Solidarité entre les chargeurs et les prestataires de services logistiques (COVID-19)

Il y a quelques semaines, le coronavirus nous semblait encore une réalité bien éloignée, mais depuis nous prenons conscience chaque jour de la fragilité de la vie et de notre mode de vie – un engrenage bien huilé dans lequel chacun dépend des autres. L’idée que ce n’est qu’ensemble – tout en respectant les distances physiques – que nous parviendrons à combattre l’ennemi n’est pas un slogan creux.


Sofie Brutsaert, CENTRE DE COMPÉTENCE ÉNERGIE, CLIMAT & MOBILITÉ
01 avril 2020

Mais en cette période de stress, il n’est pas simple de regarder au-delà de sa propre survie à court terme. Il en va ainsi pour les individus, mais aussi pour les entreprises. L’instinct de survie l’emporte parfois sur le bon sens. Les maillons les plus faibles de nos secteurs économiques subissent la plus forte pression.

Dans le secteur logistique, on constate que ce sont souvent les entrepreneurs indépendants qui sont en grande difficulté. Suite à l’arrêt d’une partie des entreprises de production, la demande de transport a diminué globalement. Des contrats sont annulés, des voyages décommandés. La loi de la jungle l’emporte ici et là sur la solidarité. L’envoi d’un chauffeur en Italie ou en Espagne risque de coûter plus qu’avant, mais les situations où les prix sont en chute libre sont encore plus inquiétantes. De nombreux transporteurs et bateliers sont contraints d’accepter des rémunérations qui ne couvrent pas le coût du transport. Le coronavirus est l’argument invoqué pour ne pas payer des indemnités légalement dues ou les réduire de moitié. Certaines ‘clauses corona’ font porter l’intégralité des risques supplémentaires par le prestataire de service. Des chauffeurs se voient refuser l’accès aux installations sanitaires et ne peuvent assurer leur hygiène de base pendant leur journée de travail. Des bateliers sont insultés parce qu’ils font des stocks de nourriture pour plusieurs semaines de navigation avec plusieurs hommes à bord.

Or, ce secteur ne figure pas sur la liste des professions cruciales. Nombre d’entre nous sont en sécurité à la maison et ont accès en ligne à tous les produits imaginables, avec livraison à domicile. Nos supermarchés nous offrent assez de marchandises pour pouvoir préparer chaque jour un repas varié. Les hôpitaux et les maisons de repos sont suffisamment approvisionnés pour pouvoir faire leur travail. Le secteur alimentaire reçoit une grande partie de ses matières premières par voie navigable. Le gaz et le pétrole arrivent par bateau, de même que le matériel de base pour la fabrication de papier toilette. Les bananes et le riz viennent par la mer. Ces produits ainsi que les produits finis doivent rejoindre leur destination finale, souvent par la route. Les déchets doivent être enlevés. On ne soulignera jamais assez le rôle crucial du secteur logistique dans notre vie.

S’il est vrai que l’on observe de belles choses et que de nombreuses entreprises ont pris très vite des initiatives positives, nous voulons appeler chacun explicitement à ne pas oublier son humanité. Cela n’a aucun sens de faire payer aux plus faibles le prix du préjudice que ce virus cause à tous sans distinction. La FEB plaide donc pour la solidarité entre les entreprises, jusqu’au dernier maillon de la chaîne. Elle condamne les parties qui abusent de la situation. Ceux qui ne survivront pas aujourd’hui ne pourront plus jouer un rôle demain lorsque l’économie reprendra. Évitons les souffrances humaines et économiques inutiles.

Nos partenaires

Domaines d'action

Un environnement entrepreneurial optimal est essentiel à une économie saine et à une croissance durable. La FEB entend contribuer à la création et au maintien d'un tel environnement, notamment en suivant attentivement tous les dossiers qui touchent de près la vie des entreprises. Voici, regroupés sous 18 thèmes, les dossiers sur lesquels elle concentre ses réflexions et initiatives.


Newsletter FEB IMPACT

Inscrivez-vous et recevez chaque semaine, dans votre boîte mail, les derniers articles parus.