Le marché du travail n’exploite pas tout son potentiel

Cette fois encore, le monitoring socio-économique (de 2019) sur le marché du travail et l’origine formule un certain nombre de constats instructifs. Il s’agit de la quatrième édition de ce rapport, qui contient quelques nouveautés intéressantes, telles que l’identification du domaine d’études dans lequel un diplôme a été obtenu, une ventilation entre les personnes issues de l’UE 14 et l’UE 13 (nouveaux États membres) et la situation des personnes d’origine subsaharienne. 


Hanne De Roo, COMPETENCE CENTRE LABOUR & SOCIAL SECURITY
11 March 2020

Les conclusions de ce rapport coïncident largement avec celles des rapports précédents. Les années 2015-2016 paraissent très favorables pour le marché de l’emploi, mais cela ne se traduit pas dans les mêmes proportions pour les personnes d’origine étrangère.

Le retard des personnes d’origine étrangère sur le marché du travail comporte différentes facettes. Les raisons en sont multiples et requièrent une approche globale. Le rapport cite l’inégalité structurelle sur la base de l'origine dans les systèmes d'enseignement belges, la lente intégration sur le marché du travail et le manque de dynamisme et de mobilité sur notre marché du travail.

On observe peu de mouvements entre le segment des emplois faiblement rémunérés et celui des emplois plus qualitatifs. Les travailleurs ne sont pas enclins à changer. Vu cette faible mobilité professionnelle, il est plus difficile de placer la bonne personne au bon endroit. Il s'agit là du phénomène bien connu ‘insider versus outsider’. En Belgique, le segment des emplois faiblement rémunérés est également plus petit que dans d'autres pays. Il ne peut donc pas suffisamment jouer le rôle de tremplin vers des emplois plus qualitatifs. Les personnes d'origine étrangère restent dès lors surreprésentées dans les métiers ou segments du marché proposant des postes moins bien rémunérés et les personnes d'origine belge occupent davantage les postes mieux rémunérés. Par ailleurs, les gens ne sont pas encouragés à se recycler ou se former. Cela donne lieu à d'importantes discordances des compétences et contribue à la stagnation de notre productivité.

Le taux d’inactivité élevé qui caractérise toujours la Belgique indique que tous ne recherchent pas activement du travail. À cet égard, les services régionaux de l'emploi ont un rôle important à jouer. Leur efficience laisse à désirer car, en dépit des dépenses élevées dans ce domaine, la Belgique performe moins bien que l'UE, surtout pour certains groupes cibles. Les personnes bénéficiant d'un revenu d'intégration ne sont pas suffisamment activées. L'emploi de ce groupe semble être plutôt axé sur l'accumulation d'un nombre jours de travail suffisant pour pouvoir bénéficier d'allocations de chômage que sur la recherche d'un travail (contrat article 60). Les auteurs du rapport estiment qu'il s'agit là certainement d'une occasion manquée pour les nouveaux arrivants, avec pour résultat que de nombreux talents restent inexploités.

Le rapport conclut avec un certain nombre de recommandations politiques, dont certaines sont connues et d'autres nouvelles. En ce qui concerne la politique migratoire, il recommande d'intégrer dans la politique d'accueil de toute personne (de 20 à 64 ans) venant résider en Belgique une offre de placement sur le marché de l'emploi, quel que soit le motif de séjour. Il convient également de mener une politique d'activation proactive dans tous les régimes d'allocation concernant des personnes employables sur le marché du travail et de modifier l'article 60 de la loi sur le revenu d'intégration afin qu'une expérience de travail soit toujours suivie d'une trajectoire menant à une intégration durable sur le marché du travail.

FEB – Le monitoring socio-économique réalisé par Unia en collaboration avec le SPF ETCS met le doigt sur un certain nombre de dysfonctionnements persistants de notre marché du travail (mêmes constats dans le Rapport de la Commission européenne sur la Belgique de 2019 et dans le Rapport 2019 du Conseil supérieur de l'emploi). Les discordances sur notre marché du travail, le taux de vacance élevé (145.000 postes vacants), la faible mobilité géographique et professionnelle et le faible taux d'activité et d'emploi par rapport à la moyenne de l'UE persistent. Il y a donc du pain sur la planche pour insérer plus de personnes sur le marché du travail, quels que soient leur origine, leur âge, leur sexe, etc. C'est le principal défi d'une politique fédérale et régionale misant sur le relèvement du taux d'emploi belge.

Our partners

Business Issues

An optimum business environment is vital for a sound economy and sustainable growth. FEB aims to help create and maintain such an environment by, among other things, closely monitoring all issues of direct relevance to businesses. Here, grouped into 17 themes, are the issues on which FEB focuses most of its attention and action.


Subscribe to newsletter

Subscribe now and receive every week the latest articles directly in your mailbox