Gouverner, c’est prévoir

Lorsqu’on est responsable d’un ménage ou d’une entreprise, appliquer le principe de précaution et se préparer à d’éventuels revers est un exemple de bonne gouvernance. C’est dans cet état d’esprit que le gouvernement avait demandé au Groupe des dix de proposer un ensemble de mesures qui pourraient éventuellement être activées si la propagation du coronavirus au sein des entreprises devait s’aggraver et la continuité de nos entreprises s’en trouver menacée. En bref : gouverner, c’est prévoir.


Pieter Timmermans, ADMINISTRATEUR DÉLÉGUÉ Monica De Jonghe, CENTRE DE COMPÉTENCE EMPLOI & SÉCURITÉ SOCIALE
19 janvier 2022

Mais il est rapidement apparu que certains membres du banc syndical souhaitaient négocier sur les procédures et les rapports de force plutôt que sur des mesures temporaires concrètes. Cette idéologie était déjà bien ancrée. Par ailleurs, le raisonnement des syndicats était incompréhensible : « on n’est pas encore sous pression, alors attendons de voir ». C’est le contraire d’un leadership prévoyant. C’est fermer les yeux, nier les problèmes et espérer que tout se réglera tout seul. Et lorsque les problèmes surviennent, des mesures doivent être élaborées dans la précipitation, alors qu’il en fait déjà trop tard.

« Fermer les yeux et espérer que les choses se régleront d’elles-mêmes n’a jamais résolu aucun problème »

À la table des négociations, il a été suggéré de lancer des consultations sociales au sein des secteurs et d’examiner au cas par cas s’il y a des problèmes urgents. Cela signifie donc d’abord une CCT sectorielle et puis une CCT d’entreprise. En tant qu’employeurs, nous ne pouvons pas accepter cela. Outre le fait que les mesures entreraient en vigueur trop tard, il en résulterait un patchwork de mesures présentant des différences importantes - et donc éventuellement discriminatoires - entre les plus de 3 millions de travailleurs du secteur privé. En effet, il s’agit non pas de conclure des accords sectoriels, mais des mesures légales s’appliquant à tous sans distinction. En outre, ce type de système de consultation sociale en cascade au niveau sectoriel n’apporte pas la rapidité, la sécurité et l’impact dont les entreprises ont besoin aujourd’hui.

Les organisations patronales ont déjà pris leurs responsabilités et ont proposé au Premier ministre une liste de mesures pouvant garantir la continuité des entreprises. Outre la mise en œuvre et le respect stricts des règles de santé et de sécurité au sein des entreprises, nous continuons à plaider, entre autres, pour les mesures suivantes :

  • permettre aux étudiants de prester davantage d’heures ;
  • l’engagement de chômeurs temporaires par les entreprises en déficit de main-d’œuvre ;
  • l’application souple des heures supplémentaires volontaires ;
  • le relèvement du plafond journalier et hebdomadaire pour le travail en équipes, afin de pouvoir ainsi remplacer plus aisément un collègue malade ;
  • le rappel temporaire de collaborateurs en crédit-temps ou en emploi de fin de carrière ;
  • la possibilité, pour les travailleurs partis récemment en RCC ou en retraite anticipée, de reprendre temporairement le travail, sans risque de perdre leurs indemnités.

Si un accord peut être trouvé sur ces mesures temporaires (soyons clairs, nous ne parlons pas ici de dispositions structurelles), nous sommes convaincus que nous pouvons donner aux entreprises les outils nécessaires pour faire face à une éventuelle pénurie aiguë de main-d’œuvre.

En fin de compte, c’est simple : pour ne pas mettre en péril le secteur privé et le secteur de la santé et du bien-être, il vaut mieux prévenir que guérir. Étant donné l’imprévisibilité de la propagation du virus, il existe un risque réel de pénurie aiguë de personnel, ce qui accroîtra inévitablement la pression sur les collègues restants, sans compter les éventuelles conséquences financières et l’impact sur l’ensemble des citoyens en raison de la pénurie de certains produits et services.

« Gouverner, c’est prévoir » est un beau souhait, mais apparemment très difficile à mettre en œuvre.

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