports ne peuvent plus gérer le trafic et il y a des embouteillages pour le déchargement des navires. En raison de la crise sanitaire, le personnel maritime n’a pas été remplacé et sur de nombreux navires, l’équipage a fêté Noël à bord pour la deuxième fois à la fin de l’année dernière, sans avoir mis pied à terre. 

Les effets concrets pour les entreprises ne se sont pas fait attendre. Les tarifs anormalement élevés affectent la compétitivité de nos entreprises sur le marché mondial. Les voyages annulés entraînent des retards dans la livraison des matières premières nécessaires. Ces problèmes se posent non seulement dans les entreprises belges, mais aussi dans le reste de l’Europe, en particulier pour les petites entreprises qui disposent de moyens financiers moins importants. Ainsi, en France, certaines entreprises ont dû déposer leur bilan uniquement à cause de ces circonstances. L’organisation patronale européenne BusinessEurope a soumis la problématique à la DG GROW.  

Une étude plus générale de la FEB a démontré récemment que presque chaque secteur d’activité compte une multitude d’entreprises qui se retrouvent aujourd’hui en difficulté suite à l’impact de la crise sanitaire. Dans des secteurs comme la métallurgie, les transports, l’industrie alimentaire et l’industrie automobile, un quart environ des entreprises se trouvent dans une situation particulièrement délicate. Un cinquième des entreprises appartenant aux secteurs du commerce, de l’industrie textile et de la construction se trouvent dans la même situation. Même au sein des secteurs traditionnellement solides, un groupe important d’entreprises est aujourd’hui en difficulté. Au sein de l’industrie chimique par exemple, plus de 13% des entreprises connaissent aujourd’hui des problèmes aigus qui ne sont certainement pas uniquement liés à la situation du marché local, mais qui sont provoqués par une multitude de facteurs – dont les difficultés dans les transports internationaux.

« Nous nous dirigeons vers une grave crise de solvabilité, avec un risque élevé de faillite pour des milliers de petites, moyennes et même grandes entreprises. Un plan de solvabilité contenant des mesures financières et fiscales fortes, coordonnées à tous les niveaux de pouvoir, est la seule option pour éviter ce scénario », a déclaré Pieter Timmermans, CEO de la FEB. Ce plan est d’une extrême urgence.

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