FEB Communiqué de presse

25 juin 2019
25 juin 2019
NL

Focus Conjoncture de la FEB : “Le calme avant la tempête ? La vigilance est de rigueur !”

Deux fois par an, la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) interroge ses fédérations sectorielles pour mesurer la température économique. Sur la base de cette enquête, elle dresse le bilan de la situation économique belge et des prévisions pour le semestre à venir. Selon la FEB, les résultats de l’enquête menée montrent que dans un contexte international compliqué (tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis, Brexit à venir et une situation budgétaire italienne qui reste préoccupante), l’activité belge s’est assez bien maintenue durant les 6 derniers mois. Bien que 36% des secteurs aient rapporté une baisse de leur activité, 64% affirment que celle-ci s’est soit maintenue, soit accélérée lors des six derniers mois.

Activité économique : une dynamique économique stable en vue 

Quant aux six prochains mois, la proportion de secteurs optimistes est légèrement en hausse par rapport au dernier sondage (22% contre 14% en novembre) et le nombre de secteurs pessimistes est tout aussi important. La large majorité des secteurs s’attend néanmoins, encore et toujours, à une dynamique économique assez stable.

Une fois de plus, le secteur de la construction maintient son optimisme vis-à-vis du semestre prochain. Bien que la croissance de l’activité sera probablement moins soutenue à cause d’un contrecoup post-élections locales, elle sera loin de subir une forte diminution.

Par contre, les perspectives du commerce pour les six prochains mois se sont détériorées. Le secteur continue d’être mis sous pression par les achats transfrontaliers et la concurrence de l’e-commerce étranger. À ce sujet, le handicap salarial reste un problème majeur au sein d’entreprises à faible marge et très intensives en main-d’œuvre. À cela s’ajoute la difficulté pour les distributeurs de négocier un accord avec les syndicats sur le travail de soirée ou de week-end.

Les achats transfrontaliers affectent aussi le secteur de l’alimentation, qui a vu diminuer de ce fait ses parts de marché sur le marché intérieur. Heureusement, les gains de compétitivité et la bonne tenue des exportations ont pu compenser et garantir la croissance du secteur. Il semble que cette même évolution va se poursuivre en 2019.

Pour les autres secteurs fortement orientés vers les exportations, les mesures de compétitivité (saut d’index, 1re phase du tax shift) et l’évolution du taux de change (baisse de l’euro vis-à-vis du dollar) ont permis des gains de compétitivité et de parts de marché importants.

Investissements : le climat d’investissement reste positif

En ce qui concerne l’investissement, l’image est très comparable à celle d’il y a six mois. Six secteurs (35%) s’attendent à une hausse accélérée de leurs investissements et un secteur de plus est devenu pessimiste, mais la plupart s’attendent à une stabilisation du rythme de croissance de l’investissement autour des niveaux actuels bien soutenus.

Le climat d’investissement reste donc en général positif. Et cela est d’autant plus notable vu que le taux d’investissement des entreprises se situait déjà en 2018 à son niveau le plus élevé depuis le début du siècle. En plus d’être supérieure à la moyenne européenne et celle de nos voisins, son augmentation a aussi été plus marquée au cours des années précédentes que chez nos voisins.

Emploi : un maintien de la dynamique d’emploi en perspective

La proportion de secteurs optimistes concernant l’emploi a baissé (11% en mai contre 14% en novembre), mais c’est aussi le cas des pessimistes, avec une bien plus grande ampleur (passant de 28% en novembre à 17% en mai). C’est donc surtout la proportion de secteurs prévoyant un maintien de la dynamique de l’emploi qui a
augmenté (de 57% à 64%).

Ce résultat est loin d’être négatif puisque depuis 2014, les créations d’emplois ont été très nombreuses, à un point tel que le chômage est à un de ses plus bas niveaux depuis une vingtaine d’années (5,8% en mars).

Elles devraient se poursuivre à un bon rythme, quoiqu’un peu moins soutenu que les années passées. Les effets retardés des mesures de compétitivité (tax shift, modération salariale, etc.) devraient continuer d’alimenter une bonne croissance de la demande de main-d’œuvre, mais au vu de la forte baisse du taux de chômage, il est très difficile de trouver des candidats pour les postes vacants. Notre taux de vacance d’emploi reste significativement supérieur à la moyenne européenne (3,5% contre 2,2% en Europe), alors que notre taux d’emploi, bien qu’ayant progressé ces dernières années, est à un niveau trop peu élevé.

Des réformes approfondies du marché de travail restent nécessaires. Les entreprises opèrent au sein d’un environnement incertain et changeant à un rythme toujours plus rapide, nécessitant une forte capacité d’adaptation.

Croissance économique : une croissance de 1 à 1,25% en 2019, et beaucoup d’incertitudes en 2020

De nombreuses incertitudes pavent le chemin conjoncturel actuel. Émettre des prévisions se révèle dès lors d’autant plus complexe. Les risques que nous détectons restent les mêmes qu’il y a six mois : les guerres commerciales lancées par le Président américain (particulièrement avec la Chine), le Brexit et les problèmes potentiels liés à la politique budgétaire italienne.

Dans le cas où l’évolution des risques susmentionnés ne débouche pas sur le pire scénario envisageable, certains fondamentaux de la croissance seraient encore solides. L’indicateur conjoncturel synthétique de la FEB est resté plus au moins stable ces derniers mois et est actuellement très proche de sa moyenne à long terme.

Cela semble indiquer qu’une croissance économique d’un peu plus de 1% est encore possible cette année, à condition que les grands risques internationaux décrits plus haut puissent être évités.

En effet, les taux d’intérêt sont historiquement bas, l’euro est assez peu onéreux, la compétitivité des coûts est préservée grâce aux augmentations salariales modérées prévues par l’AIP, les prix du pétrole sont à des niveaux relativement bas et la confiance des consommateurs reste relativement élevée, grâce entre autres à un taux de chômage historiquement bas.

Et maintenant ?

Le potentiel de croissance de l’économie belge est actuellement freiné par les difficultés que les entreprises de nombreux secteurs et régions éprouvent pour trouver du personnel (approprié). Dans ce contexte, il n’est donc pas étonnant que le renforcement de la compétitivité et l’amélioration du fonctionnement du marché du travail restent les deux principales priorités des entreprises belges dans le cadre de la formation des nouveaux gouvernements au niveau régional et fédéral.

Les autres freins à ce potentiel de croissance sont évidemment l’intensification de la congestion routière, l’approvisionnement énergétique trop onéreux et trop incertain, la nouvelle augmentation des charges administratives et un manque d’investissements dans les infrastructures publiques (transport, énergie, TIC, enseignement) au cours des dernières décennies.

'Le calme avant la tempête ? La vigilance est de rigueur ! Tel est le message qu'il faut retenir de l'analyse conjoncturelle de la FEB. Les incertitudes au niveau international (Brexit, guerre commerciale, etc.) ou au niveau national en rapport avec la formation d'un gouvernement ne peuvent en effet qu'accroître la crainte d'un ralentissement économique. Nous avons un impact direct sur la situation intérieure. Une chose est certaine : 541 jours de formation de gouvernement feront déraper le budget et retarderont la réponse à des défis cruciaux tels que le Pacte énergétique national ou le Plan de mobilité. Ce n’est dans l’intérêt de personne, au contraire. La facture pour les citoyens et les entreprises ne fera qu’augmenter, avec des pertes d'emplois à la clé. L'analyse conjoncturelle de la FEB est donc un signal d'alarme appelant à rechercher le plus rapidement possible des majorités opérationnelles au niveau fédéral et régional, sans perdre de vue les défis socio-économiques,' conclut Pieter Timmermans, administrateur délégué de la FEB.

Voici le lien vers la présentation.


PRESSE
COMMUNICATION & EVENTS
25 JUIN 2019

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Porte-parole des entreprises de Belgique, la FEB représente – au travers d’une quarantaine de fédérations sectorielles membres – plus de 50.000 petites, moyennes et grandes entreprises. Ensemble, elles assurent 75% de l'emploi dans le secteur privé, 80% des exportations et 2/3 de la valeur ajoutée créée en Belgique. Seule coupole d’employeurs au niveau interprofessionnel, la FEB représente les entreprises des trois Régions du pays.
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