Des workshops sur la digitalisation au CCE et au CNT

Dans le cadre de l’exécution de l’AIP 2017-2018, un séminaire commun s’est tenu les 23 et 24 avril au Conseil central de l’économie (CCE) et au Conseil national du travail (CNT) sur la digitalisation de l’économie, les opportunités et défis qui y sont liés et sur la meilleure manière d’en tirer parti. Afin d’identifier des lignes politiques ou recommandations concrètes dans ce but, quatre workshops étaient prévus sur l’e-gov, les compétences, la fiscalité et l’organisation du marché du travail. Après avoir évoqué les deux premiers workshops, nous présentons ici une synthèse des deux derniers.


Sandra Coenegrachts, COMPETENCE CENTRE LABOUR & SOCIAL SECURITY
08 May 2018

Le professeur Pichault, de l’université de Liège, s’est penché sur les ‘New Ways of Working’ (NWOW) et a identifié de nombreuses nouvelles formes d’emploi, dont les ‘independent professionals’, ‘crowd and portfolio workers’ … . Par ailleurs, il existe de nouvelles formes d’organisation du travail où les collaborateurs travaillent de plus en plus par projets et où le management se concentre plus sur les objectifs fixés. Il a également souligné l’importance du ‘Total Talent Management’, qui consiste à déployer tous les talents dans l’entreprise, qu’il s’agisse de travailleurs salariés, de freelances ou de sous-traitants. Si l’on veut réussir l’introduction d’une nouvelle forme d’organisation du travail dans l’entreprise, il est essentiel de réunir les éléments suivants : la visualisation de l’objectif à atteindre, le soutien de la direction générale, l’implication des partenaires sociaux, l’accompagnement des managers eux-mêmes dans le processus de changement et l’évaluation régulière du processus et des conséquences. 

Le principal message du débat entre S. Maenen, de Flanders Synergie, W. Vandervorst, de Familiehulp, et R. Janssens, d’Agoria, est qu’il ne faut pas dramatiser l’impact de la digitalisation, mais se concentrer sur les opportunités qu’elle offre. Le rôle du capital humain reste déterminant et ne pourra jamais être remplacé par les machines. Certes des emplois disparaîtront, mais de nombreux autres se créeront, particulièrement ceux qui font le pont entre l’homme et la machine.

Pour leur part, les partenaires sociaux ne se croisent pas les bras et ils demandent que le gouvernement donne rapidement le feu vert pour que les projets pilotes relatifs à l’organisation innovante du travail puissent démarrer. 

Dans le groupe de travail fiscalité, trois orateurs, issus respectivement de l’OCDE, de l’UE et de la KUL, ont pris la parole. La digitalisation a un impact important sur la fiscalité. Cela n’a pas échappé à la Commission européenne, qui a rapidement lancé deux propositions de ‘taxation numérique’, dont une taxe de 3% sur le chiffre d’affaires dont on parle beaucoup. Il va de soi qu’une telle taxation numérique a des conséquences importantes, elle compromet les principes fiscaux internationaux en vigueur et sa compatibilité avec les règles de l’OMC est douteuse. Le défi consiste donc à trouver une bonne solution qui résout les problèmes éventuels au lieu d’adopter dans la précipitation une mesure irréfléchie qui ne fera que créer de nouveaux problèmes. Pour les employeurs, la conclusion s’impose : “Nous n’avons pas besoin d’une ‘losers-tax’, mais bien d’un ‘winning-framework’”. 

N. Reeskens, Country Manager d’Adecco Group, a conclu la demi-journée en présentant le Global Talent Competitiveness Index (GTCI). Créé à l’initiative de l’INSEAD, en collaboration avec Adecco Group et Tata Communications, l’indice GTCI s’intéresse de plus près à la ‘war for talent’ au niveau mondial. L’indice GTCI reflète entre autres la manière dont les pays encouragent le développement de leurs talents, en attirent et retiennent de nouveau, mais aussi dont ils leur enseignent les compétences techniques et générales. Après addition des différentes moyennes dans ces domaines, il apparaît que la Belgique se positionne à la 16e  place du classement mondial. En tête, nous retrouvons des pays tels que la Suisse, Singapour, les États-Unis, la Norvège et la Suède. Cependant, si l’on se concentre sur l’Europe, il ressort du rapport GTCI que notre pays obtient de meilleurs résultats que 73% de ses compagnons sur le continent. Avec un score global comparable à celui de l’Allemagne et de l’Autriche, la Belgique fait mieux que l’Italie, l’Espagne et la France ; par contre, elle est encore à la traîne par rapport aux Pays-Bas.

Article écrit en collaboration avec Carole Dembour et Wesley De Visscher

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