Rapport 2020 sur les barrières au commerce - Le protectionnisme deviendrait-il «mainstream» ?

La crise du Covid19 et la récession économique ont provoqué une contraction globale des flux commerciaux internationaux estimée par l’OMC à entre -13% et -30% en 2020. Pour la Belgique, la BNB fait état d’une baisse inédite de -28,8% des importations et -24% des exportations belges au mois d’avril 2020.


Thomas Julien, CENTRE DE COMPÉTENCE EUROPE & INTERNATIONAL
24 juin 2020

C’est dans ce contexte économique critique que la Commission européenne a publié la nouvelle édition de son rapport annuel sur l’état des barrières au commerce international. Le tableau dépeint porte sur l’année 2019. Il ne tient donc pas compte de récentes mesures prises en réponse au coronavirus et qui visent à restreindre les exportations de certains produits jugés critiques (tels que les masques, médicaments ou autres biens liés à la lutte contre la crise sanitaire).

Les tendances protectionnistes se sont enracinées en 2019, malgré l’action appuyée de l’exécutif européen en matière d’accès aux marchés tiers pour nos entreprises. Le rapport recense 438 obstacles aux échanges dans 58 pays partenaires. Le classement consternant des pays les plus enclins au protectionnisme est composé de la Chine (38), de la Russie (31), de l’Indonésie (25) et des États-Unis (24). Nous notons avec regret le rôle de plus en plus négatif endossé par les deux premiers partenaires économiques de l’Union européenne ; l’ouverture des marchés américains et chinois étant également essentielle pour la Belgique et ses chaînes de valeurs globalisées. 

43 nouvelles barrières ont été observées en 2019, dont la majorité dans le secteur industriel (ICT, électronique, automobile…). La recrudescence des barrières douanières est particulièrement inquiétante. Les autorités des pays tiers ne cachent désormais plus leurs restrictions au libre-échange par l’adoption de législations internes, plus implicites, mais en actant des mesures visibles et structurelles. Le protectionnisme deviendrait-il « mainstream » ?

En réaction à ce constat alarmant, les services en charge du commerce à la Commission européenne ont, par leur action conjointe avec les entreprises et les États membres, réussi à résoudre près de 40 « irritants »  commerciaux dans 22 pays sur la même période. Les gains aux exportations pour l’année 2019 suivant la levée des obstacles entre 2014 et 2018 sont estimés à 8 milliards EUR. Nous ne pouvons que soutenir la continuation de ces efforts, déployés sous la « Stratégie d’accès au marché ».

Considérant les sérieuses difficultés affectant le commerce et l’économie mondiale, comment stimuler les activités de nos exportateurs et importateurs ? Il est indéniable que la relance de notre économie dépendra de la reprise du commerce international. Avec 76 accords commerciaux, l’Union européenne a créé un vaste réseau mondial de facilitation des échanges de biens et services. La poursuite d’une politique commerciale européenne ambitieuse, par la conclusion d’accords de libre-échange ainsi que leur mise en œuvre sur le terrain, est plus importante que jamais pour la compétitivité de nos entreprises.

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