Garantir la mobilité des biens et des travailleurs pour réussir la relance

Près de la moitié des pays membres de l’UE, dont le nôtre, ont annoncé, voire entamé, leurs stratégies nationales de déconfinement progressif. Nous nous réjouissons de cette étape importante, synonyme de reprise graduelle de l’activité économique sur le continent, durement touché par le COVID-19.


Pieter Timmermans, DIRECTION GÉNÉRALE
06 mai 2020

Pour une concertation accrue
Dans ce contexte, nous réitérons notre appel pour une concertation accrue entre les diverses autorités concernées, locales, régionales, nationales et européennes. 

En effet, dans les premières semaines du lock-down, nos entreprises ont dû faire face à de multiples difficultés opérationnelles liées à la multiplication de mesures nationales unilatérales non concertées – voire même, dans certains cas, clairement disproportionnées. Ces diverses mesures ont lourdement mis à mal le bon fonctionnement du marché intérieur et la libre circulation des marchandises et des travailleurs en son sein. 

Dès lors, notre fédération a accueilli positivement les diverses initiatives de la Commission européenne visant à encadrer et garantir davantage de cohérence et de concertation, notamment entre pays limitrophes, dans les stratégies et mesures nationales face à la crise.

S’agissant de la concertation entre pays limitrophes, les trois fédérations nationales d’employeurs du BENELUX adresseront dans les jours qui viennent un courrier conjoint à leur Premier ministre respectif. Nos trois organisations y souligneront la nécessité d’une concertation systématique et d’un échange d’information optimal au sein du BENELUX. Il va sans dire que les décisions prises dans un de nos trois pays peuvent avoir des conséquences très concrètes et immédiates dans les deux autres pays, notamment en termes de chaînes d’approvisionnement, de distribution ou de déplacement de personnes. Et nous y inviterons par ailleurs nos autorités respectives à continuer de se concerter afin de porter une voix BENELUX forte dans les débats européens, dont ceux relatifs à la gestion de la crise et à la relance de l’activité économique. 

Libre circulation : besoin d’accords et de mesures clairs
Un de nos points d’attention porte en particulier sur la libre circulation des travailleurs. Plusieurs secteurs d’activité font face à des difficultés en ce qui concerne l’arrivée ou le retour sur notre territoire de travailleurs en provenance d’un autre État membre. En cette période où nos entreprises redémarrent et où les travailleurs reprennent progressivement le travail, les travailleurs étrangers constituent un chaînon crucial dans divers secteurs. Nous pensons d’abord aux travailleurs saisonniers de l’agriculture et de l’horticulture qui sont en chômage temporaire à la suite des mesures actuelles et de la fermeture des frontières : ils sont d’une importance capitale pour la prochaine saison de cueillette. D’autres secteurs aussi, qui connaissaient déjà avant la crise sanitaire des métiers en pénurie et des difficultés de recrutement, ont un grand besoin de main-d’œuvre étrangère pour pouvoir redémarrer leurs activités. Le marché du travail belge ne peut répondre seul à ces besoins.

Dans la perspective du redémarrage des activités, il est donc important que ces travailleurs étrangers puissent se déplacer aisément à l’intérieur des frontières européennes. Fin mars, la Commission européenne a publié des lignes directrices concernant le droit à la libre circulation des travailleurs pendant la pandémie de COVID-19 : elle attirait l’attention sur l’importance d’une circulation transfrontalière sans entrave des travailleurs de secteurs spécifiques et d’un nombre limité de métiers. Aujourd’hui, nous estimons que le moment est venu d’étendre cette circulation sans entrave à tous les travailleurs occupés dans un autre État membre, quel que soit leur secteur d’activité. Cela nécessite des accords et des mesures clairs, et donc une communication et une coordination de qualité entre les États membres afin d’organiser cette circulation de manière sûre et correcte. Il faut absolument éviter que les États membres n’adoptent tous des mesures différentes. L’Union européenne peut jouer un rôle à cet égard. Il importe également de garantir la circulation aisée des plus de 90.000 travailleurs frontaliers belges occupés dans un des pays voisins et des plus de 50.000 travailleurs frontaliers étrangers occupés dans notre pays. Malgré les accords bilatéraux conclus entre notre pays et les pays voisins, nous constatons encore de nombreux problèmes sur le terrain.

L’ampleur de la crise sanitaire que nous traversons démontre à nouveau le besoin de concertation accrue entre les divers niveaux de pouvoir concernés. Un dialogue nourri avec nos pays voisins ainsi qu’une voix BENELUX forte dans les débats européens sont de nature à y contribuer. Notamment pour garantir la libre circulation des biens et des travailleurs au sein du marché intérieur, indispensable à la reprise graduelle de l’activité économique dans nos trois pays et en Europe en général. 

Enfin, en cette veille du 9 mai, journée anniversaire de l’Europe, je formule le vœu que des leçons soient tirées de cette crise afin de renforcer la résilience de l’Europe face à d’éventuels défis similaires.

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