Let’s Talk, le podcast de la FEB, avec Axel Smits (CEO PwC Belgium)

Dans son podcast Let’s Talk, la FEB a, chaque dernier jeudi du mois, rendez-vous avec une figure clé du monde entrepreneurial en Belgique. Qui se cache derrière la femme ou l’homme chef d’entreprise ? Quel est le moteur qui la ou le pousse à faire tourner son entreprise 24 h sur 24, 7 j sur 7 ? La passion des chiffres, les gènes, l’ambition... Let’s Talk… raconte une histoire personnelle, un businesscase dynamique sur la scène et dans les coulisses. Vous entendrez aujourd’hui Axel Smits parler de sa passion pour les impôts et de la manière dont la Belgique peut agrandir le gâteau ! Il s’agit de croître ou de disparaître.

« Organisez votre propre disruption. Regardez vers l’avenir ! »

Depuis plus de trente ans, Axel Smits travaille loyalement pour la branche belge du fournisseur mondial de services professionnels PwC. En 2016, il a pris la direction de PwC Belgium. Le web ne révèle pas grand-chose de la personne qui se cache derrière le manager. Mais si on lit attentivement ses interviews professionnelles, on découvre un homme qui croit dans la force et la valeur ajoutée de l’être humain comme protagoniste de la scène économique.

 

Agrandir le gâteau

Le 23e Global CEO Survey de PwC montre que les chefs d’entreprise n’ont jamais été aussi pessimistes quant aux possibilités de croissance de leur entreprise et de l’économie. Et c’était avant le COVID-19. « Malgré tous ces revers, il y a encore des raisons d’être optimiste, y compris pour l’économie belge. J’espère que le nouveau gouvernement s’attachera à agrandir le gâteau plutôt qu’à le rediviser sans cesse. La meilleure recette consiste à attirer au maximum les investissements étrangers et à stimuler nos exportations. »

Dans le livre ‘125 ans FEB & beyond’, le penseur suédois Johan Norberg affirme que les entreprises ont tendance à pérenniser leur business model parce qu’il leur procure des bénéfices. Elles ne veulent pas se montrer trop innovantes ou provoquer leur propre disruption de sorte qu’elles s’enlisent souvent inconsciemment. « Il faut du leadership pour changer cet état d’esprit. Stimuler la créativité humaine, fournir un cadre et créer un environnement de confiance afin que les gens osent mettre leurs idées sur la table. Montrer les avantages du changement pour briser la résistance naturelle. Accepter, enfin, que le changement prenne du temps. »

Un enfer fiscal ?

Notre pays a bien besoin de changement lui aussi. Depuis des années, il dégringole dans divers classements économiques européens. Ainsi, dans le classement de la pression fiscale, nous figurons malheureusement depuis assez longtemps dans le top trois. La Belgique est-elle toujours en 2020 un enfer fiscal pour les entreprises nationales et les investisseurs étrangers ? Avec une pression fiscale supérieure à 50%, Axel Smits considère qu’il est normal que les autorités utilisent efficacement les impôts qu’elles perçoivent. Il va sans dire qu’on peut toujours faire mieux. « Les impôts ont d’ailleurs aussi un caractère d’orientation. Ils peuvent contribuer à attirer les investissements étrangers ou, au contraire, à les repousser. Ils orientent positivement à condition d’être suffisamment attractifs, tout en garantissant la stabilité et la sécurité. Or, c’est là que le bât blesse trop souvent encore. Ces dernières années, la Belgique a perdu beaucoup de la confiance qu’elle inspirait ; il faudra du temps pour la rétablir. »

Lorsque la Belgique a décidé de réduire l’impôt des sociétés en 2017, Axel Smits a manifesté une réaction positive prudente. Il avait le sentiment que notre pays réduisait un désavantage compétitif plutôt que de créer un avantage. « L’abaissement de l’impôt des sociétés ne suffit pas pour créer un climat d’investissement favorable. La Belgique doit se doter d’une vision globale, être plus orientée sur le service et faire de tout cela un projet mobilisateur soutenu par tous les niveaux de pouvoir. »

Fair share of taxes

Dans une économie digitalisée, les assiettes traditionnelles de l’impôt disparaissent peu à peu. Le bénéfice reste-t-il le bon critère pour calculer l’impôt ? Selon l’experte fiscale Isabel Verlinden, collègue de notre hôte, il est plus important d’identifier où se situe la création de valeur de l’économie et comment la taxer.’ “Cela semble intéressant quand le gouvernement déclare que les entreprises doivent payer leur juste part d’impôt, signifiant par là qu’elles doivent surtout les payer ici. Pour un groupe international actif dans des dizaines de pays, il est particulièrement difficile de déterminer où renoncer à quelle part de bénéfice. Cette décision est de plus en plus liée aux actifs immatériels disponibles. »

Une montagne de potentiel

Cela nous amène tout naturellement à l’un des chevaux de bataille d’Axel Smits : la sous-utilisation des droits de propriété intellectuelle (PI). À l’époque où il était conseiller fiscal, il a été un des premiers à écrire des livres sur le fait que de nombreuses entreprises, notamment belges, négligent la valeur des actifs immatériels. Pourtant, l’image, les connaissances, les marques, les brevets, les droits d’auteurs, etc. peuvent parfois représenter jusqu’à 70% de la valeur marchande des sociétés cotées. « Il est exact que les actifs immatériels prennent de l’importance dans la lutte pour se différencier en tant qu’entreprise. Malheureusement, trop peu d’entreprises savent quels droits de propriété intellectuelle elles possèdent et utilisent ou elles en sous-estiment la valeur. Nous disposons certainement encore d’une montagne de potentiel caché. Il est évidemment impossible de valoriser un portefeuille PI et de l’utiliser stratégiquement sans l’avoir identifié au préalable. »

Se réinventer

La création de valeur ne vient pas d’elle-même, elle exige un travail acharné et des personnes dotées des bonnes compétences. Ce n’est plus l’accès au capital qui détermine le succès d’une entreprise, mais bien la découverte et la fidélisation des bons talents. Smits compare le modèle PwC à une école de commerce où les talents sont formés, après quoi ils trouvent leur chemin à l’intérieur ou à l’extérieur de l’organisation. « Nous appliquons ce modèle au niveau mondial depuis plus de 170 ans. Une organisation ne peut continuer à croître qu’en se réinventant constamment en fonction du futur. Ma devise : tirez-vous une balle dans le pied avant que quelqu’un ne vous en tire une dans la tête. Organisez votre propre disruption et regardez vers l’avenir ! » 

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Bloquez dès à présent la date dans votre agenda pour le prochain podcast Let’s Talk de la Fédération des entreprises de Belgique. L’invité sera Pascal De Buck (CEO de Fluxys, le gestionnaire du réseau de gaz), l’homme qui fait brûler le gaz en Belgique, mais qui se dévoile rarement. Nous sommes curieux de découvrir ce que ce stratège né nous révélera le 28 janvier 2021.

 

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Un environnement entrepreneurial optimal est essentiel à une économie saine et à une croissance durable. La FEB entend contribuer à la création et au maintien d'un tel environnement, notamment en suivant attentivement tous les dossiers qui touchent de près la vie des entreprises. Voici, regroupés sous 18 thèmes, les dossiers sur lesquels elle concentre ses réflexions et initiatives.


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