Congé de paternité : une solution miracle pour gommer les inégalités entre les femmes et les hommes ?

Un projet de recherche mené par Dulbea, la SBS-EM et l'ULB et dirigé par le professeur Ilan Tojerow en collaboration avec le chercheur Sébastien Fontenay examine dans quelle mesure le congé de paternité a un impact positif sur la carrière professionnelle des femmes. Les résultats provisoires de cette étude ont été communiqués lors d'un débat organisé par Dulbea et l'ULB sur le campus de Charleroi le 19 mars dernier.

Monica De Jonghe, DIRECTION GÉNÉRALE
26 mars 2019

Pour la première fois, on a analysé si le pourcentage d'incapacité primaire et d'invalidité – traditionnellement plus élevé chez les femmes que chez les hommes (INAMI) – diminue ou non suite à la mise en place du congé de paternité. Contre toute attente, cela semble être le cas. Depuis l'introduction du congé de paternité en 2002, on note une diminution sensible du nombre de jours de maladie parmi les mères, une tendance à la baisse qui se poursuit même au-delà du 12e anniversaire de l'enfant.

Les chercheurs se pencheront encore sur d'autres effets, afin d'obtenir un aperçu clair des conséquences du congé de paternité. Des études menées dans d'autres États membres de l'UE ont révélé des résultats similaires (notamment eu égard à une meilleure répartition des tâches ménagères et éducatives). 

Un débat intéressant organisé à l'issue de cette présentation a mis en exergue plusieurs obstacles à l'égalité entre femmes et hommes. Tant que les congés seront surtout pris par des femmes pour assumer la majorité des tâches domestiques et éducatives en plus de leur travail – une femme ayant un enfant peut travailler à temps partiel pendant une période allant jusqu’à 6 ans tout en bénéficiant d'une indemnité complémentaire de l'ONEM – elles continueront à accuser du retard au niveau professionnel et l'écart salarial ne sera pas comblé. Tous ensemble nous devons oser réfléchir à des solutions courageuses et réaliser une analyse critique des règles existantes. Les congés ne peuvent engendrer des périodes trop longues de travail à temps partiel, car celles-ci constituent un piège pour la carrière des femmes, voire même un piège de pauvreté pour certaines d'entre elles. Le monde politique doit investir davantage dans des structures d'accueil qualitatives pour les jeunes enfants ou après l'école, afin de permettre aux parents de continuer à travailler à temps plein. Plus de flexibilité, à la mesure du travailleur individuel et de l'entreprise, peut également apporter une solution au problème.


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