Réaction de la FEB au rapport annuel de la BNB et aux prévisions du Bureau fédéral du plan

La Banque nationale de Belgique présente aujourd’hui son rapport annuel sur les évolutions économiques en Belgique en 2020. L’activité économique s’est contractée de 6,2%, son plus gros revers depuis la Deuxième Guerre mondiale. Pendant les deux premiers trimestres, elle a reculé de 15%. On a ensuite enregistré une reprise partielle, mais au second semestre de 2020, le PIB était encore inférieur d’environ 5% à son niveau de l’année précédente, ce qui représente un recul beaucoup plus important que lors de n’importe quelle autre récession de l’après-guerre.


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12 February 2021

Le Bureau fédéral du plan indique, par ailleurs, dans ses perspectives économiques d’aujourd’hui que l’économie belge afficherait en 2021 une croissance de 4,1% par rapport à 2020. Cette évolution est évidemment liée au très fort recul de 2020. Même si, à partir de la mi-2021, l’économie belge croissait deux fois plus vite que la moyenne à long terme, elle ne retrouverait que fin 2022 le même niveau que celui de fin 2019. La prospérité économique serait alors encore inférieure de près de 5% à ce qu’elle aurait été si la crise n’était pas survenue (dans l’hypothèse d’une croissance « normale » ou « potentielle » de 1,6% par an). La perte cumulée de richesse sur l’ensemble de cette période serait alors supérieure à 85 milliards EUR.

Cela dans un scénario relativement favorable dans lequel une troisième vague de COVID-19 peut être évitée, la campagne de vaccination se déroule sans heurts afin que toutes les activités économiques puissent reprendre d’ici les mois d’été et des effets de second tour conséquents de la crise limités. Actuellement, ce dernier point est un risque particulièrement sous-estimé.

En effet, même après les importantes mesures gouvernementales en faveur des entreprises et des indépendants en difficulté (7,3 milliards d’euros), les entreprises ont connu une fuite de liquidités de 20,9 milliards d’euros rien qu’entre mars et septembre 2020[1]. Selon l’étude de la FEB et de Graydon réalisée fin janvier 2021, le besoin de moyens supplémentaires pour pouvoir continuer à fonctionner normalement dépasse déjà 73 milliards EUR pour toutes les entreprises qui étaient parfaitement saines financièrement avant la crise.

Cette situation financière structurellement difficile pour les entreprises n’entraînera pas seulement des dizaines de milliers de faillites supplémentaires dans les années à venir, avec les pertes d’emplois que cela implique, mais elle amènera également de nombreuses entreprises à reporter ou à annuler leurs plans d’investissement afin de renforcer leur trésorerie.

Dans ces circonstances, sachant que la crise est loin d’être terminée, il est extrêmement important de se concentrer sur le renforcement de la solvabilité et la sauvegarde de la compétitivité de nos entreprises.

Pour éviter une vague de faillites, il faut d’abord un plan de solvabilité mûrement réfléchi, avec une série de mesures financières et fiscales propres à soutenir la solvabilité à long terme. Dans son rapport annuel, la BNB fait écho à ce message en déclarant que la recapitalisation des entreprises viables ayant des problèmes temporaires de solvabilité préserve le tissu économique et accélère la reprise économique.

Par ailleurs, nous ne pouvons pas nous permettre de jouer avec le feu en matière d’évolution des coûts salariaux. Dans nos pays voisins, des problèmes économiques importants subsistent en raison des restrictions relativement strictes imposées, par exemple, à l’horeca et aux commerces non essentiels. Dans ces circonstances, les augmentations salariales réelles y seront pratiquement stoppées. Il est donc extrêmement important de respecter la marge maximale de 3,2% pour l’évolution des coûts salariaux (soit une augmentation réelle de 0,4% en plus de l’indexation prévue de 2,8% et d’augmentations barémiques dans certains cas), telle qu’elle a été calculée par le CCE. Si nous laissons une nouvelle fois déraper la compétitivité de nos entreprises, nous le paierons cash avec encore plus de pertes d’emploi.

« Le rapport annuel que présente aujourd’hui la Banque nationale contient de nombreux signaux d’alarme concernant la situation économique du pays et, ce jour même, les syndicats paralysent de nombreuses entreprises par leurs actions. Les actions et les grèves des syndicats frappent une fois de plus les entreprises qui luttent pour leur survie après une ‘annus horribilis’. Le rapport de la Banque nationale indique clairement que ‘tous’ les secteurs sont touchés plus ou moins lourdement par la crise et que les secteurs les plus affectés sont ceux qui occupent le plus de main-d’œuvre. Mettre sur les bras des entreprises des augmentations des coûts salariaux plus élevées que celles des 3 pays voisins conduirait non seulement à une crise de solvabilité et de faillite, mais aussi à une crise de compétitivité avec pour conséquence la destruction d’emplois », martèle Pieter Timmermans, CEO de la FEB.



[1] NBB Economic Review, December 2020, Belgian corporate sector liquidity and solvency in the COVID-19-crisis.

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