UE - USA – Du homard américain en échange de plats préparés européens ?

À la fin du mois d’août, les États-Unis et l’Union européenne ont signé un accord qui vise à réduire les tarifs commerciaux entre les deux blocs économiques. L’ancien commissaire irlandais au Commerce, Phil Hogan, et son homologue américain Robert Lighthizer ont annoncé ces développements après des mois de tensions entre l’Administration Trump et l’exécutif européen. 


Thomas Julien, CENTRE DE COMPÉTENCE EUROPE & INTERNATIONAL
09 septembre 2020

Cet accord est un premier pas positif et peut contribuer à l’amélioration des relations entre l’UE et les États-Unis. Néanmoins, il ne représente qu’une fraction des échanges commerciaux. L’accord représente 160 millions USD en valeur annuelle comparé aux 3,8 milliards EUR qui sont échangés chaque jour entre l’UE et les États-Unis. Cela représente 5,6 mille milliards EUR de ventes commerciales au total par an selon le rapport économique transatlantique 2020.

L’accord prévoit une élimination des tarifs sur les importations, vers l’UE, de homards (vivants et congelés). En échange, les États-Unis réduiront de 50% les tarifs sur certains produits européens, tels que les repas préparés, certains briquets ou des verres en cristal. Cet accord est établi sous la clause de la nation la plus favorisée – c’est-à-dire bénéficiant à tous les partenaires commerciaux des États-Unis et l’UE – et débutera le 1er août 2020. Bien que ce soit le premier accord entre l’UE et les États-Unis qui, en 20 ans, élimine des tarifs, de sérieux irritants restent encore à surmonter.

La politique commerciale de l’Administration Trump reste teintée de réflexes protectionnistes : pour rappel, les tarifs additionnels sur l’acier et l’aluminium provenant d’Europe sont toujours d’application. De plus, Washington a menacé, à plusieurs reprises, de prélever des droits de douane supplémentaires sur les voitures européennes, au nom de la sécurité nationale. Le programme « America First » rend les échanges, tant politiques qu’économiques, d’autant plus compliqués suite à l’approche isolationniste de notre plus grand partenaire commercial. Cela se constate également au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), où les États-Unis continuent de bloquer la nomination de nouveaux juges pour trancher des litiges entre membres de l’organisation, ce qui contribue à l’insécurité juridique internationale.

FEB – L’accord conclu ne représente qu’une fraction des échanges économiques entre l’Union et son partenaire outre-Atlantique. Les différends commerciaux qui opposent les deux blocs économiques, et qui portent sur des parts nettement plus importantes des échanges bilatéraux, doivent être résolus par la voie de négociations (officiellement en cours mais pratiquement au point mort). Les attentes divergentes et l’incertitude qui résultent des tensions actuelles ne bénéficient ni aux entreprises américaines ni aux sociétés européennes. Nos relations économiques bilatérales sont importantes – les USA sont le 5e partenaire commercial de la Belgique – et ne doivent donc pas se détériorer. La FEB continue dès lors de plaider pour une approche constructive et un accord commercial équilibré et ‘win-win’ entre les deux rives de l’atlantique.

Écrit en collaboration avec Victor Préaux

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