Les investissements d’aujourd’hui sont la prospérité de demain

Le nouveau gouvernement fédéral a désigné en son sein une personne chargée d’élaborer un plan national d’investissement et de relance. C’est une excellente décision, d’une grande importance stratégique. Les autorités régionales veulent elles aussi miser sur des investissements publics additionnels. Ceux-ci sont cruciaux. Déjà lors du Pacte national pour les investissements stratégiques (automne 2018), il est apparu qu’au cours des dernières décennies, l’investissement public avait été considéré principalement comme un poste d’économie. 


Pieter Timmermans, ADMINISTRATEUR DÉLÉGUÉ
18 novembre 2020

Alors qu’en 1980, les investissements publics belges représentaient encore plus de 4% du pib, ils atteignent aujourd’hui à peine la moitié de ce pourcentage. Le patrimoine public pourrait donc bénéficier d’une bonne remise en état. De plus, les grands défis sociétaux auxquels notre pays est confronté (transition énergétique, paralysie de la mobilité, révolution numérique…) nécessitent indubitablement un rythme d’investissement accru.

Annoncer un plan est une chose. Le réaliser est une autre paire de manches. Il ne fait aucun doute que nous devrons nous retrousser les manches. La Commission européenne propose cinq milliards EUR à notre pays… à condition qu’il mette sur la table un plan complet et détaillé. Pas d’aide inconditionnelle donc.

Le monde des entreprises souhaite contribuer à soutenir ce plan ambitieux. Pour que les investissements d’aujourd’hui renforcent la prospérité de demain, le plan d’investissement doit, selon nous, apporter une réponse adéquate et convaincante aux quatre questions suivantes :

1. Comment ?

Il doit s’agir d’investissements productifs, c’est-à-dire d’investissements dont le rendement social et économique dépasse le montant de l’investissement initial. Faire passer les dépenses courantes pour des investissements, c’est se leurrer. Le taux de rendement de l’investissement doit être supérieur à 1 !

En outre, les projets doivent renforcer les fondements de notre pays dans une perspective d’avenir. Les exemples sont nombreux : l’isolation des bâtiments crée des emplois et des gains écologiques ; les nouvelles sources et réseaux d’énergie assurent une transition énergétique adaptée à l’avenir ; l’investissement dans les modes de mobilité est nécessaire pour mettre fin à la paralysie de la mobilité sans saper l’activité économique ; le digital switch et la technologie 5G associée sont un must…

2. Qui ?

Les autorités de notre pays doivent passer à la vitesse supérieure et unir leurs forces avec le secteur privé sous la forme d’un partenariat public-privé. Les cinq milliards que l’Europe libère pour nous sont peu de chose par rapport aux besoins. Le secteur privé est prêt à contribuer aux investissements ce qui permettra à notre pays de mobiliser de multiples ressources financières.

Et pourquoi ne pas tenter de mobiliser une partie des 300 milliards EUR actuellement bloqués sur des comptes d’épargne ? Toutefois, pour convaincre les épargnants de participer à ce projet, il faudra des investissements productifs à valeur ajoutée et des règles du jeu qui offrent une certitude à long terme et ne changent donc plus après un exercice budgétaire.  

3. Quand ?

Le timing est crucial. La Commission européenne met la pression et exige un plan pour avril 2021. Espérons que cette pression stimulera le processus de décision. Après la décision suivra la partie la plus lourde, la mise en œuvre. L’expérience montre que c’est souvent là que le bât blesse. Décider aujourd’hui et reporter la mise en œuvre à sept ou dix ans nuit à la confiance des investisseurs. C’est indigne d’un gouvernement qui fonctionne bien et il faut l’éviter à tout prix.

C’est pourquoi des procédures spéciales abrégées (permis de bâtir, procédures auprès du Conseil d’État, collaboration entre différentes autorités…) sont indispensables. La FEB a élaboré une série de propositions à ce sujet à l’occasion du lancement du Pacte national pour les investissements stratégiques.

4. Approche ?

Dans notre pays, les Régions sont en grande partie compétentes pour la politique d’investissement. Mais le gouvernement fédéral dispose aussi de leviers importants. En outre, les domaines dans lesquels les investissements doivent être réalisés en priorité sont étroitement liés. Ainsi, le ring de Bruxelles ne commence pas à Grand-Bigard pour s’arrêter à Zaventem. Il est donc important de s’entendre d’abord sur la vision dans laquelle les projets peuvent être activés et ensuite seulement de distribuer les fonds provenant de l’Europe. Cohérence, cohésion et vision doivent éviter que le plan ne devienne une somme de petits projets individuels que la Commission européenne renverra à la Belgique en le jugeant insuffisant.

Au cours des 50 dernières années, notre pays a progressivement réduit son taux d’investissement. Aujourd’hui, l’argent public ne suffit qu’à faire les investissements de maintenance. Il est temps d’agir. La FEB et ses fédérations sectorielles membres ont une réponse à chacune des questions précitées et peuvent aider à apporter des solutions. Nous ne manquerons pas de reparler de ce dossier au cours des prochaines semaines. L’injection européenne offre une opportunité unique. Saisissons-la des deux mains.

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