La FEB regrette que la situation budgétaire de la sécurité sociale soit mise en péril par des mesures prises les yeux fermés

La mise en place des mesures de soutien aux entreprises est indispensable et permet d’éviter des effets négatifs sur le marché du travail et sur l’emploi, notamment au niveau des faillites. La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) regrette cependant que le Parlement prenne des mesures sans que cela soit discuté de manière plus globale avec les partenaires sociaux et sans en analyser les conséquences financières négatives pour la sécurité sociale.

Impact de la crise actuelle

La crise actuelle a un impact considérable sur l’économie et le budget de la sécurité sociale. Selon les chiffres de notre Focus Conjoncture, l’économie belge devrait se contracter de 8,3% cette année, ce qui correspond à la plus forte contraction depuis la Seconde Guerre mondiale. La reprise ne sera pas aussi rapide qu’attendu initialement. Selon le Bureau du Plan, les effets de la crise impliqueront un retour à un niveau d’avant-crise en 2022.

Au niveau du marché du travail, l’emploi devrait connaître une diminution de 34.000 personnes en moyenne annuelle cette année. Cette baisse relativement limitée de l’emploi s’explique par les mesures prises, comme le recours au chômage temporaire qui a joué un rôle d’amortisseur de choc et a permis d’ajuster la durée du travail. Pour 2021, la diminution devrait atteindre 77.000 personnes, avec des contractions de l’emploi qui s’observeront principalement aux 1er et 2e trimestres.

Un déficit non négligeable

Les chiffres de la gestion globale des travailleurs salariés publiés aujourd’hui indiquent un déficit de 13 milliards EUR pour 2020 (avant dotation d’équilibre). D’une part, l’impact de la crise du coronavirus sur l’économie et le marché du travail se fait sentir au niveau des recettes de cotisations. Celles-ci sont moins élevées de 4,6 milliards EUR. D’autre part, les dépenses de prestations augmentent de 5,2 milliards EUR. L’impact de la crise du coronavirus s’observe principalement au niveau du chômage. Ce déficit perdurera et atteindra un peu plus de 11,2 milliards EUR en 2024.

Les mesures visant à reporter le paiement des cotisations sociales à la fin de l’année ou à étaler leur paiement sont indispensables pour soutenir les entreprises, l’économie et le marché du travail. L’analyse de l’ONSS confirme l’ampleur de la crise actuelle pour les entreprises et leurs difficultés à effectuer les paiements liés aux cotisations. Cela confirme la nécessité des mesures d’accompagnement destinées aux employeurs, indispensables face à cette situation de crise.

Une solution pour les vacances annuelles

Ayant un impact sur les recettes de cotisations, la crise influence aussi la trésorerie en ce qui concerne les vacances annuelles. L’impact pour les caisses de vacances se fera surtout sentir en 2021, puisque les caisses devront payer des pécules aux ouvriers sans disposer des fonds suffisants dans la mesure où aucune cotisation n’aura été versée pour les jours de chômage pour force majeure. La FEB réitère la demande formulée dans un avis unanime du Comité de Gestion de l'Office National des Vacances Annuelles (OVNA) pour que l'État intervienne, sous peine d'aggraver les difficultés auxquelles sont confrontées nos entreprises.

Gestion responsable du financement de la sécurité sociale

Il est important que la gestion du financement de la sécurité sociale soit réalisée de manière responsable par les partenaires sociaux. Les mesures décidées doivent être pensées intelligemment et ne pas mettre en péril la situation financière. La dotation d’équilibre intervient afin d’établir l’équilibre en fin d’exercice. En cette situation de crise exceptionnelle, encore plus que d’habitude, il convient de renforcer le caractère durable de la sécurité sociale. Miser sur l’emploi et l’économie, c’est miser sur une reprise de l’activité et une assurance de rentrée des recettes.

« La FEB regrette que le Parlement prenne des mesures qui pèsent sur le budget de la sécurité sociale sans se poser la question de savoir si ces mesures sont tenables et durables. Aucune discussion plus large, notamment avec les partenaires sociaux, n’a eu lieu afin d’en débattre, de voir les coûts liés aux différentes mesures et les impacts (éventuellement négatifs) qu’elles pourraient avoir sur le marché du travail. Ces mesures sont comme des chèques non couverts », conclut Monica De Jonghe, directeur général de la FEB. 

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