Journée internationale des femmes 2020. Il faut davantage de modèles féminins

Le 8 mars, c’est la Journée internationale des femmes. L’initiative reste pertinente, même en 2020... Cette année, le thème de la journée est la construction d’un monde égalitaire entre les sexes, au niveau tant individuel que collectif. Les modèles jouent un rôle crucial à cet égard. C’est pourquoi la FEB tient à mettre des modèles féminins à l’honneur. Vous trouverez dans ce Direct une opinion de Christ’l Joris, présidente d’ETAP Lighting International et membre du Comité stratégique de la FEB, ainsi que plusieurs vidéos inspirantes de femmes qui témoignent de l’importance d’une plus grande diversité sur le lieu de travail, y compris en matière de genre.

Christ’l Joris

« Ai-je le bon profil ? »

Je peux me souvenir, en ma qualité de femme d’expérience, de mes nombreuses années en tant qu’administrateur de diverses organisations. La Journée internationale des femmes ce 8 mars est un moment fort pour partager avec d’autres femmes… et avec des hommes les leçons que j’en ai tirées. En espérant que mes réflexions personnelles pourront être source d’inspiration.

Osons-nous nous lancer ?
On m’a souvent sollicitée pour un mandat d’administrateur ou une autre fonction. Bien souvent, j’ai demandé « Ai-je le bon profil ? ». D’expérience, je sais que c’est une question que posent principalement les femmes. À première vue, c’est une question logique et légitime, mais pour certains elle semble être le reflet d’une hésitation, d’un doute à propos de ses propres talents, de son engagement. La conséquence est alors que l’entretien tourne court au profit d'un autre candidat. Quelqu’un qui semble ne pas hésiter.

Riche de mes nombreuses expériences, je ne pose plus cette question à voix haute. Et je la formulerais désormais autrement : « Pouvez-vous m’en dire plus sur ce mandat et pourquoi pensez-vous que je suis une candidate appropriée ? ». Ce faisant, j’applique le sage conseil que mon père donnait à ses enfants : « Un peu de confiance en soi ne fait pas de mal ». C’était un des messages parentaux, au même titre que : « Repoussez les limites », « Quittez votre zone de confort » et « Lorsque vous prenez un engagement, menez-le à bien activement pour qu’on vous connaisse ».

Cela n’est pas toujours facile pour une jeune femme dans le monde des affaires, d’autant plus que — c’est le moins qu’on puisse dire — nous n’y sommes pas surreprésentées. Mais ne vous découragez pas, mesdames !

Bien sûr, j’ai subi des réactions hargneuses. Celle qui me revient à l’esprit est la plus insultante de toutes. Lors de ma nomination comme administrateur du Vlaamse dienst voor buitenlandse handel, un homme a lâché : « Bientôt, ils nommeront même un chien avec un chapeau ». Ces propos m’ont désarçonnée, mais d’autres messieurs de l’organisation m’ont calmée et se sont excusés pour leur collègue. J’ai donc surtout retenu le positif, à savoir que de nombreuses personnes se réjouissent de la diversité.

Faisons-nous aussi bien …
… que nos collègues masculins ?

« Oui, j’ai été une bonne présidente ». J’ose l’affirmer sans rougir et je suis fière de mes mandats présidentiels dans d’importantes organisations.

Outre ce « petit peu de confiance en soi » dont j’ai fait preuve, je me suis toujours entièrement consacrée à l’agenda de ces organisations. Cela signifie que j'ai dû renoncer à d’autres choses. Il faut choisir et partager. L’engagement a parfois exigé de moi beaucoup d’énergie et je suis vraiment sortie de ma zone de confort. Mais bien souvent, le bon sens est déjà un levier fort. En effet, un président doit pouvoir compter sur d’autres pour l’expertise spécifique. Si vous n’en disposez pas, c’est à vous de recruter ces experts et de préférence sans vous limiter au traditionnel réseau masculin. Ne dites pas trop vite qu’il n’y a pas de femmes.

Un président n’est pas une prima donna ; il doit savoir collaborer, faire confiance et déléguer. Non seulement dans l’organisation dont il a pris la responsabilité, mais aussi dans un autre domaine où il joue un rôle important, à savoir la famille. Tout garder sous contrôle ? Être parfait en tout ? Oubliez cette idée ! Concluons :

- Est-ce que tout m’a été donné ? Non. J’ai certes bénéficié d’un grand atout : la santé. Pour moi et pour mes proches. Mais c’est ma responsabilité de continuer à veiller à ma santé.
- Ai-je dû travailler dur et faire preuve d’audace ? Oui.
- Beaucoup de choses ont-elles déjà changé ? Je le pense.
- L’objectif final est-il un monde avec plus de diversité ? Certainement.
- Avons-nous atteint notre but ? Non.

À l’époque des réseaux sociaux, les attaques changent. Je constate que les femmes – et en particulier de certaines origines – subissent les pires affronts. C’est une tendance lourde. J’ai honte aujourd’hui, pour les coupables, de ces réactions toxiques. Mais je voudrais surtout partager le hashtag d’une jeune politicienne à propos de la diversité : #WeesLuider (faites-vous entendre).

Christ’l Joris

Présidente ETAP Lighting International
Ancienne présidente d’Agoria et de Flanders Investment & Trade
Présidente communautaire honoraire Rode Kruis-Vlaanderen

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> Lire le communiqué de presse
> Voir les témoignages de Catherine Pycke, Elke Geraerts, Sana AfouaizZoé Vanden BosscheCatherine RuttenCerina de RosenYvoire de Rosen et Laura Lumingu

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