Le chômage temporaire COVID-19 restera en vigueur au moins jusque fin août

Samedi dernier, le superkern a décidé de prolonger jusqu’au 31 août une partie des mesures prises dans le cadre du COVID-19. Il s’agit du chômage temporaire COVID-19, de la possibilité de cumuler un crédit-temps ou un RCC avec un emploi dans le secteur agricole et horticole, du congé parental corona et du gel de la dégressivité des allocations de chômage et d’insertion. Le gouvernement a par ailleurs décidé de miser sur le pouvoir d’achat des travailleurs et des citoyens au moyen d’un chèque horeca de maximum 300 EUR et d’une carte train de 10 voyages. Un certain nombre de mesures fiscales ont également été prises.  


Monica De Jonghe, CENTRE DE COMPÉTENCE EMPLOI & SÉCURITÉ SOCIALE
10 juin 2020

Ce vendredi, le superkern adoptera une seconde série de mesures. Bon nombre de propositions ont été formulées, mais il faut attendre pour voir celles qui seront finalement retenues.

Jusque fin 2020 pour les secteurs les plus touchés
La prolongation du chômage temporaire COVID-19 jusque fin août et jusque fin 2020 pour les secteurs les plus touchés est un point positif. Mais les employeurs espèrent que le gouvernement étendra la prolongation jusqu’à la fin de l’année à toutes les entreprises ou en tous cas à celles qui connaîtront encore des difficultés. Limiter la prolongation à quelques secteurs, c’est ignorer la réalité sur le terrain. En effet, nombreuses sont les entreprises, tous secteurs confondus, qui rencontrent des difficultés similaires. Pourquoi ne pas leur offrir le même soutien ?

La semaine dernière, le kern a décidé d’instaurer un régime transitoire souple de chômage économique à partir du 1er septembre, mais le superkern doit encore se prononcer à ce sujet. À défaut de prolongation du chômage temporaire COVD-19 au-delà du 31 août, ce régime souple serait « the second best option ». Mais, dans ce cas, on ne peut imposer aux employeurs de proposer à leurs travailleurs 2 jours de formation par mois. Beaucoup d’entreprises sont en mode survie et recourent au chômage temporaire dans l’espoir de pouvoir garder la tête hors de l’eau. Cette obligation additionnelle est lourde d’un point de vue administratif, onéreuse et difficile à organiser en ces temps de corona. Comment une entreprise de 250 travailleurs à l’arrêt doit-elle prévoir ces 500 jours de formation par mois ? De plus, les travailleurs ne sont même pas tenus de les suivre. Si l’objectif poursuivi consiste à les activer en vue de leur employabilité, une approche à la mesure du travailleur par les services régionaux de l’emploi est nettement plus appropriée.  

Qui prend en charge les coûts ?
Enfin, il y a encore deux dossiers importants au sujet desquels rien n’a encore décidé et qui préoccupent sérieusement le monde des entreprises. Aujourd’hui, les coûts de l’assimilation des jours de chômage temporaire pour le droit aux vacances annuelles se montent déjà à un demi-milliard EUR. Malgré le consensus entre partenaires sociaux pour dire que ces coûts doivent être pris en charge par les pouvoirs publics, la décision se fait attendre. Dans l’intervalle, l’AR encadrant cette assimilation a déjà été publié, avec effet rétroactif au 1er février 2020. Le même problème se pose pour le Fonds de fermeture des entreprises qui recouvre 1/3 des coûts du chômage temporaire via des cotisations payées par les employeurs. Si le gouvernement n’intervient pas, le Fonds rencontrera des problèmes financiers et devra accroître sensiblement ses cotisations en 2021, engendrant encore plus de charges pour les entreprises donc en 2021.

Dans son rapport du 8 juin, la Banque Nationale a calculé que le gouvernement a pour l’instant préservé le pouvoir d’achat de la population pendant la crise, mais que la relance est nettement plus difficile pour les entreprises. Il importe donc à présent de mettre tout en œuvre pour faire sortir l’économie de la crise, sans rejeter les coûts imprévus sur les employeurs et en misant au maximum sur le maintien de l’emploi.

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