Public Affairs Academy : le plan de relance européen

Quelle est l’influence de l’Europe sur la politique belge ? Inversement, comment mettre des thèmes belges à l’agenda européen ? Où et comment avoir un impact sur les échanges entre les deux ? Autant de questions pour alimenter la troisième session des public affairs workshops, qui était consacrée au plan de relance européen. L’orateur invité, Wouter Vermeulen, a livré un aperçu de la stratégie et de la tactique proactives de The Coca-Cola Company.

Pour la quatrième année consécutive, la FEB organise avec plusieurs fédérations sectorielles la Public Affairs Academy – cette saison en partenariat avec Whyte, akkanto et Interel. Au cours de cinq ateliers interactifs, les responsables et experts des public affairs peuvent améliorer leurs connaissances et leurs aptitudes au niveau régional, fédéral et européen.

Pendant la troisième session intitulée ‘The world of European public affairs’, Frédéric Aertsens (Interel) nous a informés des règles écrites et non écrites des PA dans les milieux européens. Son exposé était entièrement axé sur le récent plan de relance européen, composé du budget à long terme (le cadre financier pluriannuel ou CFP, budget de 1.074 milliards EUR) et de l’instrument temporaire pour la relance Next Generation EU (budget de 750 milliards EUR). Des chiffres qui donnent le tournis et qui auront un impact majeur sur le paysage politique et économique belge dans les prochaines décennies.

Olivier Joris, Executive Manager du centre de compétence Europe & International de la FEB, a introduit le thème en se fondant sur sa collaboration quotidienne avec les institutions européennes. Il a souligné l’importance – et le poids – des décisions européennes pour notre législation régionale et nationale. « Plus des quatre cinquièmes de notre législation ont des racines européennes. Les entreprises et les ONG ne sous-estiment pas du tout le levier européen, contrairement aux médias qui négligent trop souvent l’actualité européenne. » Malgré son influence considérable, l’Europe reste un modèle complexe et là également, les tensions entre Nord-Sud et Est-Ouest dépassent de plus en plus les frontières des partis.

Peser sur le plan de relance national
Le Green Deal et la digitalisation constituent les fondements politiques du plan de relance et servent de critères pour la distribution et/ou l’allocation des moyens. Le calendrier est également gravé dans le marbre, COVID ou non. Il est préférable d’opter pour une solution drastique mais brève, plutôt que de continuer à soutenir une industrie non verte qui n’aura guère évolué en dix ans, comme le soutient Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne.

Frédéric Aertsens s’est ensuite penché sur les mécanismes de financement du CFP et de l’instrument Next Generation EU, pointant les éléments suivants :

- L’instrument Next Generation EU sera financé par le biais de fonds que l’Union européenne empruntera sur les marchés financiers à des conditions plus favorables que celles dont auraient pu bénéficier de nombreux États membres. De plus, l’Europe instaurera des ‘taxes’ pour alléger cette charge d’emprunt.

- La majeure partie des fonds de l’instrument Next Generation EU n’est pas directement accessible aux entreprises ou aux secteurs, mais uniquement par le biais du plan de relance national introduit par l’État membre.

Après une présentation concise de la ligne du temps et de l’élaboration du plan de relance, nous avons cherché, en guise d’exercice, des réponses aux questions suivantes :

- Comment positionner mon entreprise au mieux par rapport à ces mesures de relance ?

- Est-il utile de miser sur l’obtention de fonds européens et comment s’y prendre ?

- Comment mon entreprise ou ma fédération sectorielle et moi-même pouvons influencer le contenu belge des programmes de relance ?

En résumé, toute entreprise ou tout secteur qui souhaite bénéficier d’un soutien dans le cadre de l’instrument Next Generation EU doit veiller à ce que son projet s’inscrive dans le plan de relance national belge que notre pays doit soumettre à l’Europe au plus tard le 30 avril 2021. De quelle manière ? Frédéric Aertsens présente une stratégie en six étapes :

  1.  Assurez-vous de savoir clairement quels mécanismes seront utilisés, comment ils fonctionnent et quelles mesures les fédérations sectorielles et les organisations d’employeurs ont déjà prises ;
  2. Dressez la liste des projets pour lesquels vous recherchez un soutien et faites une distinction entre les projets à long terme et à court terme ;
  3. Cherchez la correspondance avec la liste des priorités de l’UE (Green Deal et digitalisation). Les besoins de l’entreprise ou du secteur correspondent-ils aux priorités européennes et nationales ?
  4. Faites une liste de toutes vos demandes qui sont politiquement réalisables et éligibles à un financement dans le cadre du plan national de relance qui devra être approuvé par l’UE ;
  5. En tant qu’entreprise, assurez-vous que vos projets soient inscrits à l’ordre du jour de la fédération sectorielle. Les projets spécifiques seront versés dans une demande sectorielle (le plus grand dénominateur commun). Si vous souhaitez tout de même inscrire des projets d’entreprise spécifiques dans le plan national, essayez d’établir des contacts bilatéraux avec le ministre compétent ;
  6.  Tenez la fédération sectorielle européenne au courant de vos demandes et de leur importance. Elle négocie en effet directement avec la Commission européenne.

Tavailler de manière proactive
Notre orateur invité Wouter Vermeulen, Senior Director, EMEA Public Policy Center chez The Coca-Cola Company, a évoqué certains processus de la stratégie européenne de PA de Coca-Cola. La stratégie de durabilité de son entreprise s’inscrit dans le droit fil des objectifs du Green Deal européen. Il importe donc d’en convaincre les décideurs politiques européens afin qu’ils soutiennent l’approche constructive de Coca-Cola. « En tant qu’organisation internationale, nous concentrons principalement nos efforts sur les fédérations sectorielles et organisations européennes directement ou indirectement pertinentes pour nos objectifs et avec lesquelles nous pouvons former une coalition. Pensez aux secteurs de l’alimentation et de l’horeca, mais les syndicats peuvent également contribuer à promouvoir nos points de vue. Nous entreprenons nos démarches de manière suffisamment proactive pour ne pas être contraints à la réactivité et risquer de rester sur la touche avec nos demandes. »

Vous travaillez dans une fédération sectorielle et cherchez plus d’information sur les prochaines sessions de la Public Affairs Academy ? Dans ce cas, contactez Maarke De Staercke (mds@vbo-feb.be).

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