La nouvelle normalité dans le monde du fret aérien

L'an dernier, le marché du fret aérien a connu d’importantes fluctuations. Selon IATA, l’organisation internationale de l’aviation, 2020 a été la pire année pour ce secteur depuis que ses performances font l’objet d’un suivi. Mais des graphiques plus locaux montrent parfois des hausses sans précédent. Les glissements sont très marqués et suggèrent un changement structurel du marché. Une récente étude de Transport Intelligence (*) tente d’en dresser la carte.


Sofie Brutsaert, COMPETENCE CENTRE ENERGY, CLIMATE & MOBILITY
28 April 2021

Pour ceux qui se risquent à faire des prédictions, le secteur du fret aérien est un véritable cauchemar. La seule chose à peu près certaine est que tout ce qui a été prédit pour 2020 sera inexact.

Des déséquilibres persistants à court terme

Les perspectives à court terme sont particulièrement incertaines. Selon les chercheurs, la demande sous-jacente de la croissance économique est assez élevée. Les États-Unis seront sans doute un bon client de l’Europe… mais le moment où la reprise débutera en Europe reste très incertain. Dans le courant de 2021 ? Mais cette reprise pourrait tout aussi bien être sapée par la faiblesse des fondamentaux de certains pays de la zone euro, comme l’Italie, l’Espagne et la France. La Belgique pourrait aussi compter parmi eux.

D’autres économies dans des régions comme l’Asie du Nord ou du Sud-Est devraient connaître un rebond beaucoup plus fort. Leurs économies nationales ont été, dans l’ensemble, moins touchées par la pandémie. Par contre, certains de ces pays dépendent fortement du tourisme.

Contrairement à ce qu’on a vu les années précédentes, le principal problème n’est pas tellement la demande, mais plutôt l’offre. Elle est encore plus difficile à évaluer. En effet, on ne sait pas du tout quand le transport aérien de passagers se redressera et les compagnies aériennes devront alors disposer des réserves financières nécessaires pour remettre leur flotte en service. Et ce alors qu’il semble qu’une (nouvelle) saison touristique importante risque de tomber à l’eau... L’incitation à déployer davantage d’avions à court terme ne sera donc pas très forte. La capacité de chargement en soute sur les vols de passagers restera donc limitée à court terme. En même temps, le retour espéré à la normalité ne motive pas à organiser plus de vols de fret.

Vers une séparation du fret et des passagers ?

À plus long terme, les chercheurs de Transport Intelligence pensent que l’on observera des changements structurels dans ce secteur de transport. Ainsi, Boeing estime que la croissance de la flotte au cours des 20 prochaines années sera de 3,2% par an, tandis que la croissance du fret aérien serait de 4%. La logique de ces chiffres est que la capacité de fret disponible en soute diminuera. Le COVID est sans doute à l’origine de la croissance plus modérée du nombre de passagers, mais la politique climatique peut aussi y contribuer. Pourtant, l’e-commerce croîtra et les soutes des vols de passagers seront (trop) vite pleines. Il est donc probable qu’on ne connaîtra plus les tarifs faibles du fret enregistrés pendant la décennie qui a précédé le COVID. Par ailleurs, les chercheurs pensent qu’au cours des prochaines années, nous assisterons probablement à une plus grande séparation entre les vols de passagers et les vols de fret et que le transport aérien de fret pur gagnera des parts de marché. 

FEB – La nécessité du transport de marchandises a été plus manifeste que jamais l’an dernier. Il est le lubrifiant de notre économie. Sans transport, tout le château de cartes s’écroule littéralement. Cependant, les conditions de travail dans les différents modes de transport sont devenues extrêmement pénibles et l’équilibre entre l’offre et la demande a été profondément perturbé. À cela s’ajoutent le Brexit et le Green Deal. Ces facteurs ont un impact particulièrement fort sur les fournisseurs et organisateurs de transport et leurs clients. C’est un secteur qui a plus que jamais besoin de soutien. La FEB demande que l’on reste attentif à ces prestataires de services indispensables - de la matière première au produit fini - par voie maritime, fluviale, ferroviaire, routière ou aérienne.

 (*) ‘Airfreight in 2021 : A Wild Ride’, Thomas Cullen, Transport Intelligence, April 2021.

Our partners

Business Issues

An optimum business environment is vital for a sound economy and sustainable growth. FEB aims to help create and maintain such an environment by, among other things, closely monitoring all issues of direct relevance to businesses. Here, grouped into 17 themes, are the issues on which FEB focuses most of its attention and action.


Subscribe to newsletter

Subscribe now and receive every week the latest articles directly in your mailbox